La construction du manège équestre n'aura pas lieu

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Les citoyens présents à la séance du conseil, lundi soir, ont applaudi bruyamment lorsque la Ville a annoncé que la construction du manège équestre n'aurait pas lieu.

Janick Marois, La Voix de l'Est

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Marie-Élise Faucher
La Voix de l'Est

(Bromont) Pour les Bromontois, les Jeux équestres mondiaux (JEM) sont morts et enterrés. Les citoyens présents à la séance du conseil, lundi soir, ont applaudi bruyamment lorsque la Ville a annoncé que la construction du manège équestre n'aurait pas lieu et que son entente de gestion avec la Société d'agriculture du comté de Shefford (SACS) serait par le fait même résiliée.

«Il s'agit de voir comment on peut mettre fin à l'entente qui existait et qui avait un lien avec le bail (emphytéotique), et comment on va reprendre de part et d'autre la responsabilité de nos terrains», a indiqué la mairesse de Bromont, Pauline Quinlan.

Les deux résiliations viennent de paire puisque la construction du manège équestre d'une capacité de 4000 places était prévue sur des terrains appartenant à la Ville, tandis que c'est la SACS qui aurait eu la responsabilité de la structure. La résolution adoptée par la municipalité, lundi, marque le début des discussions en ce sens.

«C'est malheureux. Cette infrastructure-là aurait permis 12 mois par année d'accueillir l'ensemble du monde équestre ici», a commenté Pauline Quinlan en entrevue.

L'intérêt qu'avaient manifesté Canada Équestre et Cheval Québec aurait suffi à faire vivre l'infrastructure, croit-elle. «Ces organisations-là étaient déjà très intéressées à venir en hiver tenir des cliniques, tenir certaines compétitions. Moi, je pense qu'avec une bonne programmation, il était possible de le faire.»

Lettre de la FEI

Par ailleurs, la mairesse s'attendait à davantage de commentaires sur les JEM à l'occasion de la première séance du conseil suivant leur annulation à Bromont.

Elle a tenu à lire la lettre que la Fédération équestre internationale (FEI) a fait parvenir à la Ville, le 22 juillet dernier. «Malgré ce revers, nous sommes convaincus que les Jeux équestres mondiaux sont un bel événement sportif. Nous croyons à son avenir et espérons qu'un jour il se tiendra bel et bien au Canada», y mentionnait entre autres Sabrina Ibanez, la secrétaire générale de la FEI.

Dissolution du COJEM

Le conseil municipal a annoncé que le Comité organisateur des Jeux équestres mondiaux (COJEM) procédait à la dissolution de son organisation.

«Actuellement on souhaite une liquidation. Quelqu'un pourrait nous mettre en faillite, mais on ne pense pas parce qu'on va respecter presque tous nos fournisseurs, à l'exception du gouvernement du Québec», a mentionné l'ancien président-directeur général du COJEM, Luc Fournier. Les quelque 2 M$ versés par le gouvernement provincial sur une subvention qui aurait totalisé 9 millions ne retourneront donc pas dans les coffres de Québec.

La somme de 400 000$ investie par la Ville de Bromont, non plus. «Ça, il y a eu entente avec la Ville de Bromont puisqu'à quelque part on a dépensé 2,5 millions à Bromont, alors la Ville n'est pas perdante. Il y eu des salaires de payés, des loyers, des fournisseurs. On a été ici pendant 2 ans et demi, on a quand même fait une activité économique», a fait remarquer Luc Fournier.

Aucun argent de commandite n'a été déboursé. «On avait versé un certain montant à la Fédération pour les droits», précise M. Fournier, faisant état des comptes. «On est en négociation pour savoir si on peut en récupérer une partie. Cet argent-là servira à rembourser les gouvernements, s'il y a lieu.»

Fédéral

L'ex-PDG du COJEM dit comprendre la décision du gouvernement fédéral de ne pas avoir octroyé de subvention pour la tenue des JEM à Bromont en 2018. «Parce qu'ils font la même analyse que moi. Ça ne passera pas», a-t-il admis.

«C'est impossible de réduire de 20 millions avec les exigences qu'on a», a insisté M. Fournier, faisant référence à la dernière tentative du député fédéral Denis Paradis de sauver les JEM. Ce dernier avait évoqué la possibilité qu'une réduction du budget permette d'attirer une subvention d'Ottawa.

«Je ne suis pas sûr qu'il avait vu le cahier de normes! Juste le sable nous coûtait quelque part entre 2 et 3 millions parce qu'il fallait qu'une partie vienne d'Allemagne», cite en exemple l'ex-DG du COJEM. «Si on déchire le cahier de charges et qu'on reprend à zéro, je peux vous en faire, des Jeux à 40 millions, moi! Mais je n'aurai pas les mêmes Jeux, je n'aurai pas le même nombre de disciplines, je n'aurai pas le même nombre de chevaux, je n'aurai pas le même sable, je n'aurai pas la même organisation», a-t-il énuméré.

«Avec ce que j'avais comme normes, j'avais les deux mains attachées et les deux pieds attachés et on me disait, cours! On est arrivés à la conclusion qu'à la vitesse qu'on nous demandait, on allait s'enfarger», conclut Luc Fournier.

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