Choc et tristesse à la suite du décès tragique du DG de Bromont

Le directeur général de Bromont, Jean Langevin, a... (archives La Voix de l'Est)

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Le directeur général de Bromont, Jean Langevin, a péri dans un accident de kayak lors d'une expédition caritative.

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(Bromont) Les citoyens, les élus et l'administration de la Ville de Bromont sont sous le choc à la suite de la mort tragique du directeur général, Jean Langevin, dans un accident de kayak vendredi.

«Jean était connu et respecté. Il était un homme droit et intègre», a laissé tomber avec tristesse la mairesse de Bromont Pauline Quinlan, entourée de plusieurs conseillers, lors d'une conférence de presse tenue devant l'hôtel de ville, samedi avant-midi.

À l'emploi de la municipalité depuis 2014, le directeur général participait à la 3e édition du Circuit bleu Charles-Bruneau lorsque son embarcation a chaviré pour une raison inconnue, vers 14 h 30. Il est tombé à l'eau dans un secteur de la rivière des Prairies où le courant est très fort, à la hauteur de Pierrefonds, et est demeuré coincé sous l'eau plusieurs minutes entre une bouée et son kayak. Il est décédé à l'Hôpital du Sacré-Coeur.

«Je m'inquiétais lorsque j'ai su qu'un accident était survenu. Vers 22 h, j'ai écrit un courriel à M. Langevin pour qu'il me donne des nouvelles. Je comprends maintenant pourquoi il n'a pas répondu», a confié avec émotion la mairesse.

L'homme de 59 ans se trouvait dans un kayak double, accompagné d'une autre employée de la Ville de Bromont. Selon nos informations, il s'agit de Caroline Couture, coordonnatrice en loisirs pour la Ville. Cette dernière a pu être secourue rapidement.

 Ayant elle-même combattu un cancer, Mme Couture trouvait important de s'impliquer pour le Circuit, qui remet des fonds au Centre de cancérologie Charles-Bruneau. Le DG aurait annoncé récemment qu'il allait participer au défi. Selon la mairesse Pauline Quinlan, il «s'était bien préparé pour l'événement». «C'est encore plus triste lorsqu'on pense qu'il s'impliquait pour une bonne cause», croit-elle.

Peu de temps avant le drame, Jean Langevin avait confié en entrevue à La Voix de l'Est qu'il n'était «pas très expérimenté en kayak», mais qu'il participait à cet événement «pour la bonne cause».

Drapeaux en berne

Les drapeaux de l'hôtel de ville ont été mis en berne. Donald Jacques, un employé municipal, trouvait important de poser ce geste. «C'est la moindre des choses. C'était un homme tellement gentil, facile d'approche. Il faut lui rendre hommage», a-t-il affirmé à La Voix de l'Est.

«Je suis sans mots. C'est une grosse perte pour la Ville de Bromont. Je ne suis pas capable de lui trouver un défaut honnêtement. Je l'estimais beaucoup», a-t-il ajouté.

Un conseiller municipal, qui a préféré ne pas s'identifier, a abondé dans le même sens. «Le prochain DG aura d'énormes souliers à chausser», estime-t-il.

La présidente de l'Union des municipalités du Québec, Suzanne Roy, a écrit sur Facebook qu'elle apprenait avec tristesse le décès de M. Langevin. «J'ai connu Jean à mes débuts à l'UMQ alors qu'il y travaillait et je l'ai toujours grandement apprécié», note-t-elle. Il y a oeuvré durant 10 ans comme conseiller aux politiques.

Par le passé, il a également été conseiller spécial à la ministre des Affaires municipales, notamment durant la période des fusions et défusions municipales. Il a aussi oeuvré comme directeur de cabinet du ministre de la Sécurité publique.

De 2011 jusqu'à son embauche à Bromont, il a été directeur général de la Ville de Deux-Montagnes.

Entière collaboration

La Fondation Charles-Bruneau a émis un communiqué samedi matin pour annoncer la triste nouvelle. «Pierre Bruneau, ainsi que toute l'équipe de la Fondation, tiennent à offrir leurs plus sincères condoléances à la famille, aux proches du kayakiste qui a perdu la vie ainsi qu'à tous les Bromontois. Les circonstances de l'accident restent encore à être précisées», peut-on lire dans un communiqué.

«La Fondation a informé les autorités compétentes qu'elle offrira son entière collaboration dans le cadre de l'enquête qui a été remise entre les mains des autorités. Par respect pour la famille et en raison de l'enquête en cours, la Fondation et ses porte-parole n'émettront aucun autre commentaire pour l'instant», ajoute-t-on.

Une aide psychologique a été mise à la disposition des participants pour les soutenir dans cette épreuve. En tout, 48 kayakistes participaient à l'activité qui vient en aide aux enfants atteints du cancer. Le reste de l'événement, qui devait se dérouler du 15 au 18 septembre, a été annulé en raison des circonstances.

Jean Langevin laisse dans le deuil sa conjointe et son frère, ainsi que d'autres membres de sa famille et ses amis. Il n'avait pas d'enfant.

Les détails de ses funérailles seront divulgués au cours des prochains jours.

«Un pied de nez au cancer»

La coordonnatrice en loisirs à la Ville de Bromont, Caroline Couture, a pu être sauvée lors de l'accident qui a coûté la vie au directeur général de la municipalité, Jean Langevin.

Mme Couture, qui a elle-même vaincu deux cancers, jugeait important de s'impliquer pour le Circuit bleu Charles-Bruneau pour les enfants atteints de cancer. Elle s'entraînait intensivement depuis.

Dans une entrevue accordée à La Voix de l'Esten avril 2016, elle disait aimer l'adrénaline que le kayak lui procurait. Et le sport la branchait parce qu'il la faisait sentir «bien vivante».

«Je me suis embarquée dans un défi un peu fou, avouait alors la kayakiste. Mais je suis vraiment motivée. Je me fais plaisir en faisant la différence dans la vie des enfants malades. En même temps, ça me permet de faire un pied de nez au cancer.»

La vie de Mme Couture a par ailleurs été ébranlée quand celle-ci a reçu, deux fois plutôt qu'une, le diagnostic coup-de-poing. Le premier épisode noir s'est pointé au tournant de l'an 2000. La maladie de Hodgkin tentait alors de s'enraciner en elle. Après un long combat, Caroline Couture a repris le dessus.

Le cancer a nouveau frappé en 2014. Malgré cette «claque au visage», elle a gardé le cap. «Après avoir vaincu mon premier cancer, je me disais que ça ne pouvait pas m'arriver deux fois. Je m'étais trompée!, lancait-elle. Physiquement et moralement, ça a été vraiment tough. J'ai amorcé une grande réflexion sur mes buts dans la vie. J'ai décidé de savourer chaque instant.»

Au fil des ans, Caroline s'est impliquée dans plusieurs causes liées au cancer, dont le Relais pour la vie et une marche à Compostelle. Antoine Lacroix

- Avec la collaboration de Jean-François Guillet

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