Attaque d'un chien: l'animal toujours considéré dangereux

En attendant l'évaluation vétérinaire de «Rocky», la municipalité... (Janick Marois, La Voix de l'Est)

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En attendant l'évaluation vétérinaire de «Rocky», la municipalité de Saint-Paul-d'Abbotsford continue de le considérer comme étant dangereux.

Janick Marois, La Voix de l'Est

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Jérôme Roy
La Voix de l'Est

(Saint-Paul-d'Abbotsford) Le chien qui a sévèrement blessé une cycliste au mollet à Saint-Paul-d'Abbotsford est toujours en quarantaine. La municipalité espère qu'un médecin de la Faculté de médecine vétérinaire de Saint-Hyacinthe pourra évaluer le comportement de «Rocky» la semaine prochaine.

«Le chien est toujours sous notre garde, il a un comportement tout à fait adéquat pour le moment. Il n'y a aucun signe de maladie physique apparent», rapporte Daniel-Éric Saint-Onge, directeur général de Saint-Paul-d'Abbotsford.

L'animal ne montre donc actuellement aucun signe laissant croire qu'il soit atteint de la rage, mais le diagnostic final ne sera connu qu'à la fin de la quarantaine de dix jours. Pour l'heure, le chien serait même «plutôt doux» selon M. Saint-Onge. Il insiste cependant pour rappeler qu'une dame a été mordue et souhaite un prompt rétablissement à celle-ci.

Évaluation obligatoire

Aucune chance, donc, que«Rocky» soit libéré avant d'être évalué, assure le directeur général de Saint-Paul-d'Abbotsford. Le chien sera considéré comme dangereux tant et aussi longtemps qu'il ne sera pas évalué. Et cette évaluation pourrait bien ne pas survenir avant la fin de la quarantaine.

«Malheureusement, le docteur qu'on avait est parti en voyage pour un mois, ça fait qu'on est en train d'essayer d'avoir un rendez-vous avec un autre, explique M. Saint-Onge. [...] Ce n'est pas grave, la garde de chien dangereux est tout de même prohibée sur le territoire de la municipalité. Ça fait qu'il va demeurer sous la garde de la municipalité ou de la SPCA, on verra rendus là».

En ce qui concerne la race du chien, Daniel-Éric Saint-Onge a lancé la serviette.

«On nous confirme qu'on ne peut pas identifier le chien formellement pour la race, puisqu'il n'y a aucun laboratoire au Québec qui est certifié, même au point de vue ADN, de confirmer la race d'un chien. [...] On va simplement nous, l'identifier, le traiter comme un chien dangereux qui a attaqué des êtres humains», précise-t-il, indiquant toutefois que l'évaluation vétérinaire pourrait permettre d'obtenir quelques réponses à ce sujet.

Facture salée à l'horizon?

Une fois cette évaluation terminée, un rapport sera rédigé pour déterminer le sort de «Rocky»... et de son propriétaire.

«Il y a une enquête toujours en cours au niveau du service d'urbanisme. Il y a des possibilités d'émission de constats d'infraction, mais en date d'aujourd'hui, je ne peux pas vous confirmer ce qui va être fait ou non au niveau de l'émission des constats, explique le directeur général de Saint-Paul-d'Abbotsford. [...] Si le chien était sans médaille, c'est une infraction. Si le chien était en liberté, c'est une infraction. Si le chien a attaqué, c'est une infraction. Donc c'est possible qu'il y ait un cumul d'infractions».

Les amendes peuvent varier de 100 $ à 1000 $, mais déjà, une facture attend le maître de «Rocky». Il devra payer 60 $ pour la capture de la bête, 60 $ pour sa garde et 15 $ par jour de garde supplémentaire à la municipalité.

En attendant le verdict final - que M. Saint-Onge souhaite rapide malgré les élections de dimanche -, le propriétaire du chien ne s'est pas manifesté auprès des autorités municipales.

«Le propriétaire avait, bien sûr, les coordonnées pour me rejoindre à l'hôtel de ville, ce qui n'a pas été fait. Je pense qu'il a convenu que la quarantaine était pour être faite par la municipalité. Je n'ai pas eu d'opposition, je n'ai pas eu de revendication à l'hôtel de ville», résume M. Saint-Onge.

Avez-vous votre médaille?

Par contre, d'autres propriétaires se sont manifestés. Le directeur général de Saint-Paul-d'Abbotsford raconte que depuis l'attaque de mardi, quelques-uns ont appelé pour s'informer de la réglementation et deux se sont procuré des médailles.

M. Saint-Onge rappelle que celles-ci facilitent grandement les démarches lorsqu'un chien errant est trouvé, ce qui arrive une dizaine de fois par année. «On espère que ça va sensibiliser un peu les gens», lance-t-il.

La victime récupère bien

La violente morsure de «Rocky» n'a pas immédiatement fait mal à Jacqueline Gaudette lorsqu'elle a eu le malheur de croiser la route du chien sur une piste cyclable, mardi à Saint-Paul-d'Abbotsford.

«Quand j'ai vu ça, j'ai dit: "Mon Dieu, qu'est-ce qui m'arrive?" Parce que je n'avais senti aucune douleur. J'ai vu le chien s'en venir et après ça j'ai senti son museau froid sur ma jambe. Et là, j'avais juste l'intention de me sauver», se souvient la Maskoutaine.

Elle raconte que son mari, Roger, s'est ensuite interposé avec son vélo lorsqu'il a constaté que le chien l'attaquait. La bête n'avait rien d'un gentil toutou à ce moment. «Le chien jappait, il voulait vraiment chercher à me mordre. [...] Dès que Roger voulait avancer, venir me voir, le chien revenait à nouveau.»

C'est une fois en sécurité qu'elle a constaté l'ampleur de la blessure que lui avait infligée «Rocky» et qu'elle s'est sentie faiblir.

22 points de suture

Pour traiter sa «très profonde» blessure, il aura fallu 22 points de suture. Mme Gaudette craignait une infection, mais a tout de même pu enlever son pansement vendredi en dépit de quelques saignements. La dame de Saint-Hyacinthe ne rapporte pas d'enflure ou de rougeur sur son mollet et peut marcher en prenant soin de reposer sa jambe. Par contre, elle doit se priver du soleil et de sa piscine pour le moment.

«Ça va de mieux en mieux. Ça guérit bien, indique-t-elle. Je fais attention et je suis les conseils du médecin. J'ai eu de très bons soins, autant les ambulanciers qu'à l'hôpital de Granby. J'ai été très choyée.»

Sereine pour le moment

D'ailleurs, son moral semblait plutôt solide lorsqu'elle a répondu aux questions de La Voix de l'Est, vendredi. «Je suis outillée pour gérer ça. Ça ne veut pas dire que je suis exempte [...]. Je suis consciente de tout ce qui aurait pu arriver, mais je me trouve privilégiée», résume la dame avec beaucoup de sérénité.

D'ailleurs, d'éventuelles poursuites judiciaires ne sont pas exclues. «J'y pense. Mon conjoint y pense beaucoup aussi. Mais moi, ma préoccupation, pour l'instant, c'est de guérir. Après ça, le plan B, on verra qu'est-ce qu'on décide et si on décide de poursuivre ou non», conclut-elle.

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