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Le Zoo de Granby tenait un kiosque, vendredi, à l'occasion de la Semaine nationale des gardiens d'animaux. Nicole Lacerte, Alex Chardonnet, Ariane Saad et Carole-Anne Veillette (de gauche à droite) sont passionnés par leur métier.

Julie Catudal, La Voix de l'Est

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Marie-Élise Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) Le Zoo de Granby tenait un kiosque, vendredi, à l'occasion de la Semaine nationale des gardiens d'animaux. Méconnue du public, cette profession rallie les passionnés du monde animalier autour d'un objectif commun: conserver et valoriser la biodiversité. De quelle façon s'y prennent-ils? La Voix de l'Est vous propose une brève incursion dans le quotidien des gardiens d'animaux.

«Souvent, les gens vont réduire le travail de gardien d'animaux à des tâches d'entretien, mais c'est vraiment plus large que ça», mentionne Alex Chardonnet, coordonnateur adjoint aux soins animaliers du Zoo de Granby. La Semaine nationale des gardiens d'animaux a pour but de démystifier leur travail auprès du public.

«Ils vont bien sûr s'occuper de l'alimentation, des soins quotidiens. Mais ils vont pousser plus loin pour essayer d'optimiser le bien-être animal de nos espèces», poursuit-il, mentionnant entre autres manoeuvres l'entraînement biomédical, l'enrichissement animalier et l'aménagement de milieux naturels adapté aux besoins spécifiques de chaque espèce.

Manoeuvres privilégiées

L'entraînement biomédical, d'une part, vise à réduire les anesthésies. Autrement dit, examiner l'animal sans l'endormir. «Donc le gorille va se présenter, on va faire l'injection, écouter son coeur, laver ses dents, prendre la température dans ses oreilles», énumère le coordonnateur. Cette série de soins permettra aux gardiens d'assurer un bon suivi de l'animal au quotidien.

Quant à l'enrichissement animalier, il a pour but de reproduire un comportement naturel en milieu captif. «Par le passé, les gardiens d'animaux donnaient la nourriture dans des gamelles. Maintenant c'est vraiment de dire, la nourriture je vais la disperser dans le gazon, je vais la cacher dans une boîte de carton, en hauteur, dans les souterrains. Ça permet vraiment à l'animal de sentir, d'utiliser ses habiletés pour trouver sa nourriture», explique le coordonnateur.

L'impact de cette technique est notable. «Tous les comportements stéréotypés qu'on voyait dans les jardins zoologiques des années 80-90 sont réduits», confirme Alex Chardonnet.

Enfin, les habitats qui accueillent les animaux sont calqués, dans la mesure du possible, sur leur milieu naturel. «Si on a une espèce qui est arboricole, on va s'assurer d'avoir de la hauteur dans son habitat, des endroits pour pouvoir suspendre les enrichissements (NDLR: Dans le cas de macaques, il peut s'agir de glaçons aux fruits et à la moulée), on va vraiment utiliser l'espace qu'on a pour pouvoir s'adapter à l'espèce», rappelle le coordonnateur.

Il croit que chaque spécimen a droit à la même attention. «De l'éléphant à la rainette en vivarium!» dit-il.

Pas des animaux, des «individus»

Ariane Saad est du même avis. «J'ai la chance de travailler avec des animaux qui sont en voie d'extinction. C'est pour ça que je suis allée en santé animale, c'est pour ça que je suis ici, c'est parce que j'aimerais ça pouvoir dire que c'est fini, les extinctions d'espèces», espère la technicienne en santé animale.

La reproduction en captivité, dit-elle, pourrait permettre de réintroduire des espèces dans la nature. «C'est à ça qu'on sert, aussi!» ajoute la jeune femme.

Au Zoo de Granby, les gardiens ont tellement à coeur le bien-être des animaux qu'ils les appellent des «individus». «Quand je rentre, c'est ma Telma, ma Louise, ma Snowflake», confirme Ariane Saad, nommant deux vaches et un léopard des neige dont elle s'occupe.

Les gardiens reconnaissent même le comportement de chaque spécimen. «On est comme les yeux du vétérinaire», image Ariane Saad. «Dès que le vétérinaire approche, les animaux le ressentent. Nous, ils nous voient comme la personne qui amène la nourriture. On est là, on prend soin d'eux, ils nous voient à tous les jours. Donc ils n'auront pas tendance à cacher leur comportement normal», explique-t-elle.

Le gardien qui remarque qu'un animal n'a pas le même appétit qu'à l'habitude, par exemple, en fera mention au vétérinaire. «Le succès de l'équipe est basé sur la collaboration et sur les connaissances de chacun», complète Alex Chardonnet.

Expertise

Pendant la période estivale, le Zoo de Granby emploie 40 gardiens d'animaux qui exercent diverses professions allant de technicien en santé animale à biologiste. Il arrive d'ailleurs fréquemment que ces spécialistes exportent leurs connaissances à l'international.

En septembre prochain, deux gardiens du Zoo de Granby présenteront ainsi une conférence au congrès annuel de l'Association des Zoos et Aquariums (AZA) pour parler de l'introduction des macaques dans leur nouvel habitat.

«C'est beaucoup d'étude de comportement, c'est d'y aller progressivement, c'est d'aller au rythme des animaux et non pas au rythme auquel nous, on voudrait aller», spécifie Alex Chardonnet. «Notre but, c'est d'être des ambassadeurs du milieu naturel», résume-t-il.

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