Un massage qui tourne au vinaigre

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Le juge Serge Champoux n'a pas cru la version d'un Granbyen justifiant des attouchements commis sur une jeune femme en 2014. En conséquence, François Racine a été reconnu coupable d'agression sexuelle le 21 juillet dernier.

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Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Granby) Le juge Serge Champoux n'a pas cru la version d'un Granbyen justifiant des attouchements commis sur une jeune femme en 2014. En conséquence, François Racine a été reconnu coupable d'agression sexuelle le 21 juillet dernier.

Les faits reprochés se sont déroulés le 15 octobre 2014 au domicile de l'accusé. Celui-ci, charpentier-menuisier et «homme à tout faire», a rencontré la victime et sa mère quelques mois plus tôt lorsqu'il s'est affairé à remplacer le chauffe-eau de leur appartement.

Ce jour-là, il discute avec la jeune femme dont l'identité est frappée d'une ordonnance de non-publication par la Cour. Elle lui raconte alors qu'à la suite d'un accident de travail, elle souffre de douleurs chroniques.

M. Racine l'informe alors qu'il dispose de compétences en matière de massage et lui offre spontanément de lui en prodiguer un, qui semble soulager la jeune femme.

Quelques mois s'écoulent avant que l'accusé et la victime ne soient à nouveau réunis, à nouveau dans le cadre de travaux à l'appartement. Le Granbyen offre à nouveau à la jeune femme de la masser au besoin.

Attouchements

Le 14 octobre 2014, la mère de la plaignante contacte l'accusé pour qu'il masse sa fille, dont la situation ne s'améliore toujours pas. Le lendemain, la jeune femme se présente au domicile de M. Racine. La preuve, faite de part et d'autre, montre qu'elle y demeure plus de quatre heures.

Durant son témoignage, la victime affirme que l'accusé l'a incité à se dévêtir progressivement et à marcher devant lui en petite tenue. Vers la fin de la séance, prétextant qu'il agissait à des fins thérapeutiques, Racine lui insère des doigts dans le vagin et dans l'anus.

Au terme de la rencontre, l'accusé aurait demandé une accolade à la victime pour «échanger de l'énergie». La jeune femme aurait refusé net et quitté les lieux avant de porter plainte aux policiers.

Explications mouvantes

De son côté, François Racine a qualifié la rencontre de «purement thérapeutique». «Il explique demander à la victime, après chacun des massages, de marcher pour lui (...) de sorte qu'il puisse voir s'il y a du progrès (...) Selon ses constatations, il décide de passer à un autre niveau de massage», résume le juge.

Les raisons évoquées par l'accusé pour justifier les pénétrations digitales n'ont pas convaincu le juge, qui qualifie ses explications de «mouvantes».

Entre autres, M. Racine était très imprécis quant à la durée de sa formation en massothérapie; il s'était contredit dans les muscles qu'il tentait de stimuler chez la victime; il était ensuite confus quant à une illustration et à un livre qu'il aurait utilisé pour mieux «soigner» sa patiente. Enfin, il a déclaré que le short de la victime était trop serré pour lui permettre de la masser, c'est pourquoi il lui a demandé de le retirer.

Le magistrat a également noté un commentaire ayant une «forte charge sexuelle» de l'accusé, qui suggérait à sa victime de demander à son copain de lui faire les mêmes pénétrations.

En outre, souligne le juge Champoux, «il n'y a pas un iota de preuve scientifique le moindrement crédible qui accrédite que le fait d'introduire à répétition ses doigts dans le vagin de la victime puisse avoir quelque effets thérapeutiques sur sa condition, et a fortiori, quelque pénétration anale.»

«Il m'apparaît évident que la pénétration digitale faite au vagin et à l'anus de X sont des attouchements, qu'il est objectivement incontestable qu'ils soient de nature sexuelle et que jamais X n'a consenti à quelques activités sexuelles avec François Racine», a raisonné le juge, qui conclut que l'accusé a eu recours à une pseudo-expertise pour abuser de la victime, qui «s'est fiée à son autorité, malgré ses doutes et ses réticences».

La sentence de l'accusé devrait être connue en octobre.

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