Décès de Sylvie Roy: le monde politique en deuil

La députée Sylvie Roy est décédée à l'âge... (archives La Voix de l'Est)

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La députée Sylvie Roy est décédée à l'âge de 51 ans.

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Le Soleil

(Québec) La députée d'Arthabaska Sylvie Roy a succombé dimanche à une hépatite aiguë. La maladie rongeait la politicienne de 51 ans depuis quelques mois et l'a menée à l'hospitalisation en juin.

C'est Éric Vachon, son attaché politique, qui a révélé la cause du décès aux médias lundi. S'exprimant au nom de la famille, M. Vachon a souligné que Sylvie Roy elle-même avait demandé de ne pas ébruiter le fait qu'elle séjournait à l'Hôpital de l'Enfant-Jésus de Québec. 

«Elle était malade depuis quelques mois, et ça se dégradait toujours. Quand elle a fini par aller consulter, après la session parlementaire, ils l'ont gardée à l'hôpital», explique M. Vachon. 

L'hépatite est une inflammation aiguë du foie. Ce qui a causé la maladie restera toutefois nébuleux, la famille ayant refusé de procéder à une autopsie. «La mère de Sylvie ne veut pas s'acharner sur son corps. Elle trouve qu'elle en a déjà assez subi», explique M. Vachon. Sylvie Roy pourrait avoir été infectée par un virus lors d'un voyage en Afrique, réalisé en 2014. «Les médecins ont fait une première biopsie, pour connaître la cause exacte, mais les résultats n'étaient pas bons. Ils ont voulu en faire une deuxième, mais Sylvie était rendue trop faible à ce moment-là», explique M. Vachon. 

Lorsque Sylvie Roy a quitté la Coalition avenir Québec (CAQ) dans la tourmente, il y a un an, des problèmes personnels liés à la consommation d'alcool avaient été évoqués au sein du parti. M. Vachon a voulu, lundi, faire taire les rumeurs. «C'est pas du tout relié à ça. L'alcoolisme, c'est sorti de je sais pas où», lance-t-il, excédé que cette histoire la hante. Celui qui parlait au téléphone 8 à 12 fois par jour à Mme Roy indique qu'il n'a «jamais eu connaissance qu'elle était en état d'ébriété» et qu'il la voyait très rarement un verre à la main. Selon lui, Mme Roy a eu à subir «un jugement très facile et sévère».

Revenu travailler avec elle depuis le mois de février pour préparer «la relance de sa carrière politique», M. Vachon soutient que Mme Roy était «un exemple» pour quiconque veut se lancer dans l'arène. «C'est quelqu'un qui avait une colonne vertébrale, qui n'avait pas peur d'affronter la tempête, quelqu'un qui s'assume», lance-t-il. 

Mme Roy avait encore le goût de la politique et préparait déjà plusieurs interventions pour l'automne, selon M. Vachon. Le dernier jour de la session parlementaire, ils ont même croisé François Legault et quelques membres de son équipe dans le corridor. M. Legault lui aurait demandé à la boutade quand elle pensait revenir avec eux, la faisant rire de bon coeur. «La crise de l'été dernier, c'était derrière elle, elle était passée à autre chose», commente M. Vachon. 

Reste que son attaché politique s'inquiétait et la trouvait faible ces derniers temps. «Elle me disait en riant que c'était sa ménopause, qu'elle n'avait pas les bonnes pilules», raconte-t-il. De son côté, il lui répétait de «s'occuper de sa santé avant ses dossiers». 

Mais, connaissant bien Sylvie Roy depuis 2003, M. Vachon dit qu'elle était une femme entêtée, une femme de conviction, «qui n'a pas eu peur de se braquer contre le gros gouvernement de Jean Charest». C'est d'ailleurs elle qui a demandé la première une commission d'enquête sur l'industrie de la construction. 

Son tempérament a toutefois fait en sorte qu'elle n'était pas aimée de tous. «Elle répétait qu'elle n'était pas en politique pour se faire des amis», indique M. Vachon. 

Son décès a provoqué une grande vague de réactions chez les citoyens lundi. Sa page Facebook officielle a récolté plus de 700 commentaires et mots de sympathie, la plupart des gens vantant son intégrité et sa combativité. 

Selon une compilation de l'Assemblée nationale, Sylvie Roy est la première femme politicienne à mourir en devoir au Québec.

François Bonnardel rend hommage au «flair politique» de son ex-collègue

Sylvie Roy s'apprêtait à fêter ses 15 ans de vie politique. Quinze années dans l'opposition à défendre ses dossiers et à faire sa marque comme nulle autre, a confie le député de Granby, François Bonnardel.

Lorsque La Voix de l'Est l'a joint, lundi, le politicien était sous le choc. Encore récemment, la session parlementaire se terminait et rien ne laissait présager le décès de la députée indépendante, anciennement membre de la Coalition avenir Québec.

«Sylvie a été de tous les combats. On a vécu des hauts et des bas: la victoire de 2007, la défaite de 2008, la traversée du désert par la suite. Sylvie avait le flair politique que peu d'hommes et de femmes politiques ont», a raconté M. Bonnardel.

 C'est pendant la «traversée du désert», de 2009 à 2011, que Mme Roy a posé inlassablement la même question au nom de ses trois représentants du Parti adéquiste, l'ancêtre de la CAQ, réclamant encore et encore la tenue d'une commission d'enquête sur l'industrie de la construction.

«C'était une femme combative, acharnée dans ses dossiers, qui défendait bien ses dossiers de circonscription et nationaux, se souvient le député. Je ne suis pas gêné de le dire, quand je suis arrivé comme jeune député, elle avait quatre ans d'expérience, j'ai bien vu qu'elle avait un flair. Elle était capable de mesurer, de prendre le pouls de la population. Pour moi, elle a été une alliée, une prof.»

François Bonnardel se rappelle encore ces moments où il allait lui demander conseil sur les messages qu'il voulait porter lors de sorties médiatiques. Elle lui a légué deux enseignements: être succinct et vulgariser ses propos. «Elle disait souvent en blague: «François, il faut que le message soit compris par la madame qui brasse sa soupe le soir!» lance-t-il en riant.

Depuis le départ de Sylvie Roy de la CAQ, il y a un an, il n'avait malheureusement pas eu l'occasion de discuter avec elle comme avant. - par Cynthia Laflamme

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