Facultés affaiblies et problèmes cognitifs en cause

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Au moment de la violente collision qui lui a coûté la vie ainsi que celle de son conjoint, la conductrice Simone Lussier avait les facultés affaiblies par l'alcool et la prise de médicaments. L'altération de ses facultés cognitives a aussi joué un rôle déterminant dans le tragique accident, mentionne le coroner.

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Roxton Pond) Lorsque le véhicule qu'elle conduisait a été happé de plein fouet par un poids lourd, Simone Lussier, 71 ans, n'avait probablement pas les capacités requises pour prendre le volant. Ceci en raison de ses facultés cognitives altérées, ainsi que par la consommation d'alcool et de médicaments. C'est le constat que dresse le coroner Jean E. Gauthier.

Rappelons que la collision mortelle est survenue à l'angle de la route 139, du 3e rang Est et du chemin de Roxton Sud, le 13 octobre en fin d'après-midi. Mme Lussier ainsi que son conjoint, Gilles Berthiaume, qui prenait place sur le siège du passager, n'ont eu aucune chance quand le mastodonte, qui filait dans une zone limitée à 90 km/h, a percuté la voiture du côté conducteur. La mort de la septuagénaire et celle de l'octogénaire ont été constatées à l'hôpital.

«Simone Lussier est décédée d'un traumatisme crânien, consécutivement à un accident de la route, consécutivement à une altération de ses facultés mentales», conclut le coroner dans son rapport.

Analyse

Des agents de la Sûreté du Québec de la MRC de la Haute-Yamaska ont mené l'enquête à la suite du tragique accident. «L'état des véhicules impliqués, celui des infrastructures, de la route et la météo ne sont pas en cause. Le conducteur du camion qui a percuté le véhicule avait toutes les capacités requises pour conduire. Selon un témoin, rien n'obstruait la vue de la conductrice au moment où elle s'est engagée sur la route 139», relate le coroner.

Or, des analyses toxicologiques ont révélé que la conductrice avait un taux d'alcoolémie de près du double de la limite permise. La présence de deux médicaments a également été détectée. De plus, «l'examen de son dossier médical suggérait des atteintes cognitives significatives et un possible trouble de l'attention expliquant qu'elle n'a pas cédé le passage au camion au moment de l'accident», mentionne le rapport de l'officier de police judiciaire.

Urgence d'agir

Selon le coroner, l'étude de la chronologie du dossier médical de Simone Lussier au cours des mois précédant l'accident a démontré certaines lacunes. Notamment en ce qui concerne le dépistage précoce de ses aptitudes à la conduite d'un véhicule en vertu de son état de santé.

Après avoir perdu son médecin, la septuagénaire a rencontré un nouvel omnipraticien le 29 juin 2015. Il était alors question d'un renouvellement de prescriptions et d'une évaluation sommaire. Durant cette visite, la dame se plaint également de troubles de mémoire. Un examen de ses fonctions cognitives a donc eu lieu le 8 août. Elle a alors échoué aux deux tests auxquels elle a été soumise. «Du 8 août au 30 septembre, aucun rendez-vous n'a lieu», peut-on lire dans le document d'enquête.

Le médecin a informé Mme Lussier «des résultats préoccupants de ses tests», le 30 septembre. En ce sens, une nouvelle évaluation «plus poussée» devait suivre.

«La patiente semblait offusquée de ce dont on l'informe. (...) Elle refuse toute investigation avant deux mois et quitte le bureau de médecin», mentionne Jean E. Gauthier. «En cas d'absence de collaboration du patient ou de mauvaise performance au test (aptitude à conduire), un signalement à la Société de l'assurance automobile du Québec peut être nécessaire», poursuit-il. Dans ce cas, l'article 603 du Code de la sécurité routière prévoit que «tout professionnel de la santé est autorisé à divulguer à la Société les renseignements qui lui ont été révélés en raison de sa profession.»

Bien qu'il conclut à un décès accidentel, le coroner «recommande à la direction de la Coopérative de solidarité Santé Roxton Pond de s'assurer que les professionnels de la santé qui oeuvrent dans son établissement soient sensibles à l'urgence de procéder à une évaluation des aptitudes à la conduite d'un véhicule routier lorsqu'une évaluation médicale ou des fonctions cognitives produit des résultats inférieurs à ceux attendus.» Idem pour les membres de plusieurs autres ordres professionnels oeuvrant dans le domaine de la santé auprès d'une «clientèle vulnérable».

Il n'a pas été possible d'obtenir les commentaires de la direction de la coop de santé de Roxton Pond, lundi.

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