L'auto du maire Paul Sarrazin vandalisée

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Sur le capot avant de sa voiture, la peinture boursoufflée forme une courbe. «Ça donne l'impression que la personne est arrivée avec une bouteille et a lancé un jet», commente le maire Paul Sarrazin.

Catherine Trudeau, La Voix de l'Est

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Marie-Élise Faucher
La Voix de l'Est

(Sainte-Cécile-de-Milton) Le maire de Sainte-Cécile-de-Milton, Paul Sarrazin, a été victime de vandalisme à son domicile, dans la nuit du 25 juin dernier. La porte du garage attenant à sa résidence et le capot avant de sa voiture ont été endommagés par ce qui semble être un produit chimique. «Il y en a qui disent que c'est de l'huile à break qui pourrait faire ça», avance l'élu. Pour le maire, il ne fait aucun doute que les méfaits sont liés à sa fonction. C'est à la municipalité de payer pour les réparations, croit-il.

«C'est un peu normal! Avec 18 000$ de rémunération à Sainte-Cécile, s'il faut commencer à payer nos réparations de peinture pis tout ça, un moment donné...» s'indigne le maire, qui estime que les élus sont des «proies faciles». «Moi je pense que ça devrait être les citoyens qui paient à quelque part. Je ne fais pas d'argent avec ça, on s'entend! Que ce soit moi qui paie ou les citoyens, c'est inacceptable. Jamais qu'on va endosser ces façons de faire là», fait-il valoir.

Lorsque La Voix de l'Est l'a rencontré à son domicile, lundi, Paul Sarrazin avait l'intention d'exposer la problématique lors de la séance du conseil, le soir même. «Le prochain coup, ça va être quoi? Un moment donné tu te ramasses les quatre pneus crevés, un moment donné y'a autre chose, un bris mécanique... Ça va aller où?» s'inquiète-t-il.

Le même modus operandi

Le méfait a été commis dans la nuit du 25 au 26 juin, le soir des festivités de la Saint-Jean à Sainte-Cécile-de-Milton. «Est-ce que ça c'est fait pendant la fête de la Saint-Jean ou pendant la nuit? Je ne peux pas savoir, moi je m'en suis rendu compte le dimanche matin quand je suis sorti dehors pour aller chercher mon journal», relate Paul Sarrazin, qui pensait au départ avoir affaire à des excréments d'oiseaux.

Sur le capot avant de sa voiture, la peinture boursoufflée forme une courbe. «Ça donne l'impression que la personne est arrivée avec une bouteille et a lancé un jet», commente le maire. Les gouttelettes qui ont abîmé sa porte de garage se poursuivent effectivement au sol, dans une trace qui mène jusqu'à la voiture. Paul Sarrazin évalue les dommages à près de 2500$. «Il faut qu'ils enlèvent le hood, il faut tout sandblaster ça, peinturer ça» dit-il en pointant le capot. «Le grillage a été touché aussi, il faut le changer parce qu'il ne se réparera pas», souffle-t-il, découragé.

Ce n'est pas la première fois que de tels actes de vandalisme sont perpétrés sur des biens personnels des élus de Sainte-Cécile de Milton. L'ancien maire de Sainte-Cécile, Sylvain Beaudoin, avait connu des ennuis similaires, de même que certains conseillers qui ont déjà été la cible de graffitis haineux à leur endroit, rapporte Paul Sarrazin. «Ça fait depuis que je suis en poste qu'il ne s'est rien passé dans la municipalité. On peut quasiment parler de quatre ans», calcule-t-il.

Le cas spécifique de la directrice générale de la Ville pourrait possiblement être en lien avec l'événement de ce 25 juin, puisque le véhicule de cette dernière avait été endommagé de la même manière que celui de M. Sarrazin. «Quand l'agent (de la Sûreté du Québec) est venu, il n'a pas eu de misère à reconnaître que c'était le même modus operandi qui avait été employé antérieurement», fait remarquer le maire. Le dossier a été confié aux enquêteurs de la SQ.

Délit ciblé?

Pour sa part, Paul Sarrazin écarte l'hypothèse d'un délit commis «juste pour faire un mauvais coup» comme au printemps dernier, alors que des voitures qui n'étaient pas verrouillées avaient été la cible de vandales. Il penche plutôt vers un acte ciblé, s'appuyant sur l'absence de dommages sur la voiture de sa conjointe, garée juste à côté de la sienne. «Je n'ai pas de preuve, mais pourquoi quelqu'un viendrait ici pis ferait ça comme ça? Si ce n'est pas ça (un acte de vandalisme ciblé), c'est un drôle de hasard!» insinue-t-il. Aucun signe de grabuge non plus dans le voisinage.

Le malfaiteur est quelqu'un qu'il connaît, croit Paul Sarrazin, puisqu'il sait où l'élu habite et quelle voiture il conduit (une berline de marque Infiniti QX50). Il est cependant facile de trouver l'adresse du maire dans l'annuaire téléphonique Canada411, accessible en ligne.

Quant aux motifs qui auraient poussé le voyou à endommager les biens de Paul Sarrazin, celui-ci n'a aucune piste en tête. «Comme élus municipaux, on prend des décisions et on est interpellés sur toutes sortes de choses. Mais est-ce qu'il y a des éléments présentement qui mériteraient qu'un élu, quel qu'il soit, soit agressé à Sainte-Cécile? Au contraire, je pense que la municipalité n'a jamais été dans une position aussi enviable», laisse-t-il entendre.

À la séance du conseil, le maire prévoyait de rappeler à la population qu'il y a d'autres manières de s'exprimer en démocratie. «Il faut faire la distinction entre l'élu et Paul Sarrazin, la personne. Je pense qu'il y a des endroits appropriés pour faire des revendications et venir s'exprimer. Ça fait avancer quoi, ça (les méfaits)? Absolument rien. Ça crée juste du désagrément», signale-t-il.

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