Naud croit à un complot de Hüsler

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Le maire de Farnham, Josef Hüsler

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Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Farnham) La Ville de Farnham aurait empêché Bertrand Naud de reprendre ses activités de transformation de lait de chèvre dans son édifice de la rue Principale puisqu'elle voulait utiliser le terrain à l'arrière pour construire un centre communautaire.

C'est la thèse qu'a présentée mercredi M. Naud devant le juge Paul-Marcel Bellavance de la Cour supérieure. L'audience avait pour but de décider si les poursuites de 450 000 $ et de 750 000 $ intentées par M. Naud contre le maire Josef Hüsler et la Ville de Farnham pour diffamation et perte de revenus pouvaient aller de l'avant. L'avocat de la Ville, Me Louis Coallier, demande le rejet des requêtes.

La construction d'un centre communautaire serait considérée comme le legs politique de M. Hüsler, soutient M. Naud. D'où la décision de l'administration municipale de lui mettre les bâtons dans les roues en 2014 lorsqu'il a demandé à la Ville un permis de construction pour rénover son édifice du centre-ville. «Ça serait la marque de son passage à Farnham. Ça fait longtemps qu'il en rêve», a-t-il dit. «C'est son projet personnel.»

M. Naud a affirmé à la cour qu'il a opéré son usine de transformation de lait de chèvre de 2002 jusqu'en décembre 2015. Seul un incendie en 2008, qui a ravagé son édifice, l'a empêché temporairement de poursuivre ses activités. Le producteur a même bénéficié durant toute cette période d'un droit de passage du stationnement de la Ville derrière sa propriété afin que des camions-citernes puissent ravitailler son usine.

La Ville réfute cette version des faits. M. Naud, a indiqué Me Coallier, n'a pas de permis pour exploiter son usine et n'a pas le droit d'utiliser le stationnement de la Ville pour que des camions-citernes accèdent à son usine. De toute façon, a dit l'avocat, le producteur de lait de chèvre a perdu tous ses droits acquis de transformer son lait puisqu'il a cessé ses activités depuis plusieurs années. Son édifice se trouve en zone résidentielle et commerciale où toute activité industrielle est interdite.

Quoi qu'il en soit, a plaidé Me Coallier, peu importe les prétentions de M. Naud, ce dernier n'a déposé aucun document, permis ou une quelconque preuve appuyant ses affirmations à l'effet que la Ville le prive de ses droits. Aucune cour ne peut conclure que ses requêtes, après analyse, croit-il, peuvent mener à une décision en sa faveur. «C'est certain que ce serait un gaspillage de fonds public que de permettre de telles poursuites. (...) Je prêche contre ma paroisse, mais je serais ravi que ces procédures cessent», a-t-il dit, informant la cour que la Ville a déjà dépensé entre 37 000 $ et 40 000 $ en lien avec les causes impliquant M. Naud.

Digressions et insinuations

Le juge Bellavance s'est montré très patient envers M. Naud, qui n'est pas représenté par un avocat. Il dit ne pas en avoir les moyens, accusant la Ville «d'avoir fermé son usine illégalement», le privant de revenus. Dans une plaidoirie décousue, il a multiplié les digressions, ajouté aux insinuations sur la probité du directeur général de la Ville, François Giasson, et affirmé que ce dernier et le maire l'ont menacé de le poursuivre «avec de l'argent de la Ville» s'il s'entêtait à continuer d'exiger un permis. «Tu vas te faire effoirer. Tu n'as pas de chance. On est la Ville», a-t-il dit citant les deux hommes.

M. Naud a en plus accusé Me Coallier de mentir à la cour. Il a d'ailleurs intenté la veille une poursuite de 60 000 $ contre le procureur de la Ville pour diffamation. En l'apprenant, le juge, étonné de la chose, lui a expliqué que l'avocat ne faisait que son travail.

En de nombreuses reprises, le juge a suggéré à M. Naud de réduire le nombre de requêtes pour se concentrer sur l'essentiel, soit l'obtention d'un permis de construction. «À force de tirer sur toutes les cibles, on se demande si ce sont des recours qui iront bien loin.»

Le juge Bellavance entend rendre sa décision d'ici deux semaines.

D'autres insinuations envers le DG

Des proches de François Giasson obtiennent des contrats de la Ville de Farnham comme ils le faisaient alors que le directeur général de la municipalité occupait une fonction similaire à Roxton Pond, soutient Bertrand Naud.

Il s'agit de nouvelles insinuations que lance M. Naud à propos de M. Giasson. Il n'a étayé aucune preuve. Le juge Paul-Marcel Bellavance l'a incité à la prudence, toutes ses paroles étant enregistrées, lui demandant s'il faisait une distinction entre des insinuations et des faits vérifiés.

M. Naud devra se défendre le 23 novembre prochain devant un autre juge de la Cour supérieure lors d'un procès pour diffamation que lui intente M. Giasson.

Le premier fonctionnaire de la Ville lui réclame 50 000 $ pour avoir allégué au maire Josef Hüsler ainsi qu'à trois conseillers qu'il aurait fraudé à l'époque la municipalité de Roxton Pond d'un montant de 1 million de dollars. Dans sa défense, M. Naud entend appeler 17 témoins. Michel Laliberté

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