Mission accomplie pour le festival La Grosse Lanterne

Le sextuor Dead Obies, composé de Yes McCan,... (Catherine Trudeau)

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Le sextuor Dead Obies, composé de Yes McCan, OG Bear, Jo RCA, 20some, Snail Kid et VNCE, a clos le festival de belle façon.

Catherine Trudeau

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(Béthanie) Mission accomplie pour le festival La Grosse Lanterne de Béthanie. Malgré la météo qui a fait des siennes samedi, les organisateurs se félicitent d'avoir réussi à attirer 500 irréductibles qui ont festoyé sous la pluie et au rythme de la musique des différents artistes invités.

«Il a fallu vivre avec les conditions difficiles, admet l'un des organisateurs, Mathieu Pontbriand, bien protégé par un poncho. À partir de là, nous, on est très contents que malgré la météo annoncée, autant de warriors soient venus. Ça démontre un engouement pour ce que l'on fait et c'est rassurant pour les années à venir.»

Il faut dire que la programmation relevée avait de quoi en convaincre plusieurs de se déplacer.

Safia Nolin, Klô Pelgag, Brown (qui ont performé dans la soirée de vendredi), Groenland, Lisa LeBlanc et Dead Obies. Tous des artistes qui font tourner les têtes et qui savent attirer les foules.

«Ce qui est l'essence de notre festival, c'est notre respect de l'environnement, la place des produits locaux et c'est qu'on attire une grande tranche de la population. Il y en a pour tous les goûts: on a des jeunes, des couples, des familles, des enfants», fait remarquer Mathieu Pontbriand.

Et les festivaliers en ont eu pour leur argent. La Voix de l'Est a eu l'occasion d'assister à deux prestations, celles de Lisa Leblanc et Dead Obies, malgré les averses qui venaient et allaient à divers degrés d'intensité.

Lisa Leblanc: sans faute

Parcours sans faute pour l'artiste du Nouveau-Brunswick. En un claquement de doigts, elle s'était approprié le public. «Lisa, Lisa, Lisa», scandent ses fans à tue-tête. «Ben voyons, j'suis déjà là», rétorque-t-elle avec son accent attachant.

Elle a aligné ses succès comme J'pas un cowboy, Kraft Dinner ou Gold Diggin' Hoedown et y est même allée d'une nouvelle chanson, Dump the guy ASAP, mais sa performance a dû être quelque peu écourtée en raison de la pluie.

Dead Obies: la foule en liesse

Après une petite intermission pour laisser les éléments se calmer, Dead Obies a pris le relais avec une performance endiablée.

Durant plus d'une heure, la formation rap a aligné la plupart des chansons de son dernier album sorti au printemps, Gesamtkunstwerk - oeuvre d'art totale, en allemand - en plus d'aller piger dans celui de 2013, Montréal$ud.

Le groupe avait même réservé une surprise à ses fans en présentant une nouvelle chanson qui devrait vraisemblablement se retrouver sur son prochain album, dont la date de sortie n'est pas encore connue.

«Les gens dans le parterre, avez-vous du fun sous la pluie?!», demande avec énergie le Granbyen Yes McCan, torse nu sous la pluie. La foule en liesse en redemande, avide de chansons aux rythmes hip-hop entraînants, concoctés par le beatmaker VNCE.

Le sextuor, complété par OG Bear, Jo RCA, 20some et Snail Kid, n'a jamais semblé importuné par les précipitations. La vue de ses fans a même semblé le rendre plus audacieux.

Après avoir terminé le refrain - très difficile - de la chanson Johnny, Yes McCan est allé «surfer» dans la foule. Au moment de le ramener vers la scène, le public a bien failli laisser tomber le chanteur sur la barrière de métal. L'auteur de ses lignes et un autre bon Samaritain ont dû intervenir en catastrophe pour le sortir de sa fâcheuse position, qui aurait pu avoir de lourdes conséquences.

Outre ce petit accrochage, il faut admettre que les Dead Obies ont clos La Grosse Lanterne de belle façon, leur fougue n'étant pas près de s'éteindre.

Yes McCan tourné vers l'avenir

Le Granbyen Jean-François Ruel, mieux connu sous le pseudonyme de Yes McCan, réalise le chemin parcouru par le groupe les Dead Obies depuis deux ans. Mais il n'est pas encore rassasié des succès qu'il rencontre sur sa route.

«C'est le fun pour vrai. Y'a deux ans, on était à la 1re édition et on jouait vers cinq heures. Cette fois-ci, on close le festival. C'est là que tu réalises que tu en as fait du chemin», estime le rappeur, qui s'est livré en toute franchise quelques heures avant de monter sur scène.

Mais voyez-vous, Yes McCan en veut plus. «Je ne veux pas rester où je suis présentement et me contenter de ça, avoue-t-il honnêtement. Je regarde toujours vers le futur.»

«Et je ne veux pas regarder le passé en me disant: "Wow j'ai le double d'albums [vendus] et le double de public qui vient à mes shows". Oui, je suis plus que content et je suis reconnaissant de la place que nous accordent nos fans, mais je veux toujours m'améliorer», ajoute le Granbyen, qui soufflera 27 bougies en octobre.

Il profite quand même du moment présent et de chaque présence sur scène. Et il se réjouit de l'accueil du public pour leur dernier album Gesamtkunstwerk. «Chaque show, peu importe où c'était et même en région, c'était sold out. C'est incroyable», lance-t-il.

En octobre, la formation Dead Obies s'envolera pour une mini-tournée de six spectacles en Europe, dont en France. «Ils ne nous connaissent vraiment pas là-bas, ça va être comme à nos débuts, donc tout est à recommencer là-bas», admet le chanteur.

Un passage remarqué au WordUp! 13 - des duels de rap, pour les non-initiés - le 23 avril dernier, où il a affronté le Français Hermano Salvatore, lui aura tout de même donné une certaine visibilité auprès du public français. McCan ne ferme d'ailleurs pas la porte à un retour dans l'arène.

«J'ai pas haï ça, mais pour moi, rien n'est achevé tant que tu n'as pas passé beaucoup de temps sur quelque chose. Ça prend beaucoup de temps pour arriver à quelque chose de bon», confie celui qui se qualifie de perfectionniste.

Albums

Mais Yes McCan voit plus loin, au point où il a commencé à plancher sur un projet solo. «C'est encore à l'état d'ébauche, ce n'est rien de concret, mais c'est certain que je voudrais faire quelque chose de plus personnel», confie-t-il. Il ne se donne toutefois pas d'échéancier pour la sortie d'un album.

Il va faire des essais en studio avec son ami VNCE, également beatmaker pour Dead Obies, pour tester son matériel.

Par ailleurs, d'ici deux semaines, le sextuor Dead Obies va se réunir dans un chalet pour une session intensive d'écriture en vue d'un prochain album. «J'aimerais que ça sorte bientôt, pour profiter du hype qu'avait Gesamtkunstwerk, mais on est en discussion entre les membres du groupe. On va prendre des éléments qui ont fonctionné dans nos derniers albums pour amener notre art ailleurs», explique Jean-François Ruel.

Les membres Dead Obies retourneront également en tournée dès le 20 août, eux qui ont annoncé le XXXplosif Tour 2016. L'arrêt le plus proche se fera Saint-Hyacinthe, le 23 septembre. Comme quoi le groupe n'en a jamais assez.

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