« Préhos » au service des paramédics: une technologie unique

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Le co-fondateur de Préhos, Michael Dubé.

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Karine Blanchard
La Voix de l'Est

(Granby) Les paramédics de l'entreprise Dessercom, dont ceux de Granby, utilisent une nouvelle technologie unique au monde: Préhos. Ce système permet aux intervenants de première ligne de collecter toutes les informations relatives à leur patient et à leur intervention sur tablette et téléphone intelligent, ce qui permet de sauver en moyenne de 10 à 15 minutes par appel.

«C'est une solution technologique qu'on a développée qui couvre l'entièreté du quart de travail du paramédic, dont l'inspection mécanique, l'inspection des équipements, la gestion des médicaments dans les armoires, jusqu'à la prise en charge des cartes d'appel, donc tout ce qui est cartographié en temps réel, le statut des hôpitaux, les trajets pour se rendre au patient. Tout ça est dans l'objectif d'offrir un service qui est plus direct au patient», explique Michael Dubé, cofondateur de Préhos.

«Il n'y a pas un seul produit comme celui-là au monde. C'est un produit unique», renchérit Stéphan Scalabrini, directeur des opérations pour le secteur Ouest de la compagnie ambulancière Dessercom qui a notamment un point de service à Granby. L'entreprise, qui possède 20 points de service au Québec, a initié et financé le développement de l'outil technologique.

Au début du quart de travail, chaque paramédic s'équipe d'un iPhone et d'un iPad - les appareils communiquent entre eux- qui peuvent être placés dans l'ambulance ou même accrochés sur la civière. Grâce au scanner de leur appareil, ils font l'inventaire de la médication. Ils remplissent aussi l'inspection mécanique et en cas de bris, ils peuvent joindre une photo à leur rapport.

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Au début du quart de travail, chaque paramédic s'équipe d'un iPhone et d'un iPad qui peuvent être placés dans l'ambulance ou même accrochés sur la civière.

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Fin du papier

Dès qu'ils reçoivent un appel, les paramédics peuvent commencer la collecte des données sur les supports numériques. La cartographie permet de savoir en temps réel l'état du trafic, les fermetures de rue et les entraves. Ils empruntent donc le chemin le plus rapide qui leur est suggéré pour se rendre jusqu'au patient.

Sur les lieux de l'intervention, les informations sur le patient, dont ses signes vitaux, ses antécédents médicaux et sa situation clinique, sont rentrées au fur et à mesure sur le support numérique. Leur téléphone et leur tablette permettent de scanner le permis de conduire du patient et ainsi obtenir nom, adresse et date de naissance.

Ces informations, qu'ils devaient autrefois rentrer à deux, trois ou même quatre endroits différents sur des formulaires papiers, se placent systématiquement aux bons endroits. Le système répond d'ailleurs aux normes de l'industrie canadienne en matière de confidentialité.

À la fin de l'intervention, les documents sont complétés, signés à même la tablette ou le téléphone, et envoyés par fax ou courriel à l'hôpital.

«Au niveau des interventions, il y a beaucoup de papier que le paramédic devait remplir donc on vient le remplacer à 100% par du support numérique qui vient aider à son travail», explique M. Dubé. Ainsi, la pratique est plus écologique et les coûts sont moindres. À titre d'exemple, il en coûte 4$ par intervention à l'agence de la santé pour les formulaires cliniques devant être remplis.

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Tout ce qui est rentré dans le système est communiqué aux hôpitaux en temps réel : l'heure d'arrivée de l'ambulance, l'historique du patient et la raison de l'appel d'urgence.

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Sauver du temps

La plus grande économie est celle du temps. «On est capable de sauver un 10 à 15 minutes de rédaction par appel», explique M. Dubé.

«À Granby, on a quand même 7000 appels par année, si on multiplie par 10 minutes, il faut être conservateur, mais c'est quand même beaucoup de disponibilités de véhicule qui viennent s'ajouter pour répondre par exemple à un appel pour un arrêt cardio-respiratoire. Chaque minute, on perd 10% de chance de survie, donc si on sauve 5 minutes au centre hospitalier en rédaction, ce 5 minutes-là ou ce 10 minutes-là va venir contribuer au bien-être du patient», poursuit le cofondateur de la technologie.

Quant aux superviseurs de l'entreprise, ils peuvent savoir en temps réel où en sont les paramédics sur les interventions. Ils ont aussi accès plus facilement aux données. «Au niveau du papier, tout est devenu électronique, donc c'est plus efficace que de chercher dans une boite pour trouver des informations, des données», dit M. Dubé.

Les paramédics de Granby sont actuellement en période de rodage. Ils ont reçu une formation d'une durée moyenne de cinq heures. Il s'agit du sixième point de service de l'entreprise Dessercom où Préhos a été implanté à ce jour. Au final, les 70 ambulances de la compagnie seront équipées de l'outil avant-gardiste.

L'entreprise n'est pas peu fière de cette technologie. «On pense et on espère que ça va faire boule de neige parce que c'est ce qu'il y a de plus performant au Québec», dit Stéphan Scalabrini. Des compagnies ambulancières se sont montrées intéressées par le produit, même à l'extérieur du Québec, notamment en Colombie-Britannique et au Nouveau-Brunswick.

Encore plus poussé

Les développeurs, qui ont accompagné les paramédics sur le terrain afin de mieux connaître la nature de leur travail et leurs besoins, veulent en offrir davantage. Ils souhaitent que Préhos soit utilisé pour les transports médicaux et par les premiers répondants. Ils travaillent également à créer un tableau de bord des urgences. Il permettra au personnel du centre hospitalier de suivre en temps réel les interventions des paramédics et ainsi être mieux préparé à accueillir le patient.

«Tout ce qui est rentré dans Préhos est envoyé au tableau de bord donc les hôpitaux savent en temps réel, sans communication radio, quel véhicule s'en vient, dans combien de temps il arrive, l'histoire du patient, pourquoi il a pris l'ambulance.»

«On peut se connecter au défibrillateur qui donne les signes vitaux et les hôpitaux pourront les avoir directement sur le tableau de bord. Ça permet à la limite de faire un pré-triage et de préparer les équipes en temps et lieu parce que nos hôpitaux sont débordés. Il y a 10% de cartes d'appel de plus chaque année, donc il faut améliorer notre réseau», explique M. Dubé.

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