Le juge n'a pas cru des accusés de trafic de drogue

Michael Labrie et Jean-Yves Pineault avaient été arrêtés... (Archives La Voix de l'Est)

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Michael Labrie et Jean-Yves Pineault avaient été arrêtés lors d'une rafle policière visant le trafic de «sels de bain». La drogue de synthèse était fabriquée dans cette grange de Sainte-Christine.

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) L'un disait ne pas savoir qu'il entreposait du MDPV, une drogue de synthèse communément appelée «sels de bain». L'autre disait ignorer que le laboratoire dans lequel il oeuvrait servait à produire la substance illicite.

Dans les deux cas, le juge Serge Champoux, de la Cour du Québec, n'a pas cru les témoignages de Michael Labrie et Jean-Yves Pineault, qualifiés de «pénibles». Il s'agit des deux derniers accusés d'un réseau de production et de trafic de drogue mis au jour en novembre 2012. Des bâtiments de Granby, Sainte-Christine, Saint-Alphonse-de-Granby et Shefford avaient alors été visités.

Têtes dirigeantes de ce réseau, Bertrand jr Poirier et son père Bertrand sr Poirier ont déjà reçu leurs sentences, respectivement de huit et cinq ans et demi de prison.

À leur tour, MM. Labrie et Pineault viennent d'être trouvés coupables de possession de drogue de synthèse dans le but d'en faire le trafic. Une accusation supplémentaire de trafic a été retenue contre M. Labrie. Tous deux avaient été pris en filature alors qu'ils avaient de fréquents contacts avec les Poirier père et fils.

Va-et-vient

Selon la preuve, Michael Labrie faisait office de vendeur et multipliait les va-et-vient entre son domicile, son travail, son gym et sa «cachette» située au sous-sol de la résidence d'un ami à Saint-Alphonse-de-Granby. À cet endroit, les policiers ont saisi 30 000 comprimés de MDPV et 1000 pilules de Viagra dans un sac séparé.

L'accusé a avancé que les sels de bain n'étaient pas à lui et qu'il se contentait de vendre du Viagra dans les bars. Il a dit n'avoir jamais ouvert les autres sacs.

Comme pour son comparse, le juge a statué que sa version n'avait «absolument aucune crédibilité». Comment expliquer la nécessité d'une cachette à Saint-Alphonse louée 300$ par mois, sinon pour entreposer une substance illégale? Et pourquoi aurait-il toléré la présence de deux gros sacs dont le contenu lui aurait été inconnu?

Caféine

Jean-Yves Pineault, de son côté, est un électricien d'expérience qui a fait plusieurs travaux au laboratoire de fabrication situé dans une grange de Sainte-Christine. Il s'est défendu en disant qu'il croyait que MM. Poirier fabriquaient des comprimés de caféine. À sa décharge, les comprimés étaient vendus comme des «speeds» et contenaient effectivement de la MDPV et de la caféine.

Il a justifié sa grande fréquentation de M. Poirier père du fait que les deux hommes étaient de bons amis, qu'ils aimaient déjeuner ensemble, faire du vélo et se promener au Centre d'interprétation de la nature du lac Boivin. Pourtant, il a dit ignorer de quoi vivait son camarade et s'il avait des antécédents judiciaires, ce qui était le cas.

Tout le travail qu'il a fait en électricité était très important et ne concorde pas avec le seul paiement de 500$ qu'il aurait reçu. M. Pineault a avancé qu'un autre ouvrier aurait fait des travaux, ce que le tribunal juge «difficile à croire».

«Cela signifierait que les Poirier ont accepté de faire venir dans un laboratoire clandestin de drogues dures une autre personne que lui. La surveillance des policiers ne confirme rien de tel, et enfin, on comprend mal pourquoi les Poirier auraient abandonné les services si peu coûteux de Jean-Yves Pineault, dans lequel ils auraient encore suffisamment confiance pour lui confier 43 000 pilules ultérieurement», a indiqué le juge Champoux dans sa décision du 22 juin.

Revente

Ladite boîte de comprimés a été découverte chez l'accusé, dans un placard, accompagnée de plusieurs autres sacs de produits chimiques. «Il a participé à la fabrication des drogues et il a accepté de garder dans un endroit dont il avait le contrôle exclusif de très grandes quantités de pilules, emballées en sachets de mille unités, de toute évidence destinées à la revente», note le juge.

«La preuve dans son ensemble me semble claire et je rajouterais même, particulièrement accablante.» MM. Labrie et Pineault doivent revenir devant la cour en septembre pour les observations sur la peine.

L'ABC du MDPV

Le MDPV (méthylènedioxypyrovalérone) est un psychostimulant vendu sous forme de pilule qui produit des effets similaires aux amphétamines et aux molécules appartenant à la famille des cathinones.

Il est relativement puissant et affiche un haut risque d'abus. Mais à très faible dose et après des études approfondies, le MDPV pourrait traiter différents troubles psychologiques.

Il a été développé pour la première fois dans les années 1960 et est resté inconnu jusqu'à ce qu'il soit popularisé en 2004 sous le nom de «sels de bain» et vendu comme nouveau produit de synthèse.

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