Incendie à Granby: un chaudron d'huile oublié en cause

Une trentaine de pompiers se sont relayés pendant... (Janick Marois, La Voix de l'Est)

Agrandir

Une trentaine de pompiers se sont relayés pendant une heure pour éteindre le brasier.

Janick Marois, La Voix de l'Est

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Marie-Élise Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) Un immeuble de six logements de la rue du Centre, à Granby, a été la proie des flammes, vers 16h50, lundi. Un chaudron d'huile oublié sur une cuisinière est à l'origine de l'incendie, qui a ravagé la moitié de la bâtisse. Le locataire du logement où le feu a pris naissance, Michel Bertrand, n'était pas assuré. Il a tout perdu, même son chat.

Michel Bertrand a perdu son chat dans l'incendie.... (Marie-Élise Faucher) - image 1.0

Agrandir

Michel Bertrand a perdu son chat dans l'incendie. Les pompiers n'ont pas réussi à sauver l'animal, malgré des manoeuvres de réanimation. 

Marie-Élise Faucher

Michel Bertrand avait besoin du réconfort de sa... (Marie-Élise Faucher) - image 1.1

Agrandir

Michel Bertrand avait besoin du réconfort de sa voisine, qu'il a étreint dans ses bras.

Marie-Élise Faucher

Visiblement en état de choc, l'homme faisait les cent pas devant la bâtisse, la tête entre les mains, répétant «Mon chat est mort, mon chat est mort dans mes bras...» Les pompiers n'ont pas réussi à sauver l'animal, malgré des manoeuvres de réanimation.

Pour sa part, l'homme de 40 ans s'en tire indemme. «J'étais là, je faisais des frites», raconte-t-il. Il est sorti quelques minutes, le temps que le feu s'attaque aux armoires au-dessus de la cuisinière. «Je rentre en dedans, le feu est pogné, j'essaie de l'éteindre, je suis pas capable! Y'avait de la boucane partout», relate le locataire, qui a aussitôt accouru à l'extérieur.

«Il criait: sortez, sortez!» témoigne sa voisine du deuxième étage, Johanne. Cette dernière avait déjà remarqué l'épaisse fumée noire qui envahissait le bâtiment. «J'ai ramassé ma sacoche, mon loyer, mes papiers pour m'identifier pis j'ai sacré le camp!» raconte-elle, la voix tremblotante. Des voisins de l'autre côté de la rue ont composé le 911.

Pas assurés

La plupart des locataires de l'immeuble ne possèdent pas d'assurance habitation, selon Johanne, qui espère que la sienne couvrira la perte de ses biens. «J'en avais pas gros, déjà» soupire-t-elle.

La dame est dévastée: elle venait d'achever des travaux de rénovation dans son logement. «J'ai tout fait ça toute seule, petit peu par petit peu. J'ai peinturé à la grandeur, j'ai fait verser de la céramique dans la salle de bain, j'ai changé le fauteuil au printemps... C'est décourageant!» lance-t-elle.

Michel Bertrand avait besoin du réconfort de sa voisine, qu'il a étreinte dans ses bras. Cette dernière s'assurerait que les proches de M. Bertrand le logeraient pour la nuit, tandis qu'elle-même serait accueillie chez une amie. La Croix-Rouge a pris en charge les sinistrés. L'Unité de sauvetage de la Haute-Yamaska était également sur place pour distribuer des bouteilles d'eau et des collations aux locataires évacués.

Travailler à la chaleur

L'incendie n'a fait aucun blessé. À l'arrivée des pompiers, la fumée avait envahi le bâtiment. Ils ont localisé les flammes qui consommaient le mur sud de l'édifice, puis ont fracassé les vitres pour pénétrer à l'intérieur. «Le feu est parti au rez-de-chaussée, est monté dans le mur jusqu'au deuxième étage et s'est propagé jusque dans le toit», détaille le chef du service d'incendie de Granby, Pierre Lacombe.

Une trentaine de pompiers se sont relayés pendant une heure pour éteindre le brasier. «À 30 degrés, avec l'équipement que les pompiers portent, ils ont chaud très rapidement et on ne peut pas les faire travailler longtemps», explique Pierre Lacombe. Un plus grand nombre de sapeurs a été déployé pour prévenir les coups de chaleur et l'épuisement.

Le feu a été maîtrisé à 17h53. Les pompiers se sont par la suite chargés de protéger les bâtiments adjacents des risques de propagation, plus élevés en raison du temps chaud et de l'emplacement de l'édifice, situé dans un vieux quartier de Granby.

Scénario fréquent

Pierre Lacombe évalue les dommages à environ 100 000$, parlant d'une bâtisse détruite à 50%. «C'est toujours le même scénario», dit-il, étonné de voir qu'encore autant de personnes laissent leur marmite d'huile sans surveillance sur le feu.

«Un moment donné, la température de l'huile atteint son degré d'autoignition. Autrement dit, l'huile s'enflamme d'elle-même» explique le pompier. Les flammes, qui atteignent de 4 à 5 pieds de hauteur, se propagent alors jusqu'à la trappe d'aération, puis dans la structure de l'édifice.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer