Mélina Roberge arrêtée en Australie: sa famille dévastée

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Mélina Roberge, originaire de Granby, est l'une des Québécoises arrêtées en Australie dimanche lorsque le bateau de croisière sur lequel elle voyageait depuis le mois de juillet a accosté au port de Sydney.

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Karine Blanchard
La Voix de l'Est

(Granby) La Granbyenne Mélina Roberge est l'une des deux Québécoises arrêtées avec un homme dimanche en Australie après la découverte de 95 kilos de cocaïne dans leurs valises au terme d'une croisière de rêve. Ses proches et elle vivent des moments difficiles depuis.

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Les autorités australiennes ont découvert dans les bagages des trois Québécois 95 kilogrammes de cocaïne. La valeur de la drogue est estimée à 30 millions de dollars.

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«La famille est dévastée», laisse tomber le député de Granby, François Bonnardel, qui connaît le père de la jeune femme depuis une vingtaine d'années.

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«La famille est dévastée», laisse tomber le député de Granby, François Bonnardel, qui connaît le père de la jeune femme depuis une vingtaine d'années. Il s'est d'ailleurs entretenu avec lui, mardi matin. «Je lui ai offert mon aide s'il en a besoin pour le consulat, pour le procédé d'extradition pour ramener sa fille. On a passé à travers quelques petits points.»

«Tout le monde est sous le choc. C'est extrêmement difficile», poursuit le député.

Mélina Roberge, 22 ans, a été arrêtée avec les Québécois Isabelle Lagacé, 28 ans, et André Tamine, 63 ans, au terme d'une fouille du bateau de croisière sur lequel ils ont voyagé au cours des deux derniers mois. Polynésie française, Colombie, Irlande, Bermudes, Pérou, Nouvelle-Zélande et Chili sont au nombre des destinations qu'ils ont visitées. De nombreuses photos de la Granbyenne d'origine ont été postées tout au long de son périple sur sa page Facebook et son compte Instagram.

En arrivant au port de Sydney, le MS Sea Princess était attendu par des agents de la douane et de la police fédérale australienne et des chiens renifleurs, selon ce que rapporte La Presse. Les autorités ont découvert l'équivalent de 30,5 millions de dollars de cocaïne dans les valises du trio.

Les autorités n'étaient pas là par hasard, ajoute le quotidien montréalais. Un échange de renseignements avec plusieurs partenaires, incluant l'Agence des services frontaliers du Canada et le US Department of Homeland Security Investigations, avait permis de cibler spécifiquement ce navire.

Les trois suspects avaient été identifiés par les agences de surveillance des frontières comme des «voyageurs à haut risque». Les Québécois n'ont pas enregistré de plaidoyer lorsqu'ils ont été accusés d'importation de cocaïne à des fins commerciales devant la Cour centrale locale de Sydney. Ils sont détenus jusqu'à leur prochaine comparution le 26 octobre. La peine maximale pour cette infraction est l'emprisonnement à vie.

Le département des Affaires mondiales du Canada a fait savoir que le consulat du Canada à Sydney apporte des services consulaires aux trois citoyens détenus en Australie. Les agents consulaires sont en contact avec les autorités locales afin de recueillir d'autres renseignements.

De la force

La jeune femme aux longs cheveux noirs était bien connue dans la région. Elle a fait ses études secondaires à Granby et, selon son profil Facebook, elle y a étudié au cégep. Elle aurait également travaillé dans un centre d'entraînement.

Selon des informations recueillies par le journal, elle vivait maintenant dans la région de Montréal. Elle a notamment travaillé dans une bijouterie jusqu'à son départ en voyage en juillet. Son ex-employeur a communiqué avec La Voix de l'Est pour faire savoir qu'elle n'était plus à son emploi depuis ce moment-là.

La nouvelle de son arrestation a enflammé les médias sociaux mardi. «Ton sourire, ton rire si pur, ta personnalité si attachante, ta joie de vivre et ton ouverture d'esprit font de toi une personne exceptionnelle! Il te faudra beaucoup de force, je sais que tu l'as en toi! S'il faut que je vienne t'en porter jusqu'à l'autre bout de la planète je le ferai mon amie! Mélina, tu es avant tout une personne magnifique et je t'aime», a écrit une de ses amies sur Facebook.

«Je lui souhaite la meilleure des chances et on se croise les doigts», écrit une autre copine.

Un autre ami a également écrit qu'il attendait de connaître les faits avant de juger, sans aucun doute en réaction aux nombreux commentaires critiquant les actions de la jeune femme sur les médias sociaux.

La Voix de l'Est a tenté de s'entretenir mardi avec les parents de Mélina Roberge, sans succès.

L'avocate en droit criminel Célina St-François.... (Archives La Voix de l'Est) - image 2.0

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L'avocate en droit criminel Célina St-François.

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Un long processus judiciaire

C'est un long processus qui attend la Granbyenne Mélina Roberge et deux autres Québécois détenus en Australie après avoir été accusés d'importation de cocaïne. Un traité entre le Canada et ce pays de l'hémisphère sud pourrait leur permettre, s'ils sont reconnus coupables, de formuler une demande afin de purger leur peine dans leur pays d'origine.

Lors de leur comparution, leur demande de remise en liberté a été refusée. Le trio demeure donc détenu jusqu'à sa prochaine comparution en octobre. «Ce que je comprends, c'est qu'on a refusé de les remettre en liberté au stade de la remise en liberté. Probablement qu'il y a la question qu'elles sont étrangères. Est-ce qu'elles risquent de ne pas revenir pour subir leur procès? Est-ce qu'elles pourront redemander une remise en liberté? Peut-être», affirme l'avocate en droit criminel Célina St-François, interrogée mardi par La Voix de l'Est.

Dans le cas où leur remise en liberté est refusée, les accusés resteront incarcérés pour la suite des procédures judiciaires jusqu'à leur éventuel procès. «Les délais judiciaires, ce n'est jamais court, dit Me St-François. En Europe, aux États-Unis, ça s'échelonne sur plusieurs mois et ça m'étonnerait que ce soit différent là-bas.»

Les détenus pourraient retenir les services d'un avocat du Canada, mais également de l'Australie. «Elles pourraient requérir les services d'un avocat d'ici parce qu'il y a parfois une question de barrière de la langue. Ultimement, ça va leur prendre un avocat qui est membre du Barreau là-bas pour pouvoir les représenter en cour. Souvent les deux avocats vont travailler de concert pour pouvoir les aider», explique l'avocate.

Mélina Roberge s'expose à une peine maximale d'emprisonnement à perpétuité si elle est reconnue coupable d'importation de cocaïne. Le Code criminel canadien prévoit la même sentence pour pareille infraction. «C'est toujours dans le pire des scénarios, précise Me  St-François. On n'est probablement pas dans le pire des scénarios, mais ce sont des quantités assez importantes.»

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