Opération Muraille: un premier accusé reçoit sa sentence

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Le ranch habité par Benoît Morin a fait l'objet d'une rafle policière, le 29 juin. Il est la propriété d'André Madore, l'une des têtes dirigeantes d'un présumé réseau de trafiquants de drogue.

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) Le tribunal a condamné, lundi, un premier accusé arrêté dans le cadre de l'opération Muraille. La rafle policière chez les trafiquants de drogue avait permis l'arrestation de 54 suspects en Montérégie et en Estrie, le 29 juin.

Parmi eux, Benoît Morin faisait face à des accusations de possession de cannabis et d'arme sans permis. L'homme de 37 ans habitait le ranch d'André Madore, l'une des présumées têtes dirigeantes du réseau, situé sur le Petit Rang 3 à Roxton Falls.

Selon son témoignage, M. Morin s'occupait des chevaux et de l'entretien général de l'endroit. Bénéficiaire de l'aide sociale, il a soutenu ne pas être rémunéré pour ces tâches. Il n'occupe pas d'emploi officiel depuis 20 ans.

La rafle policière avait permis la saisie de trois kilos de feuilles de cannabis placées dans différents sacs dans son appartement, ainsi que d'une carabine non enregistrée. M. Morin était aussi en probation à la suite d'une précédente condamnation. La preuve policière ne pouvait toutefois établir qu'il faisait du trafic ou qu'il était impliqué dans le réseau de trafiquants.

«J'ai pas d'affaire là-dedans, a-t-il dit du box des accusés, vendredi. Je veux m'en aller chez mes parents et changer de personne, trouver un travail.»

Son avocate, Me Catherine Cantin-Dussault, a ajouté que son client a souffert par le passé de «troubles très graves de consommation de métamphétamines et de cannabis» et qu'il ne s'agissait que d'un «événement isolé».

«Étrange suggestion»

Pour ces raisons, la Couronne et la défense s'étaient entendues pour une peine de six mois de prison. Suggestion qui a fait sourciller le juge Serge Champoux, de la Cour du Québec, qui la trouvait manifestement trop clémente. «Un bris de sursis, trois kilos de cannabis, et seulement six mois de prison? Je vais réfléchir à votre étrange suggestion», a-t-il déclaré le 8 juillet.

Trois jours plus tard, le magistrat a finalement entériné la suggestion de Me Cantin-Dussault et du ministère public, représenté par Me Caroline Meilleur. En précisant toutefois qu'il s'agit d'une sentence «à la limite de l'acceptable» et qu'elle envoie «un curieux message» à la population.

À sa sortie de prison, Benoît Morin sera assujetti à une nouvelle probation d'un an où il lui sera notamment interdit de communiquer avec les accusés de l'opération Muraille, dont les présumées têtes dirigeantes, André Madore, Richard Skinner et Jean-Maurice Viens. Il lui sera aussi interdit de consommer des drogues ou de posséder des armes.

Les dossiers des autres accusés reviennent devant la cour le 19 juillet, au palais de justice de Sherbrooke. Certains pourraient ensuite être transférés à Granby.

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