L'agrile du frêne gagne du terrain

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Les ravages de l'agrile du frêne sont entre autres visibles en bordure du parc Daniel-Johnson, près de la piste multifonctionnelle qui longe la rue Drummond. De grandes rangées de frênes y ont été plantées il y a plusieurs années.

Alain Dion, La Voix de l'Est

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Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est

(Granby) Le paysage de certaines rues à Granby changera complètement d'allure d'ici cinq à dix ans. L'agrile du frêne gagne du terrain, affirme le coordonnateur en environnement à la Ville, Serge Drolet. Et le nombre d'arbres à abattre est appelé à augmenter de façon exponentielle d'année en année.

Les ravages du petit insecte nuisible originaire d'Asie sont visibles en bordure du parc Daniel-Johnson, plus particulièrement aux abords de la piste multifonctionnelle qui longe la rue Drummond, et sur le boulevard Montcalm. Aux deux endroits, de grandes rangées de frênes ont été plantées il y a plusieurs années. Mais plusieurs représentants de l'espèce portent les stigmates de la maladie: les branches sont desséchées, les feuilles se raréfient et l'écorce laisse notamment entrevoir par endroits les galeries sinueuses forées par les larves.

La totalité du terre-plein de la rue Montcalm, qui s'étire du boulevard Leclerc à la rue Boivin, compte des frênes. «C'est inévitable, on va les perdre», a lancé mercredi Serge Drolet, en entrevue à La Voix de l'Est.

En moyenne, l'agrile tue un frêne en trois à cinq ans. Et l'attaque débute à partir de la cime.

La Ville est active dans ce dossier depuis 2012, car la progression de l'agrile au Québec est bien réelle. À Granby, la présence de l'insecte a été confirmée en 2013 par l'Agence canadienne d'inspection des aliments dans un parc de la rue Brignon.

Les frênes du terre-plein du boulevard Montcalm devront... (Alain Dion, La Voix de l'Est) - image 2.0

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Les frênes du terre-plein du boulevard Montcalm devront graduellement être abattus et remplacés par d'autres essences d'arbres, alors que les signes de la présence de l'agrile du frêne y sont bien visibles, note le coordonnateur en environnement à la Ville, Serge Drolet.

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Depuis quatre ans, une opération de dépistage par écorçage a entre autres été réalisée. Quelque 190 frênes ont été traités pour ralentir leur infestation. Un inventaire des frênes sur le domaine public a aussi été réalisé et a permis d'en dénombrer 1054, en excluant les vastes espaces verts, tels le parc Terry-Fox et les Boisés Miner. Certains arbres malades ont aussi été abattus et remplacés par d'autres essences variées. L'an passé, 12 frênes ont ainsi été coupés; cette année, ce nombre grimpera à une trentaine. Marqués d'un trait à la peinture rouge, les feuillus condamnés ont déjà été identifiés.

«Les villes ne plantent plus de frênes. Et elles varient les feuillus et les conifères. On ne verra plus de monoculture sur une rue, comme sur le boulevard Montcalm», souligne le coordonnateur en environnement.

Un inventaire des frênes en milieu privé est en outre en élaboration alors qu'un comité, le Comité frêne, a été formé et oeuvre en collaboration avec le Conseil québécois des espèces exotiques envahissantes.

Serge Drolet invite d'ailleurs les citoyens à répertorier les frênes sur leur propriété et à évaluer leurs options. Si moins de 20% de l'arbre est affecté, il est possible de le traiter avec un biopesticide. Mais si l'abattage de l'arbre doit être envisagé, c'est entre les mois d'octobre et avril que cela doit être fait, de façon à éviter la propagation de l'insecte durant la saison chaude.

Revalorisation

Les arbres ainsi coupés doivent prendre la direction de l'écocentre qui dispose de l'équipement nécessaire pour les réduire en copeaux. «Une fois [le frêne réduit]en copeaux, l'agrile meurt», note M. Drolet.

Selon lui, la Ville aimerait cependant participer au développement d'une filière pour la valorisation du bois de frêne. Certaines municipalités, dont Carignan, travaillent déjà de concert avec le secteur forestier pour trouver des débouchés rentables au bois contaminé.

La Ville a par ailleurs mis sur pied cette année un programme de subvention pour favoriser la plantation d'arbres. Celui-ci s'adresse à l'ensemble de la population, mais peut intéresser tout particulièrement les propriétaires qui souhaiteraient remplacer un frêne abattu. En vertu de ce programme, la Ville rembourse jusqu'à 50% des arbres achetés, jusqu'à concurrence de 100$.

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