Dommages liés à la grêle: appel à l'aide d'une ferme bio

La grêle était tellement coupante qu'elle a perforé... (fournie)

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La grêle était tellement coupante qu'elle a perforé les serres de la ferme, du jamais vu pour Yan Gordon.

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Jérôme Roy
La Voix de l'Est

(Sutton) La grêle a laissé des marques très visibles à la suite de son passage à Sutton, le 18 juillet dernier. La ferme biologique Les potagers des nues mains a été particulièrement touchée, tellement que le propriétaire Yan Gordon a dû lancer une campagne de sociofinancement sur haricot.ca pour sauver son entreprise.

Le matériel et les produits de l'entreprise agricole ont passé un mauvais quart d'heure cette journée-là. Yan Gordon était avec son équipe de travail lorsque les intempéries ont frappé.

«On a eu peur, mais pas longtemps parce que c'est comme: "Vite! Il y a de gros nuages noirs et puis on dirait qu'il y a de quoi qui tombe fort! " et là, les vents se lèvent. On court tous, on va fermer les abris, les serres, on range. C'est parce qu'il faisait gros soleil avant ça! Et là, on se réfugie dans la grange et puis ça se met à tomber, là. Oui, c'était épeurant, mais on était plus ébahis, à prendre des photos, parce qu'on n'avait jamais vu ça. Premièrement des grêlons comme ça. Deuxièmement, une pluie aussi intense», raconte-t-il.

M. Gordon ajoute qu'il ne voyait pas à plus de cinq mètres devant lui et qu'au total, un de ses pluviomètres a indiqué avoir reçu 80 millimètres en une heure.

Une heure plus tard, le soleil reprenait ses droits, comme si de rien n'était. Pourtant, l'équipe de la ferme venait de s'éreinter à courir pour minimiser les pertes.

Des dommages importants

Yan Gordon a du mal, pour le moment, à chiffrer avec précision l'ampleur des dommages. Il n'a pas accès à l'assurance récolte et ignore l'impact final qu'aura eu la tempête sur ses récoltes d'oignons et de maïs, par exemple. Il sait cependant que les courgettes, aubergines et poivrons ne donnent aucun rendement.

«Les plants ont refait des feuilles en deux semaines, sauf qu'ils ont gaspillé beaucoup d'énergie et puis leur rendement est beaucoup diminué», explique-t-il.

La grêle était tellement forte qu'elle n'a pas abîmé seulement le feuillage, mais aussi les légumes. Même les citrouilles et les zucchinis ont été affectés par les précipitations.

Au plan matériel, M. Gordon déplore également des dommages importants. Du métal a été plié, des remorques, renversées, du plastique, perforé. Ses serres, ses tunnels et ses toiles thermiques ont été particulièrement touchés.

«C'est la première fois de ma vie que je vois des plastiques de serre perforés par la grêle. D'habitude, ça rebondit, ça fait des poques, mais la grêle qui est tombée le 18, elle était coupante!»

Un autre coût difficile à chiffrer: les dommages au paillis de plastique. Puisque les trous causés par la grêle ont permis à la mauvaise herbe de s'y incruster solidement, M. Gordon se demande comment il parviendra à retirer le paillis cet automne.

Et ça, c'est sans compter le travail supplémentaire que lui a imposé la tempête du 18 juillet dernier.

«C'est énormément de temps et de logistique. C'est ça qui fait mal. Normalement, on fait ça en début de saison, quand c'est tranquille. Ou en fin de saison. Mais en plein milieu de la saison, c'est effrayant, c'est épeurant comme travail à faire. On est déjà débordés.»

Réponse positive jusqu'à maintenant

Comme la grêle a sévèrement amputé sa production maraîchère, Yan Gordon a offert de rembourser ses clients qui sont abonnés au panier biologique. Sur plus de 350 clients, personne ne s'est plaint et seulement cinq se sont prévalus de l'option.

«Ça fait chaud au coeur et ça fait du bien. Moi j'ai proposé de rembourser les gens juste pour essayer de m'entourer d'énergie positive suite à ça. Je ne veux pas faire affaire avec des gens mécontents.»

Pour offrir de la qualité et de la quantité avec ses paniers, l'agriculteur dit acheter certains légumes d'autres producteurs et bénéficier de la solidarité de certains, qui lui laissent leurs surplus.

Avec sa campagne de sociofinancement, il espère récolter 20 000$ pour sa ferme biologique Les potagers des nues mains. Dimanche, un peu plus de 5000$ avaient été récoltés.

«Ç'a rentré fort pendant les deux premières semaines, mais là, ça diminue. On va relancer ça. En ce moment, j'ai ramassé assez d'argent pour refaire tous les plastiques qui ont été perforés», indique-t-il.

Il se donne encore 78 jours pour atteindre son objectif, ce qui devrait lui permettre de passer à travers l'épreuve.

«J'espère bien, parce que cette année, j'ai profité du printemps sec pour faire énormément d'investissements en drainage. Et puis ça rapetisse un peu les liquidités. [...] Mais il y a espoir. Et oui, si on atteint notre objectif, on va être corrects», croit M. Gordon, qui préfère rester optimiste.

 

Vous désirez en savoir plus? http://www.haricot.ca/project/les-potagers-des-nues-mains

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