Le projet de superclinique à Granby mis sur la glace

Plutôt que de lancer un projet de superclinique,... (Alain Dion, La Voix de l'Est)

Agrandir

Plutôt que de lancer un projet de superclinique, le CIUSSS de l'Estrie compte réorganiser les services de la clinique d'accès, rue Saint-Jacques.

Alain Dion, La Voix de l'Est

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Granby) Aucune superclinique ne sera implantée à court terme à Granby, a appris La Voix de l'Est. Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l'Estrie travaille plutôt à réorganiser en profondeur les opérations de la clinique d'accès. L'établissement de la rue Saint-Jacques, dont le bail vient d'être renouvelé pour un an, devrait ouvrir à raison de 40 h par semaine d'ici octobre.

Le président de l'AMOY, Dr Jacques Bergeron, est... (Janick Marois, La Voix de l'Est) - image 1.0

Agrandir

Le président de l'AMOY, Dr Jacques Bergeron, est d'avis que la région n'a actuellement pas les effectifs médicaux nécessaires pour faire fonctionner une superclinique. 

Janick Marois, La Voix de l'Est

«Le projet de superclinique à Granby a été pris très au sérieux. Mais il faut être réaliste. On pense ne pas être capables de répondre aux critères pour garder l'accréditation de clinique réseau. Alors, on préfère trouver un plan B», a indiqué en entrevue le président de l'Association des médecins omnipraticiens d'Yamaska (AMOY), Dr Jacques Bergeron.

Rappelons que le concept des groupes de médecine de famille (GMF) est à la base des supercliniques. Ce nouveau type d'établissement de soins de santé doit toutefois offrir plus de services tout en respectant des contraintes. Ainsi, pour garder leur statut, les supercliniques doivent notamment ouvrir leurs portes 12 heures par jour, la semaine durant. Un minimum de 20 000 consultations par an devra être maintenu. De plus, les patients peuvent obtenir un rendez-vous jusqu'à trois heures avant la fermeture. Un centre de prélèvements doit aussi être aménagé sur les lieux. Les services de radiographie et d'échographie doivent être offerts sur place, ou dans un édifice avoisinant. De son côté, Québec s'engage à bonifier son soutien financier puis le personnel infirmier.

Effectifs

«Dans la région de Granby et Cowansville, il y a assez de médecins pour une superclinique. Mais je ne peux pas leur tordre un bras. Ce sera à eux d'embarquer dans le train», avait mentionné à La Voix de l'Est le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, lors du lancement du projet en avril. Le Dr Bergeron n'est pas du même avis. «En ce moment, je ne crois pas que l'on aurait les effectifs dans la région pour faire fonctionner une superclinique, a-t-il fait valoir. Granby compte quatre GMF et chacun d'eux donne des services de sans rendez-vous. La journée où les médecins pratiqueraient à la clinique réseau, ils ne seraient plus présents pour leurs patients. C'est un peu paradoxal.»

Le ministre de la Santé prévoit que 50 supercliniques verront le jour à travers le Québec d'ici 2018. Le président de l'AMOY estime que cette cible sera difficile à atteindre.

En ce sens, le Dr Bergeron a concédé que l'obligation d'offrir des plages horaires prolongées dans les cliniques réseau, même le week-end, a «refroidi» bien des omnipraticiens. «L'accessibilité aux soins de santé, c'est une question d'équilibre, a-t-il dit. Je crois qu'on peut l'augmenter dans nos GMF. La demande peut fluctuer au cours de l'année. En période de pointe, il faudra être capables de s'adapter.»

Transition

Plutôt que d'embarquer dans un projet de clinique réseau ici, le CIUSSS de l'Estrie préconise l'approche des petits pas. «La marche était trop grande pour un projet de superclinique. On s'est donné un an pour évaluer tout ça, a fait valoir Dr Michel Camirand, directeur adjoint des services professionnels du CIUSSS de l'Estrie. En attendant, on veut bonifier la clinique d'accès. On veut doubler le nombre de patients, en le faisant passer de près de 2000 à 4000, et en triplant le nombre de visites annuelles.» L'organisation veut par le fait même diminuer de 4000 le nombre de visites à l'urgence.

Rappelons que lors de l'inauguration de la clinique d'accès en 2011, un objectif de 4000 visites par année avait été fixé. La clinique d'accès granbyenne a deux employées à temps plein: une agente administrative et une infirmière. Huit médecins y pratiquent en moyenne trois jours par semaine, soit l'équivalent de trois omnipraticiens à temps complet. L'établissement n'a jamais offert le rendement escompté. En 2014, 1739 visites y ont été enregistrées et 2015 s'est avéré similaire à ce chapitre. En raison de cette performance décevante, Granby avait stoppé en septembre 2014 son aide financière de 120 000$ à la clinique d'accès, soit la moitié du budget annuel de l'organisation.

Pour atteindre la nouvelle cible, la clinique de la rue Saint-Jacques sera ouverte à raison de 40 h par semaine à partir d'octobre. Une vingtaine de médecins devront emboîter le pas pour y parvenir. Selon les plus récentes données de l'AMOY, une centaine d'omnipraticiens sont actifs à Granby. «On a les effectifs pour y parvenir et il faut convaincre les médecins d'embarquer. C'est un gros défi! , a lancé le Dr Camirand. Sur le plancher des vaches, il va falloir que ça fonctionne notre affaire.»

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer