«Claudine, c'est ma deuxième mère»

Deux joueuses ont élu domicile dans la famille... (Janick Marois, La Voix de l'Est)

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Deux joueuses ont élu domicile dans la famille de Claudine Leroux dans le cadre du Challenger Banque Nationale de Granby. Sur la photo, on aperçoit en haut Claudine Leroux, Maria Patrascu, Eugène ainsi que Isaac et en bas, Cyril et Marie.

Janick Marois, La Voix de l'Est

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Jérôme Savary
La Voix de l'Est

(Granby) Claudine Leroux est mère... d'au moins quatre enfants. En effet, le temps du Challenger, la famille s'agrandit. «Claudine, c'est comme ma deuxième mère», confirme Maria Patrascu, une joueuse de tennis torontoise de 19 ans, qui a logé cette semaine chez une famille tissée serrée. Avec sa compatriote Petra Januskova, 25 ans, elles ont été traitées aux petits oignons par Claudine, qui veille sur elles comme sur ses propres enfants afin de rendre leur séjour le plus agréable possible.

Cela fait deux ans que ces deux joueuses élisent domicile dans cette famille dans le cadre du Challenger. L'expérience a été si concluante lors de leur premier séjour qu'elles ont, cette fois-ci, contacté directement Claudine afin de retrouver la belle harmonie qui se dégage de cette famille.

Sollicitée la première fois en 2015 pour héberger des joueuses du Challenger, Claudine Leroux n'a cependant pas dit oui tout de suite. Car avant d'accueillir quiconque chez elle pendant une semaine, encore fallait-il avoir l'avis de ses pensionnaires permanents: ses enfants. «On vit en famille, alors il faut que tout le monde soit d'accord.» Surtout que cela signifiait que les trois garçons laissent leurs chambres et leur salle de bain aux deux joueuses. «Ç'a été un oui unanime», dit la maman qui occupe le poste de directrice adjointe à la Maison des familles de Granby.

Toute la famille - pas mal excitée du retour de deux jeunes femmes - est donc passée en mode camping. Eugène, 17 ans, Isaac, 15 ans et Cyril, 13 ans, ont rejoint les chambres de leur soeur Marie, 10 ans et demi, ou celle de leur mère.

Lit et petit-déjeuner

L'organisation du Challenger demande à la vingtaine de familles qui hébergent des joueurs de leur fournir un lit et un petit-déjeuner, le temps que dure la compétition. Chez Claudine Leroux, Maria et Petra reçoivent beaucoup plus. «Je voulais qu'elles se sentent comme à la maison, chez elles. Avec les enfants, on a décidé qu'on faisait vraiment comme si elles faisaient partie de la famille.» Petits cadeaux de bienvenue, trois repas par jour, déplacements au Challenger pour les pratiques et les matchs... «On les suit de près, on va voir tous les matchs... on est devenus des fans!», lâche-t-elle.

Pendant une semaine, la famille de Claudine Leroux prend donc de l'expansion. «Quand je parle d'elles, des filles, et bien, c'est... c'est... c'est mes filles.»

Lors de la visite de La Voix de l'Est, jeudi midi, Petra avait déjà quitté la maison, en matinée, en route vers un autre tournoi. «Les départs sont difficiles, c'est un peu une déchirure... hein Marie?», dit-elle en interpellant sa fille, encore émue par le départ de la jeune femme. «Pour Marie, Maria et Petra sont devenues comme ses grandes soeurs.»

Quand Maria joue un match, elle demande à ce que Isaac et Cyril - chasseurs de balles au Challenger - soient présents sur le court, Claudine et sa fille Marie étant déjà dans les gradins. C'est simple, tout ce beau monde ne se quitte plus.

Peu de familles semblent offrir une expérience comparable à celle-ci, selon Maria, qui participe à une dizaine de tournois durant l'année et qui choisit souvent d'être hébergée en famille afin d'économiser.

La famille avant tout

Si Claudine Leroux tient avant tout à protéger sa bulle familiale, elle l'a élargie pour inclure ses deux nouvelles protégées, qui le lui rendent bien. «Mon moment préféré, indique Maria Patrascu, c'est quand vient la fin de la journée et qu'on se retrouve ensemble, tous réunis.» Et qui dit famille dit bons petits plats. «Elle est tellement bonne cuisinière!», dit Maria à Claudine, assise à ses côtés. Celle-ci se fait un devoir de leur servir leurs plats favoris et de ne pas chambouler leurs habitudes.

«Nous nous sommes vus seulement une semaine l'année dernière et je me sens pourtant si proche d'eux. Cela va être encore difficile de les quitter... Je passe tellement du bon temps ici... c'est mon tournoi préféré», confie Maria Patrascu.

Claudine et sa famille donnent beaucoup à leurs jeunes protégées. Ils reçoivent également en retour. «Leur venue représente une opportunité pour nous aussi. Par exemple, c'est l'occasion pour les enfants de parler anglais pendant une semaine. Être une joueuse de tennis professionnelle est exigeant. Les filles partagent leur expérience des voyages, leur discipline et leur belle expérience de vie. Elles représentent un beau modèle pour mes enfants.»

Une semaine chez M. le maire

Quand Marie-Claude Delisle a sonné la sonnette d'alarme, à la recherche de familles disponibles pour héberger des joueurs quelques jours avant le début du Challenger, le maire de Granby, Pascal Bonin, a accepté de prêter main-forte à sa proche collaboratrice.

Après avoir obtenu l'accord de sa femme, il a accepté d'accueillir deux joueurs et un entraîneur chez eux. «C'est une expérience excessivement enrichissante au niveau personnel et familial», confie M. Bonin, manifestement emballé par cette première incursion à l'intérieur du Challenger.

Les joueurs Andrey Golubev (Ouzbékistan, 29 ans), Eduardo Struvay (Colombie, 25 ans) et l'entraîneur Éric Prodon (29 ans) ont élu domicile chez M. le maire jusqu'à samedi, date de leur départ vers le tournoi de Gatineau.

«Pour moi, ce n'est pas du "housing". Andrey, Eduardo et Éric sont vraiment devenus des amis. Eduardo a dû quitter récemment la maison et on était tristes de le voir partir.»

Et s'ils reviennent, il espère qu'ils choisiront à nouveau sa demeure lors de leur prochain séjour à Granby. En attendant, Pascal Bonin et sa famille s'apprêtent de nouveau à jouer les hôtes dans le cadre du Festival international de la chanson de Granby. «Cela me permet de vivre les événements de l'intérieur, ce qui est intéressant au niveau professionnel.»

Résultats en demi-teinte

Maria Patrascu, blessée à l'épaule, et Petra Januskova n'ont malheureusement pas fait long feu au Challenger de Granby.

En simple, toutes les deux n'ont pas passé le cap des qualifications. En double, Maria est tombée jeudi soir en quarts de finale contre les têtes de série no1.

Cela ne l'a pas empêchée de demeurer le reste de la semaine à se faire «cocooner» chez la famille de Claudine Leroux.

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