Les vendanges commencent

Ce vendangeur du vignoble de l'Orpailleur montre une... (fournie par Gestion i Média)

Agrandir

Ce vendangeur du vignoble de l'Orpailleur montre une grappe de Seyval blanc récoltée mardi.

fournie par Gestion i Média

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Jérôme Roy
La Voix de l'Est

(Dunham) Les vendanges viennent à peine de commencer que déjà, les vignerons s'entendent pour parler d'une récolte qui sera exceptionnelle. Ceux questionnés par La Voix de l'Est sont unanimes: les raisins sont d'une très grande qualité et par conséquent, les amoureux du vin peuvent s'attendre à boire d'excellentes bouteilles le printemps prochain.

«Ça va être un millésime qui va marquer... (archives La Voix de l'Est) - image 1.0

Agrandir

«Ça va être un millésime qui va marquer par sa qualité au niveau du taux de sucre et au niveau de la saveur», résume Robert Boulais, copropriétaire du vignoble Centaure, à Dunham.

archives La Voix de l'Est

C'est à l'été particulièrement sec que l'on doit cette qualité. Les vignes bénéficient de profondes racines pour s'alimenter et concentrent cette énergie sur leurs fruits plutôt que sur leur végétation. Ainsi, les raisins se trouvent gorgés de sucre et offrent de superbes arômes. De plus, l'absence d'humidité permet d'éviter les moisissures et les insectes nuisibles, ce qui favorise grandement la santé des fruits.

Au vignoble de l'Orpailleur de Dunham, on prévoit que 2016 sera une des quatre meilleures années de l'entreprise. Les vendanges ont commencé lundi matin avec le muscat, une semaine plus tôt que d'habitude. Très optimiste, le président du vignoble, Charles-Henri de Coussergues, ajoute que la qualité ne sera pas seule au rendez-vous.

«Cette année, ce qui est surprenant, c'est qu'on a les deux. On a la quantité et la qualité. On n'a pas toujours ça quand on a une sécheresse. On a la qualité, presque assurément, mais la quantité n'est pas toujours au rendez-vous. Là, on a les deux parce qu'il n'y a pas eu un hiver très froid, il n'y a pas eu de gel de printemps et puis on a eu un bel été. On a vraiment tous les facteurs qui font que cette année, tout est réuni pour avoir et la quantité, et la qualité.»

Au vignoble Centaure - également à Dunham -, la récolte de Somerset a commencé au début du mois. Là aussi, l'enthousiasme est palpable. «Définitivement! Ça va être un millésime qui va marquer par sa qualité au niveau du taux de sucre et au niveau de la saveur», résume Robert Boulais, copropriétaire.

À Sutton, le propriétaire du vignoble du Domaine Bresee, Richard Bresee, dit lui aussi connaître une année exceptionnelle. «Moi, c'est la meilleure que je n'aie jamais vue en termes de qualité et de volume!»

Le vigneron a entrepris ses vendanges dimanche avec le cépage Vandal-cliche. Si M. Bresee croit que le temps sec de l'été a été favorable, il estime toutefois que c'est son travail de l'automne dernier qui a eu le plus d'impact, puisqu'il a su protéger ses vignes du froid hivernal et ses bourgeons des gels printaniers.

En croissance

Par ailleurs, M. Bresee croit que d'avoir monté ses vignes à huit pieds de haut lui aura permis un gain de productivité de 33%. En fait, il a tellement de raisins dans son vignoble cette année qu'il devra en vendre à d'autres producteurs. Qu'à cela ne tienne, il n'a pas l'intention de ralentir le rythme de production l'an prochain: Richard Bresee aimerait plutôt l'augmenter.

Même chose pour le vignoble de l'Orpailleur, puisque M. de Coussergues espère que sa superficie de production passera de 30 à 40 hectares au cours des prochaines années. Selon lui, le moment est bien choisi. «On voit qu'il y a de belles choses qui se passent actuellement pour les vins québécois», affirme-t-il en se basant sur la section Origine Québec à la SAQ, le projet de loi 88 sur la vente de vins québécois et l'ouverture grandissante des restaurateurs.

À ce sujet par contre, M. Boulais est loin d'être d'accord. Il qualifie de «ridicule» la place que fait la SAQ aux vins québécois en succursales. Le copropriétaire du vignoble Centaure avance que les ventes de produits d'ici ne constituent que la moitié d'un pour cent sur le chiffre d'affaires de la société d'État. «J'aimerais ça qu'on le dise dans les journaux: la SAQ ne fait rien, rien, rien pour nous autres!» M. Boulais - qui juge que le vin d'ici peut compétitionner avec n'importe quel vin standard au niveau international - reste également sceptique face au projet de loi 88.

Réchauffement favorable

Dans un tout autre ordre d'idées, un constat s'impose sur le plan climatique: les saisons se rallongent et l'industrie vinicole québécoise pourrait en tirer profit. «J'ai l'impression que le réchauffement climatique qu'on vit va finir par être très valorisant pour nous en termes de qualité», croit M. Boulais.

M. de Coussergues note, lui aussi, une importante évolution depuis les débuts du vignoble de l'Orpailleur. La qualité est de plus en plus au rendez-vous et l'éventail de cépages devient de plus en plus intéressant, ce qui a vraisemblablement dépassé ses attentes originales.

«Quand j'ai commencé en 1982, j'ai dit que je ne ferais jamais de vin rouge au Québec».

Et pourtant, aujourd'hui, il en produit.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer