Ouvrir son coeur et les frontières

La responsable de la section locale Saint-Césaire/Farnham d'Amnistie... (Alain Dion, La Voix de l'Est)

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La responsable de la section locale Saint-Césaire/Farnham d'Amnistie internationale, Madeleine Lepage.

Alain Dion, La Voix de l'Est

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Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Saint-Césaire) Après une cinquième année bien chargée, la section locale Saint-Césaire/Farnham d'Amnistie internationale fait relâche tout le mois de juillet. Mais beaucoup de travail reste à faire pour sensibiliser la population à la protection des droits de la personne.

«Dans un monde idéal, Amnistie internationale n'aurait pas de raison d'être», note la responsable de la cellule locale, Madeleine Lepage, impliquée auprès de l'organisme de défense des droits de la personne depuis près de 30 ans.

Depuis plus d'un an, le cas Raif Badawi a permis de mieux faire connaître la mission d'Amnistie internationale. En 2015, la section locale de l'organisme a tenu trois vigiles en son nom, à Farnham, Saint-Césaire et Cowansville. Une autre pourrait avoir lieu à l'automne aux bureaux du député fédéral puisqu'une pétition adressée à Justin Trudeau circule pour obtenir des actions concrètes du gouvernement canadien.

«Mais (Raif) est loin d'être le seul, indique Mme Lepage. Il y a aussi des cas sur les cinq continents, même au Canada.»

Les femmes autochtones, assassinées ou disparues, de même que les arrestations arbitraires survenues lors du Sommet du G8 à Toronto, en 2010, en sont de bons exemples, allègue la responsable, qui voit une montée de la répression en Occident, causée en réaction aux nombreux attentats terroristes. «On voit des lois qui encadrent de plus en plus les libertés citoyennes», ajoute-t-elle.

Ouvrir la porte aux réfugiés

Cette année, l'organisme a aussi milité pour l'accueil d'un plus grand nombre de réfugiés syriens. «On est très contents qu'il soit arrivé 25 000 réfugiés, mais on pourrait en recevoir beaucoup plus. Il est temps que le Canada assume un rôle de leader dans cette situation-là, exhorte Mme Lepage. Les portes se ferment partout dans le monde.»

Cette dernière offre à l'occasion des conférences sur les conditions de vie des réfugiés et s'affaire du même souffle à déboulonner certains mythes et préjugés ayant la vie dure à leur endroit. «Les gens ont peur: certains n'arrivent pas à se défaire de l'amalgame entre terroriste et musulman, explique la responsable. Ils ont peur que les réfugiés demandent beaucoup d'accommodements religieux ou que ce soient des criminels. Mais ceux qui sont arrivés ont tous subi une enquête approfondie.»

«Les gens ne réalisent pas non plus à quoi les réfugiés font face chez eux: les hôpitaux se font bombarder, les civils sont affamés», précise Mme Lepage, qui rappelle que le droit d'asile est un droit fondamental.

Courrier de l'espoir

La cellule de Saint-Césaire/Farnham reprendra ses activités en août avec sa cinquième participation annuelle aux Correspondances d'Eastman, où les visiteurs sont invités à écrire un message de solidarité et de soutien à l'une des personnalités dont les droits sont bafoués quelque part dans le monde. Le traditionnel marathon d'écriture, qui a lieu autour de la Journée internationale des droits de l'Homme du 10 décembre, sera aussi de retour.

«Ce sont des lettres extrêmement importantes pour ces gens-là qui les reçoivent, explique Madeleine Lepage. De savoir que leur cause mobilise des gens ailleurs dans le monde, ça peut faire la différence entre tenir bon et abandonner.»

Ce courrier de l'espoir a aussi un impact. Par exemple, la militante Phyoe Phyoe Aung a été libérée en avril dernier après avoir été emprisonnée pendant plus d'un an au Myanmar; au cours de sa détention, la dame a reçu pas moins de 394 000 lettres des quatre coins du globe.

«C'est comme allumer une chandelle dans un endroit obscur pour faire la lumière sur ce qui s'y passe, illustre Mme Lepage. Et quand ce n'est pas une libération, ce sont les conditions de détention qui s'améliorent.»

Parmi les destinataires de ces lettres, notons le prisonnier politique iranien Abdolfattah Soltani, qui est parrainé par la section locale depuis trois ans. L'avocat spécialisé dans les droits de la personne a été condamné en 2012 à 18 ans de prison, une peine qu'il a ensuite vue réduite à 13 ans.

Après quelques expériences fructueuses, Mme Lepage aimerait s'impliquer davantage dans les écoles, notamment pour des marathons d'écriture. «La sensibilisation et l'éducation aux droits humains, ça doit commencer tôt», explique-t-elle.

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