29e défi-vision: une course folle, folle, folle!

Plusieurs voitures ont perdu des morceaux lors de... (Alain Dion, La Voix de l'Est)

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Plusieurs voitures ont perdu des morceaux lors de la courte - mais intense! - course au profit de MIRA.

Alain Dion, La Voix de l'Est

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Marie-Élise Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) Le Défi-Vision conserve sa réputation de «course la plus folle du monde». Vendredi,35 pilotes aveugles et leurs copilotes issus des mondes artistique, politique, sportif, des affaires et des médias ont vécu toute une montée d'adrénaline à l'Autodrome Granby. L'équipe de Serge Poulin (pilote) et Gérald Brûlé (copilote) a été la première à compléter les dix tours de piste requis pour récolter la victoire.

«Quel spectacle!», a scandé avec justesse le commentateur lorsque la voiture no 12 a franchi la ligne d'arrivée, sur le coup de 20h15. La foule était nombreuse dans les gradins, malgré une petite bruine. Les applaudissements et les cris se mêlaient aux klaxons des bolides, qui avaient été préparés spécialement par l'entreprise locale Remorquage Boissonneault pour l'exercice périlleux.

Plusieurs voitures ont perdu des morceaux lors de la courte - mais intense! - course au profit de MIRA. Les pare-chocs arrachés tapissaient la piste sablonneuse près de la ligne d'arrivée. «On a passé à travers chaque auto qui était encore stalée au départ sans accrocher personne et ensuite on s'est fait rentrer dedans par le shérif en disant qu'on allait trop vite», raconte le magicien Vincent C, déçu de n'avoir finalement pu compléter qu'un tour et trois quarts.

Les règles du Défi-Vision sont claires: les voitures ne doivent pas dépasser la limite de vitesse fixée à 35 km/h et, en aucun cas, le copilote n'a le droit de toucher le volant. «On était partis pour la gloire!», a lancé notre journaliste Antoine Lacroix, qui prenait place dans la même voiture que Vincent C (NDLR: une vidéo en direct de l'habitacle de la voiture no 5 a été publiée sur la page Facebook de La Voix de L'Est).

Leur pilote, Pierre Champagne, cumule 10 ans de participation au Défi-Vision. «Le secret, c'est d'avoir une bonne communication, et on avait une bonne communication», confirme l'habitué, qui a été le premier à compléter un tour de piste.

«Maintenant on connaît notre droite et notre gauche sans problème!», a lancé pour sa part Carole Chabot à sa sortie de la piste. Passagère dans la voiture no 2, elle devait guider Serge Tessier. «J'ai toujours bien du fun à courir!» s'est exclamé le pilote, qui en était à sa deuxième participation au Défi-Vision.

Mario Jean

Porte-parole de l'événement pour une troisième année, Mario Jean hésite chaque fois à se prêter au jeu de stock-car. «C'est comme faire un manège, dans le fond. Moi, je suis pas un gars de manège ben ben. Mes gars aiment ça, ma blonde aussi. Ils m'embarquent là-dedans. À chaque fois j'ai une maudite peur!» confie l'humoriste.

S'il s'est à nouveau laissé convaincre de participer à l'événement au profit de MIRA, c'est parce qu'il a la cause à coeur. «Perdre un sens, c'est atroce. Je pense que la vue, c'est le pire sens qu'on peut perdre», reconnaît-il.

Interpellé par La Voix de l'Est avant de prendre le départ, Mario Jean avait l'intention d'utiliser des mots bien précis pour guider son pilote non-voyant. «C'est vraiment un conduit de communication que tu dois établir, dit-il, le choix des mots, l'intensité et la rapidité (comptent)».

«C'est quoi tourner ''un petit peu''?», cite l'humoriste en exemple. «Gauche, droite, on finit toujours par se débrouiller. Mais c'est la vitesse qui est vraiment dure à évaluer! Wo wo wo, c'est pas clair», rigole-t-il.

Mario Jean se souvient de son premier Défi-Vision. «Mon pilote n'avait pas conduit depuis 20 ans. Il avait le sourire tout le long, il tripait à avoir la sensation de rouler et de diriger. Ça, c'est extraordinaire. Ça a fait ma course!», souligne-t-il.

Demoiselle aux commandes

Plus jeune pilote du Défi-Vision 2016, Kristine Guertin réalisait un rêve. «Toute petite, je venais ici à l'autodrome avec mon papa. J'ai toujours dit qu'un jour je serais pilote de course!», s'exclame la jeune femme de 22 ans, qui a perdu la vue il y a trois ans.

«C'est le nerf optique qui est atteint», précise la rouquine, précisant que des tests génétiques étaient effectués pour identifier la cause exacte de sa maladie. Comme sa soeur cadette a vécu un épisode de cécité pendant quelques années, Kristine a bon espoir de retrouver la vue un jour.

Elle entame chaque journée «avec du positivisme et de la débrouillardise». L'an passé, Kristine Guertin a terminé sa course avec une fracture du poignet. Qu'importe! Au volant, la jeune femme est dans son élément.

«À 5 ans, je conduisais des ski-doos. J'ai conduit des quatre-roues à partir de 7 ans. J'ai baigné là-dedans toute ma vie!», témoigne-t-elle, heureuse de vivre l'expérience du Défi-Vision pour une deuxième année. Elle était accompagnée du chroniqueur automobile Antoine Joubert.

Au profit de Mira

Le Défi-Vision 2016 a permis de remettre 59 164$ à l'organisme MIRA, qui célèbre son 35e anniversaire cette année.

Avant la soirée de vendredi, les organisateurs avaient amassé 55 000$ grâce aux voitures commanditées et au don annuel de 25 000$ de l'Autodrome de Granby. Il espéraient atteindre 60 000$ en recueillant des dons dans les estrades.

Les fonds permettront à l'organisme d'entraîner des chiens-guides et d'assistance qui serviront ensuite de compagnons aux personnes handicapées visuelles ou physiques et à des enfants atteints d'autisme.

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