Agressions dans des CHSLD: l'AQDR réclame un suivi plus serré

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Selon le président de la section locale de l'AQDR, Lucien Charette, ces attaques étaient peu ou pas prévisibles par le personnel des établissements.

Janick Marois, La Voix de l'Est

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Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Granby) Les deux agressions entre résidents survenues au cours des dernières semaines dans des centres d'hébergement et de soins longue durée (CHSLD) de Granby et rapportées en manchette de La Voix de l'Est ont vivement fait réagir la cellule granbyenne de l'Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées (AQDR), qui réclame un suivi plus serré des cas de maltraitance.

Rappelons que le 11 juillet dernier, une femme de 89 ans a été violemment attaquée par un homme s'étant introduit dans sa chambre à Villa-Bonheur. Puis, quelques jours plus tard, on apprenait qu'une septuagénaire demeurant au Centre Marie-Berthe-Couture avait été agressée à plusieurs reprises depuis la fin juin par un de ses voisins d'étage.

Selon le président de la section locale, Lucien Charette, ces attaques étaient peu ou pas prévisibles par le personnel des établissements. «On ne sait jamais comment les personnes peuvent réagir, surtout si elles souffrent d'Alzheimer ou de démence», note-t-il.

«C'est toujours du cas par cas, mais on remarque que c'est souvent graduel ou qu'il y a répétition. Il ne faut pas attendre que les conséquences soient graves», ajoute M. Charette.

L'AQDR affirme avoir pleinement confiance envers Villa-Bonheur et le Centre Marie-Berthe-Couture, qui ont pris immédiatement les mesures pour prévenir que de tels incidents ne se reproduisent plus. «Je sais que les employés sont très responsables et qu'ils font du mieux qu'ils peuvent», indique le président.

Privilégier l'agresseur

Toutefois, dans les deux cas, les directions d'établissement ont proposé aux victimes de déménager dans de nouvelles chambres, une solution qui s'avère plutôt un traumatisme supplémentaire, croit M. Charette. 

«On n'est pas supposés occasionner des changements à ces personnes vulnérables, souligne-t-il. Elles ont un environnement, ça les stabilise. En les changeant d'endroit, on peut les dérouter et les insécuriser davantage. Ça serait quand même plus simple de changer la porte que de changer la chambre.»

«Un déménagement pour une personne aînée est une source de stress, de peur, d'anxiété, même si cela est à l'intérieur de la même résidence. Ajoutez à cela une agression de la sorte qui est un traumatisme. Le message envoyé par la direction est de punir la victime et non l'agresseur», mentionne de plus l'AQDR, estimant que «ce n'est pas aux victimes de violence de s'ajuster à un nouvel environnement, mais bien plus aux agresseurs d'être encadrés de façon plus restrictive».

Ainsi, le ministère de la Santé et des Services sociaux devrait revoir ses protocoles, allègue l'organisme. «On ne veut pas dire aux gens quoi faire, mais puisque ces dossiers-là sont parvenus à nos oreilles, on veut qu'un suivi soit fait pour s'assurer qu'il y a eu amélioration», affirme M. Charette.

Culture du silence

Avec le vieillissement de la population, le nombre de cas de maltraitance ne devrait qu'augmenter, avance M. Charette. Se fiant sur deux études canadiennes, qui estiment que de 4 à 7 % des aînés seraient victimes de maltraitance, l'AQDR Granby, qui prend connaissance, en moyenne, d'un nouveau cas de maltraitance par semaine, chiffre entre 758 et 1374 le nombre de personnes susceptibles d'être maltraitées dans la MRC de la Haute-Yamaska, en 2016.

Et qui dit maltraitance dit malheureusement culture du silence, un silence persistant quand vient le temps de dénoncer les abus envers les aînés. Plusieurs craignent des représailles, que ce soit envers eux-mêmes ou envers la victime. C'est pourquoi ils se taisent ou ne témoignent que sous le couvert de l'anonymat. «Ça fait partie du vieillissement aussi, soulève M. Charette. Les gens, en vieillissant, veulent la quiétude et ne cherchent pas à brasser la cage.»

M. Charette invite quiconque étant victime ou témoin d'une situation de maltraitance à la dénoncer de façon confidentielle sur la Ligne Aide Abus Aînés au 1-888-489-2287.

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