André Madore veut recouvrer sa liberté

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Par le biais de son avocat, l'accusé André Madore invoque l'habeas corpus afin d'être libéré plus rapidement.

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) L'une des présumées têtes dirigeantes d'un réseau de trafic de drogue dans les Cantons-de-l'Est mis au jour lors de l'opération Muraille, en juin, en a assez d'attendre en prison.

André Madore, 48 ans, que les policiers soupçonnent de contrôler le trafic de drogue à Granby et d'être lié au crime organisé, a mandaté son avocat d'invoquer une disposition du Code criminel qui lui permettrait d'être libéré plus rapidement en attendant la suite des procédures judiciaires.

L'habeas corpus stipule qu'une personne ne peut être emprisonnée trop longtemps sans jugement. Me Robert Jodoin juge que son client a suffisamment attendu pour la conclusion de son enquête sur remise en liberté. Me Crystel Demers a fait la même demande pour son client, Nelson Murphy, associé aux motards de Sherbrooke.

«Ce sont des droits garantis par notre constitution canadienne, a indiqué Me Jodoin à la cour. Les détenus ont droit à la présomption d'innocence.»

Cinquante-quatre personnes avaient été arrêtées en juin lors de l'opération Muraille. De ce nombre, 17 sont toujours derrière les barreaux. Me Jodoin soupçonne que, comme dans le cas d'autres mégaprocès, le ministère public lésine sur les effectifs. «Quand les autorités entament une enquête de trois ans, ils doivent s'assurer de mettre le train sur les rails», a-t-il dit.

«Ça n'a pas d'allure, a ajouté l'avocat à l'extérieur de la salle d'audience. Si ça continue, ça ne sera pas fini avant octobre. C'est pas des meurtres, c'est des stupéfiants! Après ce sera quoi, six mois avant l'enquête préliminaire?» Il évoque du même souffle que la preuve contre son client est «ténue».

Objection

Pour la Couronne, Me André Campagna ne partage pas du tout ces opinions et a mentionné que les délais encourus étaient normaux compte tenu de l'ampleur de la preuve et de la possibilité d'accusations supplémentaires. En outre, il a rappelé que la défense ne s'était, jusqu'ici, jamais opposée aux remises. «Ils étaient d'accord avec les dates», a-t-il dit.

La demande d'habeas corpus déposée lundi a aussi été faite à un drôle de moment, a-t-il fait savoir, puisque les deux procureures principales au dossier, Me Stéphanie Landry et Me Caroline Meilleur, sont en vacances cette semaine, ce que «tout le monde le savait».

De plus, la défense n'a pas respecté toutes les règles de pratique au soutien de leur demande, a-t-il ajouté. Le juge Gaétan Dumas, de la Cour supérieure, s'est rendu à cet argument et a reporté le tout sine die, c'est-à-dire «sans date». La suite de cette audience n'est donc pas encore fixée.

MM. Madore et Murphy restent donc détenus. La prochaine date pour leur enquête sur remise en liberté a été fixée pro forma le 12 septembre, à Sherbrooke. Encore une fois, il s'agit d'une locution latine qui signifie «pour la forme».

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