Granby achètera un bateau-faucardeur pour 250 000 $

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Un bateau spécialement conçu faucardera les plantes aquatiques à 30 centimètres de la surface du lac Boivin et ramassera les résidus.

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Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Granby) La Ville de Granby pourra faucarder les plantes envahissantes dans le lac Boivin. L'administration municipale a reçu cette semaine l'accord du ministère de l'Environnement pour procéder à une telle intervention.

Les opérations de faucardage seront réalisées cet automne sur 10,8% de la superficie du lac, soit au moment où la faune aquatique est moins active, a indiqué le maire Pascal Bonin. Les plantes ainsi que les algues filamenteuses seront faucardées à 30 centimètres de la surface de l'eau. La section visée se trouve du côté nord du lac, entre la rue Quévillon et le quai flottant près du restaurant McDonald.

«C'est un coin où on a beaucoup de citoyens qui s'adonnent à des activités récréotouristiques. Des gens pêchent, font du canot et du kayak. C'est là qu'on voulait commencer», a-t-il dit en entrevue vendredi.

Pour accomplir le travail, la Ville procédera à l'acquisition d'un bateau spécialement conçu pour sectionner les algues et les ramasser au fur et à mesure. Un appel d'offres est en préparation pour solliciter des propositions de fabricants de telles embarcations, a dit M. Bonin. «On a regardé si on pouvait louer un bateau, mais c'est très compliqué et franchement, on n'économiserait pas grand-chose. On est mieux d'en acheter un qu'on va pouvoir utiliser.»

Donner une chance au lac

Des opérations de faucardage sont également planifiées pour le printemps et l'automne 2017, a dit le maire. Des analyses seront effectuées pour déterminer comment l'écosystème réagira aux opérations, a-t-il dit.

«En enlevant toute cette masse de plantes, on pense que ça va donner une chance au lac. Mais il faut qu'on voit comment ça va affecter le lac. Est-ce que les algues repoussent? Est-ce qu'elles se régénèrent? Est-ce que la concentration de phosphore dans l'eau va être réduite? Tout ça va être analysé.»

Avant de procéder au faucardage en 2017, la Ville devra toutefois obtenir le consentement du ministère de l'Environnement, a reconnu le maire. Les demandes de certificats d'autorisation seront envoyées longtemps à l'avance, a-t-il dit.

Le gouvernement fédéral est également concerné par le faucardage dans le lac Boivin. Le fait qu'un bateau à moteur sera utilisé pour faire le travail explique qu'Ottawa a son mot à dire. Le député de Shefford à la Chambre des communes, Pierre Breton, a plaidé la cause de la Ville auprès des autorités, a dit M. Bonin.

Les responsables des communications au ministère des Transports fédéral ne nous ont pas rappelés vendredi.

Bateau et convoyeur

L'achat d'un bateau spécialement conçu pour faucarder des plantes aquatiques coûte environ 250 000$, selon les estimations du maire. M. Bonin a discuté l'automne dernier avec un représentant de la compagnie ontarienne Aquamarine qui fabrique des bateaux de type aquatic weed harvester. Le prix comprend un convoyeur qui ramasse les plantes au fur et à mesure qu'elles sont coupées et une barge.

Le faucardage s'inscrit dans un plan adopté l'année dernière par le conseil pour améliorer la santé du lac Boivin aux prises avec des épisodes de cyanobactéries et d'algues envahissantes. Une série de mesures est proposée pour réduire le taux de phosphore dans le lac. Il est ainsi prévu d'aménager des marais filtrants, des bassins de rétention ainsi que des fossés pour capter le phosphore et les sédiments. Un montant de 2,2 à 2,6 millions de dollars pourrait être investi dans les 15 prochaines années.

C'est une embarcation de ce genre que la... (tirée du site aquamarine.ca) - image 2.0

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C'est une embarcation de ce genre que la Ville de Granby veut acheter pour procéder au faucardage du lac Boivin. 

tirée du site aquamarine.ca

Un coup de dés réussi

Il s'agit d'une victoire politique du conseil municipal. Les élus avaient en effet décidé au printemps d'accepter qu'une étude sur la provenance et la quantité de phosphore qui se jettent dans le lac Boivin soit réalisée, mais en autant que le ministère de l'Environnement accepte que la Ville débute des travaux de faucardage.

Habituellement, le Ministère n'accède pas à de telles demandes, privilégiant le cumul de données scientifiques avant de permettre des interventions directes dans un cours d'eau.

Le coup de dés a fonctionné, soutient le maire Pascal Bonin. Bon joueur, il a quand même remercié les fonctionnaires provinciaux pour leur ouverture. «Ils nous font confiance et on doit les remercier pour ça», a-t-il dit.

M. Bonin est convaincu qu'une double approche, c'est-à-dire de procéder au faucardage tout en continuant d'étudier le bassin versant du lac Boivin, convaincra la population du sérieux de la démarche. «Si les gens ne sont pas en mesure de voir qu'il y a des actions sur le terrain de poser, ils vont décrocher, ils ne croiront plus que c'est possible d'améliorer notre lac. Ils veulent qu'on bouge.»

L'étude, qui visera la rivière Yamaska Nord et les ruisseaux Bouchard et Ostiguy, sera menée de pair par l'Organisme bassin versant Yamaska, l'Institut de recherche et de développement en agroenvironnement et le club-conseil Gestrie-Sol. La Ville s'engage à débloquer 72 219$ pour l'étude alors que l'IRDA y injectera 31 925$.

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