De la grande visite au Zoo de Granby

Le directeur conservation et recherche du Zoo de... (Julie Catudal, La Voix de l'Est)

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Le directeur conservation et recherche du Zoo de Granby, Patrick Paré, a reçu samedi la visite du haut-commissaire de la République du Cameroun au Canada, Solomon Azoh-mbi (au centre). Ce dernier est arrivé avec sa femme Mercy (en fauteuil roulant), ses enfants Paula et Jay, son homologue ambassadrice du Cameroun en Belgique, Christiane Eloundou, en vacances au Canada, et son chauffeur Peter Canuh.

Julie Catudal, La Voix de l'Est

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Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Granby) Le Zoo de Granby a reçu de la grande visite samedi. Le haut-commissaire de la République du Cameroun au Canada, Solomon Azoh-mbi, et sa famille étaient de passage le temps d'une visite guidée par Patrick Paré, directeur conservation et recherche du jardin zoologique.

N'ayant été en contact avec l'ambassade du Cameroun à Ottawa que brièvement - le temps d'avoir les visas pour superviser son projet de conservation au parc Campo Ma'an situé au Cameroun - le Zoo a invité le haut-commissaire à venir visiter les installations.

«Le premier projet qu'on voulait faire et pour lequel on a besoin des ambassadeurs était de payer un étudiant camerounais afin qu'il vienne étudier au Québec à l'université Concordia pour un projet qui serait fait au parc là-bas. Pour pouvoir le faire, il faut avoir les ambassades derrière nous parce que sinon, il paie le prix des étudiants étrangers qui est 4 à 5 fois le prix que nous payons pour aller à l'université», explique Patrick Paré.

Une invitation a été envoyée en avril et, même si le cas du doctorat est déjà réglé (voir autre texte), le haut-commissaire y a répondu. M. Paré a reçu l'appel de l'ambassade pour lui faire savoir que M. Azoh-mbi était prêt à faire un détour à Granby en revenant de Québec, samedi.

Ravi du partenariat

Le haut-commissaire est arrivé avec sa femme Mercy, ses enfants Paula et Jay, son homologue ambassadrice du Cameroun en Belgique, Christiane Eloundou, en vacances au Canada, et son chauffeur Peter Canuh. Ils ont notamment eu le temps de visiter la section consacrée à l'Afrique et ont même pu en apprendre sur les animaux qu'on y trouve.

«Une des premières leçons qu'on vient d'apprendre, c'est que les éléphants aiment la neige, commente avec surprise M. Azoh-mbi. Le zoo est assez grand. Je pense que c'est extrêmement beau et une belle leçon pour ce qui est de la conservation de la nature et de la biodiversité. Je suis content.»

Content, il l'était aussi pour ce partenariat du Zoo de Granby avec la Fondation pour l'Environnement et le Développement au Cameroun (FEDEC).

«Le Zoo de Granby est très réputé dans le monde et je suis tout à fait content de voir la nature de ce partenariat et d'oeuvrer pour son développement.»

Protection des animaux

Comme le dévoilait La Voix de l'Est en avril, ce partenariat signé en novembre avec la FEDEC permettra au Zoo de participer à la conservation et à la mise en valeur de la biodiversité au parc national Campo Ma'an, au Cameroun, pendant cinq ans.

«C'est déjà un parc national qui est protégé, mais qui manque de ressources pour améliorer la conservation, l'éducation et la sensibilisation des communautés riveraines. Il y a 110 communautés qui restent autour de ce parc là, il y a beaucoup de monde. Il y a des communautés autochtones, des Pigmés, ajoute M. Paré. Gorilles, éléphants, chimpanzés et singes mandrills, ce sont les quatre espèces qu'on met vraiment en évidence le plus possible parce qu'on veut en faire la protection.»

Si le braconnage n'est pas un problème critique dans ce parc du Cameroun, les éléphants sont chassés par les paysans aux abords du parc, dont la superficie est cinq fois plus grande que celle de Montréal, puisque ces mastodontes détruisent les champs lorsqu'ils sortent de la forêt.

Dans les prochaines années, le Zoo fournira équipement et expertise. «On a plein d'autres projets entourant l'entente de 5 ans. On a un projet de sensibilisation dans les écoles des villages, aller voir les riverains, aller encourager toute la vision des peuples autochtones. Ceux-ci ont un savoir incroyable. Exemple, ils font du miel. Pour contrer les éléphants, ils mettent des ruches parce qu'ils n'aiment pas les abeilles.»

«Imaginons que les Pygmées nous aident à installer des ruches comme barrière naturelle, évoque M. Paré avec enthousiasme. Ça aide les paysans, le miel est un produit lucratif, ils peuvent en manger, en vendre, ça empêche les éléphants de traverser et ça permet un partenariat entre les autochtones et les noirs qui vivent dans les communes à côté.»

Par ailleurs, pour planifier et poursuivre les opérations, l'organisme camerounais a envoyé des représentants à Granby vendredi, où une rencontre s'est tenue. Ultimement, le zoo planchera sur un plan d'attaque afin d'encourager l'écotourisme au parc Campo Ma'an.

Un doctorat avec un Camerounais confirmé

Le partenariat signé en novembre entre le Zoo de Granby et la Fondation pour l'Environnement et le Développement au Cameroun (FEDEC) avance bien. De nouvelles étapes ont été franchies. C'est le cas du doctorat à l'Université Concordia pour un étudiant camerounais. Le sujet de la thèse est décidé et les appels de candidatures ont été lancés il y a une semaine.

«On a déjà reçu des propositions d'étudiants qui veulent venir faire leur doctorat chez nous. On est super content. Le projet est déjà sorti, fait savoir le directeur conservation et recherche au Zoo de Granby, Patrick Paré. Ça va se jouer sur les conflits éléphants-humains au niveau des paysans qui se font saccager leurs champs en périphérie du parc Campo Ma'an. C'est un beau projet qui va s'enclencher.»

L'étudiant pourra venir étudier à Montréal grâce à l'implication de l'ambassade canadienne au Cameroun et de son vis-à-vis à Ottawa. La scolarité se fera au Québec, à l'Université Concordia, et le travail terrain sera réalisé au Cameroun, au parc national de Campo Ma'an.

Le Zoo tentera par ailleurs de se joindre à une université du Cameroun, soit Yaoundé, Douala ou l'École de la faune, pour y avoir un codirecteur. «Et rattaché à un doctorat, souvent on fait des maîtrises. On va peut-être s'attacher un ou deux projets de maîtrises avec des étudiants de là-bas ou d'ici.»

«On voulait que ce soit un étudiant de là-bas parce que les conditions y sont difficiles. Si c'est un Camerounais, c'est chez lui, il n'a pas de problème avec la nourriture, l'hébergement, la chaleur, la météo. C'est son milieu de vie, il est habitué. Et on veut s'assurer qu'il retourne au Cameroun pour y travailler un jour, ajoute M. Paré en riant, pour qu'il puisse être biologiste, ingénieur forestier ou vétérinaire, peu importe.»

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