Coupable ou innocent ?

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Le tribunal doit déterminer si Laurent St-Martin est coupable de contacts sexuels et d'incitation à des contacts sexuels avec une mineure.

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) Les témoignages se contredisent au procès d'un plombier de Granby accusé d'avoir fait des attouchements et de s'être masturbé devant une mineure de son entourage.

Pour la défense, il ne fait pas de doute que les gestes reprochés à Laurent St-Martin, 60 ans, ne se sont jamais produits. La plaignante, qui avait six ans au début des faits allégués, s'est contredite en plusieurs occasions, a souligné Me Pascale Gauthier dans sa plaidoirie, mardi.

La mémoire de l'adolescente était aussi floue sur plusieurs points et les détails manquaient. «Oui, la mémoire d'un enfant est différente, mais ça prend un minimum de faits, a dit Me Gauthier. Et son témoignage s'effrite au fil du temps. À mon sens, il ne devrait pas être retenu.»

Quand les gestes ont-ils commencé? De quoi avait l'air le pénis de l'accusé? La présumée victime n'a pu le dire, rappelle la défense. Ce sont aussi les mêmes gestes qui sont toujours décrits. «Elle est incapable de donner d'autres détails.»

Un fait nouveau est apparu au cours de son témoignage et sa plainte avait été déposée deux jours après que M. St-Martin l'ait sermonnée, ce qui fait écho à une théorie de la vengeance énoncée par l'accusé.

« (L'enfant) était turbulente», a dit Me Gauthier. Quant au témoignage de son client, elle soutient qu'il est fort peu probable qu'il ait été seul avec la jeune fille compte tenu de ses habitudes et de son assiduité au travail. M. St-Martin se dit aussi impuissant depuis une opération subie en 2007.

«Le tribunal doit évaluer l'ensemble de la preuve, a dit Me Gauthier, et j'estime que la Couronne ne s'est pas déchargée de son fardeau» de prouver la culpabilité de l'accusé hors de tout doute raisonnable.

Imprécisions

La Couronne, bien entendu, n'est pas de cet avis. Aucun rapport médical ne prouve que M. St-Martin n'a plus d'érection, a relevé Me Valérie Simard-Croteau, ajoutant que le témoignage de l'accusé était lui aussi truffé «d'invraisemblances et d'imprécisions».

Selon le ministère public, M. St-Martin s'est lui aussi contredit à plusieurs reprises: il a dit ne plus avoir de libido, puis s'est ravisé. Ne jamais avoir eu la garde d'enfants seul, avant de dire le contraire. Ne pas leur faire de câlins, puis a admis que c'était faux. Personne n'a jamais dormi au sous-sol, mais en fait, oui.

«Son témoignage n'est ni franc ni sincère, il a changé et modulé sa version tout au long de son témoignage.» M. St-Martin «s'autojustifie» et «adopte une attitude d'exaspération en contre-interrogatoire». «Vous pouvez tirer des inférences de ça», a dit Me Simard-Croteau à l'intention du juge Paul Dunnigan, de la Cour du Québec.

Quant aux faits nouveaux dans le témoignage de la jeune fille, c'est normal puisqu'«il y a eu plusieurs années d'abus». «Il est possible qu'il y ait eu confusion. Et quand elle ne s'en rappelle pas, elle le dit et c'est bien normal. Elle n'essaie pas d'induire le tribunal en erreur.»

Le juge Dunnigan doit rendre son verdict en janvier 2017. Laurent St-Martin, qui n'a pas d'antécédent judiciaire, doit subir un autre procès pour des crimes similaires qu'il aurait commis à l'endroit de deux garçons.

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