JEM 2018: Bromont doit se désister

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Bromont ne prendra pas le relais à la Normandie, qui a organisé les derniers Jeux équestres mondiaux en 2014, pour l'organisation de la prochaine édition de l'événement.

Philippe Millereau, KMSP

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Bromont) C'est officiel. La crème des cavaliers des quatre coins du globe ne convergera pas vers Bromont en 2018. Le comité organisateur de l'événement, de concert avec la Fédération équestre internationale (FEI), ont tiré un trait définitif sur le projet de longue haleine, vendredi.

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«C'est une décision qui a été difficile à prendre et difficile encore aujourd'hui à accepter», a lancé en point de presse le président intérimaire du conseil d'administration du COJEM, Rosaire Houde. 

Janick Marois, La Voix de l'Est

Le «gramme d'espoir» de tenir les mondiaux équestres à Bromont, évoqué il y a à peine une semaine par le président intérimaire du conseil d'administration du COJEM, Rosaire Houde, vient de s'envoler.

«Ce n'est pas de gaieté de coeur que je vous reçois, a-t-il lancé d'entrée de jeu en point de presse. C'est une décision qui a été difficile à prendre et difficile encore aujourd'hui à accepter. (...) Donc, tristesse. On perd une occasion de montrer Bromont, les Cantons-de-l'Est, le Québec, le Canada au monde entier.»

Plusieurs indicateurs laissaient présager une telle fin. L'organisation des Jeux peinait à susciter la ferveur des citoyens depuis le jour un. Le projet de manège équestre avait même soulevé la grogne au sein de la population, obligeant les architectes à retourner à la table à dessin.

En avril, le président-directeur général du COJEM, Luc Fournier ainsi que quatre membres du conseil d'administration avaient quitté le navire. Sans compter les bailleurs de fonds privés qui n'étaient pas au rendez-vous. Seul l'horloger suisse Longines, affilié à la FEI, a accordé un peu plus de 3 M$. Bien maigre pour boucler un budget de commandites avoisinant 40M$.

D'ailleurs, la fédération avait fixé la date butoir du 15 juillet afin que le comité organisateur de l'événement recueille 25 M$ pour garder la tête hors de l'eau. Ce qui ne s'est pas concrétisé.

Ultime obstacle

Le COJEM souhaitait également avoir la confirmation que le gouvernement fédéral contribuerait «au minimum» à la hauteur de Québec aux Jeux, soit 8 750 000$. Une rencontre en ce sens avait eu lieu avec la ministre du Sport et des Personnes handicapées, Carla Qualtrough, en mars.

Comme l'a annoncé en primeur La Voix de l'Est le 13 juillet, le refus d'Ottawa de supporter financièrement les Jeux a certes été l'ultime obstacle. M. Houde ne jette toutefois pas la pierre à l'appareil politique canadien pour cet échec. «Que le gouvernement fédéral n'embarque pas complexifie énormément l'organisation des Jeux, a-t-il concédé. Mais ce n'est pas le fédéral qui doit être imputé de la responsabilité, ni [Bromont], ni le gouvernement provincial. C'est le conseil d'administration du COJEM.»

Les propos du président de la FEI, Ingmar De Vos, vont dans le même sens. «Nous étions au courant depuis un certain temps que l'équipe de Bromont était confrontée à des difficultés financières. Nous avons fait de notre mieux pour offrir un soutien dans ces temps difficiles, mais malheureusement, le conseil d'administration du COJEM n'a pas été en mesure de mettre en place une stratégie de financement et de parrainage réaliste», a-t-il indiqué par voie de communiqué.

La mairesse de Bromont, Pauline Quinlan est aussi... (Janick Marois, La Voix de l'Est) - image 3.0

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La mairesse de Bromont, Pauline Quinlan est aussi d'avis que, malgré le contexte économique difficile, la municipalité avait «l'ADN» pour mener un tel projet à bon port. 

Janick Marois, La Voix de l'Est

Trop ambitieux?

Bromont a-t-elle vu trop grand en posant sa candidature pour les Jeux équestres mondiaux? Rosaire Houde croit que non. «Des ambitions trop grandes et qu'on soit trop petit pour faire n'importe quoi, je n'achète pas ça. C'est sûr que pour une communauté comme Bromont, c'était un défi supplémentaire. Ce n'est pas une ville de l'ampleur de Montréal ou de Sherbrooke. [Ici], il n'y avait personne qui pouvait absorber un déficit s'il y en avait un. Mais c'est une réalité, pas un reproche.»

La mairesse de Bromont, Pauline Quinlan est aussi d'avis que, malgré le contexte économique difficile, la municipalité avait «l'ADN» pour mener un tel projet à bon port.

«En 1976, Bromont a accueilli les meilleurs cavaliers du monde durant les Olympiques. La ville a grandi grâce au monde équestre. Et encore aujourd'hui, on tient des événements de classe mondiale ici, a-t-elle fait valoir en entrevue, faisant le parallèle avec l'International Bromont qui se déroule en ce moment. (...) Ce qui arrive avec les Jeux, c'est triste. Mais il faut regarder en avant.»

Le budget global des Jeux équestres mondiaux avoisinait 100 M$. Près de 2M$ des contribuables québécois ont été investis dans l'aventure. Pour sa part, Bromont s'était engagée à la hauteur de 2 M$ sur quatre ans. À ce jour, 400 000$ ont été versés. À cela s'ajoute une enveloppe d'environ 200 000$ pour la mise en candidature.

Malgré cette occasion ratée, Mme Quinlan estime que chaque dollar déboursé par les Bromontois a porté ses fruits localement. «Moi, je pense qu'il y a eu une activité économique quand même», a-t-elle indiqué.

Plan B

Bromont n'est pas la première ville qui se désiste depuis la tenue des premiers Jeux équestres mondiaux, en 1990. L'Irlande avait fait de même à moins de deux ans des épreuves de 1998, qui se sont finalement déroulées dans la capitale italienne.

La Voix de l'Est avait questionné la FEI il y a quelques jours au sujet d'un éventuel plan B pour la tenue des compétitions en 2018. En vain. Le président de la FEI a réitéré par voie de communiqué qu'aucune avenue n'est confirmée pour le moment.

«Il n'est bien entendu facile pour aucun comité d'organisation de mettre sur pied un événement de cette ampleur dans un délai de deux ans, a soutenu M. De Vos (...) Nous sommes confiants [sic] qu'une solution viable sera trouvée.»

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