Approvisionnement en eau potable : des citoyens prônent l'autonomie de Bromont

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Robert Désourdy est d'avis que Bromont doit construire son propre réservoir en bordure de la rivière Yamaska pour desservir sa population en eau potable.

Catherine Trudeau, La Voix de l'Est

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Bromont) L'été particulièrement chaud qui tire à sa fin a grandement affecté le niveau des cours d'eau de la région durant les derniers mois. En ce sens, des Bromontois estiment que le projet de longue date consistant à aménager un bassin pouvant approvisionner la municipalité en eau potable doit être remis sur les rails. Les frères Robert et Gérald Désourdy sont du nombre.

Depuis des décennies, la municipalité de Bromont est desservie en eau potable par Lac-Brome. Au tournant des années 1980, le projet de création d'un plan d'eau à Bromont, le lac Marchessault, devait notamment pallier cette situation en créant une réserve. Or, l'initiative n'a pas reçu l'aval de Québec à l'époque.

Selon Robert Désourdy, cette option doit plus que jamais être remise en tête de liste. «Il y a à peine quelques jours, le niveau de la rivière [Yamaska] était extrêmement bas ici. Je l'ai traversée à vélo sans me mouiller les pieds. Le nombre de citoyens s'accroît d'année en année et on a un grand parc industriel.»

«Ce n'est pas impossible qu'une grande entreprise qui a besoin d'eau vienne s'établir ici. Il ne faut pas attendre d'en manquer pour créer notre propre réservoir. Bromont est plus avant-gardiste que ça, clame-t-il. C'est d'une importance capitale. On est assez grands pour être autonomes.»

Une vision que partage Gérald Désourdy. «Bromont est une ville dynamique. Avec 2000 à3000 habitants supplémentaires d'ici quelques années, on risque de frapper un mur en ce qui concerne l'approvisionnement d'eau. En même temps, un réservoir donnerait tout un cachet à l'entrée de la ville. Un plan d'eau, c'est un attrait indéniable pour une municipalité», mentionne-t-il en entrevue, faisant le parallèle avec le lac Boivin à Granby et le lac Davignon à Cowansville.

D'ailleurs, rappelle l'homme d'affaires, la construction de ce dernier a été initiée par son père, Roland Désourdy.

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«Approvisionner Bromont en eau, c'est une problématique pour nous, surtout en période estivale où le niveau du lac [Brome] est très bas ici», indique Richard Burcombe, maire de Lac-Brome.

Intérêt commun

Le maire de Lac-Brome, Richard Burcombe, est aussi d'avis que Bromont devrait voler de ses propres ailes en ce qui concerne son eau potable.

«Approvisionner Bromont en eau, c'est une problématique pour nous, surtout en période estivale où le niveau du lac [Brome] est très bas ici. (...) On espère que Bromont va poursuivre les démarches pour créer un réservoir sur son territoire. D'ailleurs, ce serait dans l'intérêt des deux villes que ça se fasse. On est au maximum de ce que l'on peut leur fournir [en période de sécheresse]», indique-t-il.

Selon la convention datant de plus de 30 ans établie entre les deux villes, Lac-Brome doit fournir à Bromont un minimum de 0,66 m3 d'eau/seconde, le plafond étant fixé à 0,88 m3.

Laisser place à l'imagination

Gérald Désourdy connaît bien le projet de construction du lac Marchessault et ce qui a mené à son rejet par Québec à l'époque (voir autre texte). Or, il est d'avis qu'en le réaménageant selon les normes environnementales actuelles, l'initiative serait tout à fait viable.

«Il faut que les gens saisissent bien à quoi servirait un tel ouvrage. Il ne s'agirait pas d'un lac, mais bien d'un réservoir où Bromont pourrait puiser son eau. En second lieu, ça servirait d'ouvrage de contrôle des eaux pour éviter les inondations en aval à Adamsville et à Brigham», fait-il valoir.

En ce qui concerne la sauvegarde d'espèces fauniques sur le site, Gérald Désourdy estime «qu'il faut laisser place à l'imagination». «La rivière demeurerait la même, dit-il. On pourrait créer un ou plusieurs réservoirs. On a le site parfait. Il faut seulement rester ouverts et trouver la meilleure option.»

Robert Désourdy est au diapason avec son frère à ce sujet. «Les normes environnementales ont évolué. C'est évident que le réservoir serait beaucoup plus petit que ce qui était envisagé à l'époque. On pourrait le faire au même endroit. Il ne faut pas oublier qu'il s'agit d'un site qui est inondé chaque printemps. Il suffirait d'ériger un barrage pour retenir l'eau.»

Une option

De son côté, la mairesse de Bromont, Pauline Quinlan, concède que l'approvisionnement en eau est au coeur des priorités de la ville. «On est préoccupés par le fait d'assurer qu'il y ait toujours une réserve d'eau pour desservir nos citoyens et nos entreprises», soutient-elle.

Aménager sur le territoire de Bromont un réservoir d'eau, poursuit-elle, «est une hypothèse à étudier dans une vision à long terme.»

Mme Quinlan n'entrevoit par ailleurs pas mettre un terme à la desserte de la municipalité en eau potable par Lac-Brome dans un avenir rapproché. «Pour le moment, dit-elle, je crois qu'on est capables de travailler tout le monde ensemble.»

À moyen terme, la ville travaille sur un plan de rehaussement du barrage près de l'usine de traitement des eaux, située en bordure de la route Pierre-Laporte.

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