Projet de loi sur l'aide sociale: Couillard brandit le bâillon

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Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard.

Le Droit

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Patrice Bergeron
La Presse Canadienne
Gatineau

Le gouvernement Couillard brandit la menace du bâillon pour faire adopter son projet de loi sur l'aide sociale.

Le projet de loi 70 prévoit notamment de réduire les montants versés aux nouveaux prestataires aptes au travail qui refusent des mesures d'employabilité.

Deux partis d'opposition, le Parti québécois (PQ) et Québec solidaire (QS), étirent les procédures à l'étape de l'étude article par article en commission parlementaire, après près de 100 heures de travaux.

«On peut parler d'une obstruction claire», a accusé le premier ministre Philippe Couillard, mercredi, en marge du caucus des députés libéraux à Gatineau.

Il a exigé que les travaux avancent, sinon il fera adopter le projet de loi en vertu des règles prévues, a-t-il laissé entendre. Le gouvernement pourrait ainsi recourir aux procédures accélérées, communément appelées bâillon, qui suspendent les règles habituelles et raccourcissent les débats.

«Je veux envoyer un message très clair: ce projet de loi est majeur pour l'économie du Québec, pour la main-d'oeuvre du Québec, a déclaré M. Couillard. Il sera adopté, il doit être adopté. On veut bien donner un peu de temps à la discussion, mais à un moment donné il va falloir avancer, il va falloir que ce projet de loi soit adopté.»

Urgence d'agir

Le premier ministre estime qu'il y a urgence d'agir parce que l'économie québécoise manque actuellement de travailleurs. Il n'a toutefois pas voulu préciser son échéancier ou quelles limites avait sa patience.

À ses côtés, le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, a précisé qu'il y a 17 000 nouveaux prestataires par an qui sont visés par le projet de loi. Toutefois, il ne peut dire combien d'entre eux seraient ainsi susceptibles de retourner sur le marché du travail.

Philippe Couillard n'a pas non plus montré d'ouverture à un compromis sur les sanctions avec les partis d'opposition.

«Tous les autres pays et même les autres provinces sont plus sévères que ce que nous proposons dans le projet de loi et ont moins de bonifications que ce que nous proposons. (...) On est synchrones avec une bonne partie de l'opinion publique», a-t-il dit.

Réaction de l'opposition

Les partis d'opposition visés n'ont pas mis de temps à réagir. L'opposition officielle soutient que les libéraux se trompent de cible.

Le porte-parole du Parti québécois en matière d'emploi et de solidarité sociale, Dave Turcotte, reproche à M. Couillard sa fermeté à l'encontre des jeunes bénéficiaires, alors qu'il aurait dû être plutôt ferme à d'autres occasions, selon lui.

«Nous aurions aimé voir, de la part du premier ministre, la même détermination et le même acharnement pour s'opposer à la vente de Rona, pour faire le ménage au ministère des Transports et pour limiter les hausses faramineuses du salaire des médecins», a dit le député de Saint-Jean, par voie de communiqué.

Pour sa part, Québec solidaire se montre ouvert à accélérer l'étude du projet de loi, mais seulement si le gouvernement renonce à ses sanctions.

«Recevoir 623 $ par mois est déjà une pénalité assez grande pour ces sans-emplois, a déclaré la députée de Gouin, Françoise David. Il est inconcevable que le gouvernement s'entête à vouloir couper ce chèque encore davantage.»

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