Grillons et légumes chinois au menu !

«Environ 20 000 bébés grillons sortent des bacs à... (Julie Catudal, La Voix de l'Est)

Agrandir

«Environ 20 000 bébés grillons sortent des bacs à chaque jour», mentionne l'entomologiste Étienne Normandin. L'insecterie produit également des ténébrions.

Julie Catudal, La Voix de l'Est

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Marie-Élise Faucher
La Voix de l'Est

(Frelighsburg) Quelque 150 curieux se sont déplacés à Frelighsburg, cette fin de semaine, pour découvrir la coentreprise paysanne (C.E.P.) d'Armandie, qui ouvrait ses portes au public pour la toute première fois depuis sa création en 2014. Sur la terre de 50 acres située au 33, chemin de Dunham se déploient une «insecterie» et un jardin de légumes chinois. En unissant leurs forces, ces projets agricoles hors du commun s'adonnent à ce qu'on appelle la «permaculture».

«Sur la même terre, on superpose les fonctions... (Julie Catudal, La Voix de l'Est) - image 1.0

Agrandir

«Sur la même terre, on superpose les fonctions et on mélange nos besoins. C'est un écosystème fermier», décrit le facilitateur en permaculture, Bernard Alonso. 

Julie Catudal, La Voix de l'Est

Toutes les personnes qui se sont inscrites à la visite de 15 h, samedi et dimanche derniers, ont eu droit à une vulgarisation de ce concept par le pionnier de la permaculture au Québec, Bernard Alonso. «Sur la même terre, on superpose les fonctions et on mélange nos besoins. C'est un écosystème fermier», décrit le facilitateur en permaculture.

Bernard Alonzo s'y connaît en la matière. Après l'avoir appliquée à sa ferme de Rougemont entre 1993 à 2007, il est parti propager cette idée de «vivre en relation et en intelligence avec l'écosystème autour de soi» partout sur la planète, avant de choisir Frelighsburg pour y démarrer la C.E.P. d'Armandie il y a deux ans.

«L'humanité est en transition (...) Il y a eu la Renaissance, il y a eu le monde des royalistes, il y a eu le monde industriel. Maintenant, on passe dans un autre monde qui s'appelle le monde de la collaboration», résume-t-il.

Cette collaboration s'affiche d'ailleurs clairement dans le logo de la coentreprise, en forme de fleur, où chaque pétale représente une activité: la ferme d'insectes, le jardin de légumes chinois baptisé Le Rizen, le pôle agrotouristique qu'est la permaculture... et deux pétales vierges.

«On recherche un restaurateur», annonce M. Alonso. Ce futur actionnaire se spécialiserait dans le prêt-à-manger concocté à partir des produits cultivés à la ferme au modèle unique. Les légumes chinois du Rizen, par exemple, pourraient être déshydratés et vendus en sachets. «Ensuite, on les plonge dans l'eau bouillie et ils regonflent», image le facilitateur en permaculture. L'okra, le bok choy et le shiso font partie de la quarantaine de variétés cultivées par la Cantonaise d'origine Stéphanie Wang, et vendues dans les marchés publics et auprès de restaurateurs montréalais.

Dégustation d'insectes

Les légumes servent également de nourriture aux insectes d'Étienne Normandin, entomologiste. «Environ 20 000 bébés grillons sortent des bacs à chaque jour», mentionne l'entrepreneur, qui calcule une production de 5 kilos par semaine. Les ténébrions (communément appelés vers à farine) totalisent pour leur part 8 kilos hebdomadaires.

Au moment des portes ouvertes, ils étaient servis à la manière de tapas. Autant les familles que les personnes âgées ont pu déguster des omelettes aux pommes de terre et ténébrions, ainsi que des grignotines de grillons.

«Tout le monde a fini par goûter!» se réjouit Bernard Alonso, satisfait de l'achalandage des portes ouvertes. Les groupes étaient invités à emprunter le «Sentier du silence» en compagnie d'Étienne Normandin, question de repérer les insectes vivants dans la nature.

«Les insectes chantent, et quand ils chantent, ils copulent, ils communiquent, ils mangent. Ils sont très sensibles aux vibrations», explique Bernard Alonso. Le silence était aussi encouragé à l'intérieur de l'ancienne écurie où sont produites les bêtes à six pattes destinées à la consommation humaine.

De nouveaux clients friands de ces minuscules concentrés de protéines s'ajoutent constamment sur la liste d'attente d'Étienne Normandin. L'agrandissement de la bâtisse nécessite des sous, rappelle l'entomologiste, qui espère garnir les coffres de 15 000$ d'ici la fin septembre.

Pour y arriver, ce dernier invite les gens à devenir des «membres sympathisants» de la C.E.P d'Armandie. Ils déboursent un montant, profitent des produits de la ferme pendant quelques années, puis se voient remboursés. Pour ceux que l'idée intéresse, les détails se trouvent au cepdarmandie.com sous l'onglet «Participer».

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer