Un vieux projet rejeté par Québec

Jamais le niveau du lac Brome n'a été... (Archives, La Voix de l'Est)

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Jamais le niveau du lac Brome n'a été aussi bas que cet été en raison de la sécheresse qui a touché le sud du Québec. «Approvisionner Bromont en eau, c'est une problématique pour nous, surtout en période estivale où le niveau du lac [Brome] est très bas ici», a indiqué le maire de Lac-Brome, Richard Burcombe.

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Bromont) À l'origine, le projet du lac Marchessault était endossé par la Ville et avait suscité une grande mobilisation citoyenne. La décision de Québec de ne pas donner suite à l'initiative l'avait toutefois stoppée net.

Le 29 mars 1990, le mandat de tenir une audience publique sur le projet à partir du30 avril avait été donné au Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) par Pierre Paradis, alors député dans Brome-Missiquoi et ministre de l'Environnement.

«Ce projet permettrait aux citoyens d'avoir accès à un plan d'eau de qualité où environ trois kilomètres de berges soit environ 85% du périmètre du lac, seraient réservés à un accès aux Bromontois. (...) [et] permettrait le potentiel promotionnel d'un réservoir d'eau majeur pouvant servir à la production d'eau potable, tant au niveau industriel que résidentiel», avait indiqué le maire de Bromont à l'époque, Pierre Bellefleur, lors de la séance du conseil du 1er mai 1990.

Cette option constituait également un plan B pour parer à toute éventualité. «Un des points positifs que ce projet pourrait apporter serait la possibilité que le lac Marchessault serve de réservoir d'appoint quant aux besoins de la station de pompage. Cette situation pourrait être un exutoire valable en cas de difficultés au Lac-Brome», avait indiqué la Ville dans son mémoire présenté au BAPE.

Un projet, deux missions

Plus précisément, le projet présenté par la municipalité de Bromont consistait à «construire un lac à même la rivière Yamaska au milieu d'un espace bordé par l'autoroute des Cantons de l'Est (autoroute 10), le boulevard Bromont (sortie 78), la rue Shefford (route 241) et la rue Compton, à l'intérieur des limites de la municipalité. La rivière serait détournée de façon permanente sur une longueur d'environ deux kilomètres et le lac, d'une superficie de 630 000 m2, offrirait plus de trois kilomètres de berges aménagées. La vocation du site serait principalement récréo-touristique et la réalisation du projet s'échelonnerait sur deux ans», mentionne le rapport du BAPE.

Selon l'étude d'impact réalisée en 1987, le projet était estimé à près de six millions de dollars. Ce montant a été revu à la hausse par le promoteur, soit trois millions supplémentaires, dans le cadre de l'audience publique.

Inacceptable

Au terme de son étude du dossier, la commission a statué que le projet chapeauté par Bromont et le promoteur n'était pas viable. «Selon la commission, l'idée de la création du lac Marchessault n'est pas mauvaise en soi, mais le projet tel que présenté est inacceptable à cause de son planning et de la mauvaise qualité des eaux», a signifié dans une lettre datée du 30 août 1990 le président de la commission du BAPE, Yvon Dubé. La missive était adressée à Michel Dorais, à la tête du Bureau.

En outre, on peut notamment lire dans la conclusion du rapport de près de 300 pages qu'«un tel projet ne cadre certainement pas avec l'esprit de la politique de protection des rives, du littoral et des plaines inondables (...) le projet tel qu'il est présenté pourrait être plutôt un moyen de détérioration du milieu aquatique qu'un moyen d'améliorer la nature et il pourrait provoquer des impacts irréversibles».

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