Brûlure bactérienne: 50 pommetiers abattus à Granby

Cinquante pommetiers ont été coupés dans la rue... (Alain Dion, La Voix de l'Est)

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Cinquante pommetiers ont été coupés dans la rue Simonds Sud, à Granby, puisqu'ils étaient affectés par la brûlure bactérienne.

Alain Dion, La Voix de l'Est

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Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Granby) Cinquante pommetiers sont tombés sous les dents des scies, lundi à Granby. Ils ont dû être coupés puisqu'ils étaient infectés par la brûlure bactérienne, une maladie qui peut tuer un arbre en une saison et qui a fait des ravages cet été dans les Laurentides.

Cette maladie, aussi connue sous le nom de feu bactérien, s'attaque aux pommetiers, aux pommiers, aux poiriers et aux sorbiers généralement au printemps, lors de la floraison. Les signes repérables sont le flétrissement du rameau, qui brunit et se courbe comme une crosse de canne, selon le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec.

Les employés de la Ville de Granby ont remarqué les premiers indices de maladie il y a environ trois ans sur les pommetiers plantés dans le terre-plein central de la rue Simonds Sud, près des écoles J.-H.-Leclerc et des Bâtisseurs.

Comme tous les arbres étaient atteints, la Ville a dû se résoudre à les couper, indique Sylvain Flibotte, directeur des travaux publics de Granby.

Des pommetiers touchés ont été remarqués à quelques endroits sur le territoire, notamment dans la rue Évangéline et dans le secteur du stade de baseball Napoléon-Fontaine. Des arbres sur des terrains privés ont aussi été infectés. C'est le cas d'un pommetier situé près du supermarché Maxi. «C'est une question de temps pour que les autres pommetiers à cet endroit soient touchés, note M. Flibotte. C'est comme une brûlure, c'est comme si le feu avait pris après l'arbre.»

La maladie peut se propager principalement avec les insectes pollinisateurs au printemps. Le MAPAQ souligne que les «arbres infectés sont susceptibles de contaminer les pommiers des vergers situés dans un rayon de cinq kilomètres», dans un document disponible en ligne.

De moins en moins de monoculture

La coupe de ces arbres laissera un vide pendant quelque temps. D'ici deux semaines, plusieurs arbres de différentes essences seront plantés pour remplacer les pommetiers.

La monoculture, qui consiste à planter une seule variété de végétaux dans un endroit, qu'il s'agisse d'un terrain privé, d'une ferme ou d'un parc semble être chose du passé pour Granby. Il faut dire qu'avant les pommetiers, ce sont des frênes qui ont dû être coupés en raison de l'agrile du frêne. À une certaine époque, la monoculture était privilégiée, mais «on s'aperçoit avec le temps qu'il y a des problèmes, souligne le directeur des travaux publics. On va aller de plus en plus vers la diversification de la culture.»

«La monoculture n'est pas tant un mouvement municipal que simplement général où on s'est tourné - autant les citoyens, que les citoyens corporatifs et les municipalités - vers ce qui est le plus simple, ce qui est esthétique, constate pour sa part Caroline Gosselin, consultante en développement écostratégique certifiée en permaculture. On ne s'est pas trop questionné sur ce peu de végétaux qu'on introduit dans les résidences, les parcs et sur les terres des agriculteurs. On commence à voir les effets des monocultures dans notre quotidien.»

Faire comme la nature

L'exemple à suivre est celui présenté depuis des millénaires par la nature, soutient Mme Gosselin. «Quand on observe la nature, on ne voit presque jamais de monoculture. C'est un bon indice de ce qui fonctionne bien parce que la nature s'autorégule. La façon de garder un équilibre est de mettre en contact différentes variétés de végétaux parce que chacune amène son plus à l'autre.»

Mme Gosselin parle notamment d'échange de nutriments dans les polycultures qui aident les essences à combattre et à devenir résilientes face aux maladies, à la sécheresse ou toute autre agression. «Quand ton système est naturellement plus résilient, tu as besoin de beaucoup moins de produits chimiques, voire pas du tout, parce que le système d'autorégule. [Dans une mono<saxo:ch value="194 173"/>culture,] si une maladie s'installe et qu'elle aime ce végétal, on est fichu, tout y passe.»

Quand on parle de plus grande diversité végétale, on parle aussi d'une plus vaste diversité animale, ajoute-t-elle. On n'a qu'à penser aux visites des insectes pollinisateurs et aux oiseaux qui mangent les insectes nuisibles.

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