Empiètements dans les Boisés Miner

Des structures de jeux pour enfants, des dalles... (fournie par la ville de Granby)

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Des structures de jeux pour enfants, des dalles de terrassements et des cuves de camping pour faire des feux à ciel ouvert se trouvent à l'intérieur du périmètre de la future réserve naturelle.

fournie par la ville de Granby

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Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Granby) Des propriétaires de terrains privés attenants aux Boisés Miner à Granby empiètent dans la future réserve naturelle. Cabanons, cordes de bois, plates-bandes, structures de jeux d'enfants, dalles de ciment, des inspections menées depuis l'automne dernier ont permis de recenser plusieurs problèmes.

«On a vu toutes sortes de choses», souligne Patrick Paré, directeur conservation et recherche au Zoo de Granby. «Des gens ont installé des foyers dans les boisés, ont prolongé leur terrassement, ont laissé des pneus, des bouts de clôture de plastique. Des gens coupent leur gazon et jettent les rognures dans les boisés. Des sacs pleins. Ça souille les boisés», explique le biologiste.

En compagnie d'autres employés du Zoo, M. Paré a fait équipe avec la Ferme Héritage Miner pour inspecter les périmètres des boisés au nom de la Ville de Granby. Leur but: s'assurer que l'intégrité des boisés est bien protégée. Quatre inspections ont été réalisées depuis 2015 sur la centaine de lots privés qui ceinturent l'immense parc municipal.

Les terrains contigus à la réserve naturelle dans les rues Léger, King, Harvey, George-Slack et John-Dwyer ont tous été inspectés. Tous les propriétaires ont reçu à la fin du mois d'avril une lettre de la Ville les avisant de respecter les limites de la réserve naturelle. Six photos montrant des empiètements ont été jointes à la missive.

Le développement des terres Martel au sud des Boisés Miner est en cours depuis trois ans, fait remarquer Manon St-Louis, présidente du conseil d'administration de la Ferme Héritage Miner. Mais des citoyens des rues Léger et Harvey ont leur propriété adossée aux Boisés Miner depuis une trentaine d'années, dit-elle. Cette bande de terre appartenait auparavant à la famille Lubecki; avec le temps, pense-t-elle, certains propriétaires ont empiété dans les boisés. «La nature a horreur du vide», dit-elle en guise de métaphore pour expliquer leur propension à étendre leur propriété.

Une inspection réalisée en juin par les équipes du Zoo et de la Ferme Héritage Miner a permis de recenser les endroits où aucun correctif n'avait été apporté. Un rapport complet a été déposé à la Ville, a dit Mme St-Louis. Il appartient à celle-ci d'aviser les propriétaires fautifs pour qu'ils respectent les limites de la réserve naturelle, a-t-elle dit. «Nous avons remis un rapport à la Ville. C'est à la Ville d'assurer un suivi.»

Le rapport est à l'étude, indique Serge Drolet, coordonnateur en environnement à la Ville de Granby. Il n'a pu dire quelles actions seraient entreprises à l'encontre des propriétaires délinquants. «On n'a pas pris position à savoir ce que nous allions faire. On doit encore en discuter.»

Profiter des boisés

Il est possible de profiter des boisés sans les menacer, croit M. Paré. Les enfants peuvent même s'y aventurer pour s'amuser, dit-il. «Il faut que les enfants jouent dans les boisés. Ils peuvent construire des camps. Mais il faut qu'ils utilisent du bois et des branches mortes, il n'y a pas de problème. Tant qu'ils ne prennent pas de clous qui vont rouiller... Il ne faut pas altérer les lieux.»

Peu de risques d'incendie

Les pompiers de Granby sont intervenus lundi en fin d'après-midi dans les Boisés Miner dans le secteur de la rue John-Dwyer pour éteindre un début d'incendie. Deux adolescents «ont fait une expérience avec une loupe et le soleil», explique Dany Drolet, chef à la formation au service des incendies de Granby.«Il n'y avait pas de flammes, mais de la fumée. Nos pompiers l'ont éteint avec de l'eau», a-t-il dit. Comme c'est la pratique courante du service, les pompiers ont discuté avec les deux jeunes des dangers des feux à ciel ouvert. L'incident a été rapporté au service de police puisqu'il s'agit d'une violation des règlements municipaux.

Bon an, mal an, les pompiers granbyens sont appelés une dizaine de fois à intervenir dans des parcs de la ville pour éteindre des feux à ciel ouvert. Les secteurs de l'école secondaire J.-H.-Leclerc et de la passerelle Miner reviennent le plus souvent, a dit M. Drolet. «Ce sont des expériences de jeunesse. Ils font des feux et parfois, ça dégénère un peu.»

Les risques qu'un incendie important se déclare dans les boisés Miner où dans un autre parc sont minimes, estime le pompier, en raison du peu de conifères présents. Les feuillus peuvent brûler, dit-il, mais le feu met plus de temps à les attaquer. Il est improbable que les pertes soient importantes en cas d'incendie dans un des parcs, selon lui.

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