L'absence d'élus libéraux gais n'est pas un problème, selon Vallée

«On n'a pas besoin nécessairement d'être de la... (Archives Le Droit, Patrick Woodbury)

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«On n'a pas besoin nécessairement d'être de la communauté pour être aux côtés de la communauté», assure la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée.

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La Presse Canadienne

L'absence de diversité sexuelle au sein des troupes libérales ne constitue pas un problème aux yeux de la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée.

Car la présence d'élus gais au caucus libéral n'est pas vraiment nécessaire pour inciter le gouvernement à mieux défendre les droits de cette communauté, selon la ministre responsable de la région de l'Outaouais.

«On n'a pas besoin nécessairement d'être de la communauté pour être aux côtés de la communauté», a commenté la ministre Vallée au cours d'un entretien avec La Presse Canadienne, en marge de la consultation qu'elle mène présentement sur la lutte contre l'homophobie et la transphobie.

L'important, à ses yeux, n'est donc pas tant pour le gouvernement de faire élire des députés libéraux gais, mais de se poser en «allié» de la communauté LGBT (lesbienne, gaie, bisexuelle, transgenre).

Dans le document préparé en vue d'alimenter la consultation, la ministre Vallée plaide en faveur d'une plus grande ouverture à la diversité sexuelle, par l'inclusion des homosexuels et autres membres de la communauté LGBT dans toutes les sphères de la société.

Or, le gouvernement libéral ne prêche pas par l'exemple: aucun, parmi les 27 ministres du gouvernement Couillard, ne prétend, publiquement du moins, être gai, lesbienne, bisexuel ou transgenre. Le même constat s'applique aux 71 députés formant le caucus libéral. Loin de la diversité, l'équipe libérale présente donc un visage lisse, traditionnel et homogène sur ce plan.

Dans le passé, on ne rapporte d'ailleurs aucun cas de député ou ministre libéral gai, ou s'étant affiché ouvertement comme tel.

Le contraste avec le Parti québécois (PQ) est assez frappant. En 2012, le gouvernement Marois comptait trois ministres ouvertement homosexuels: Réjean Hébert, Sylvain Gaudreault et Agnès Maltais. Le PQ a aussi eu un chef, André Boisclair, qui ne cachait pas son orientation sexuelle. D'autres avant eux avaient ouvert la voie, dont André Boulerice et Claude Charron.

Mme Vallée ne voit pas de contradiction entre ce que son gouvernement prône et ce qu'il incarne dans les faits. Elle estime qu'on aurait tort d'en conclure que le Parti libéral du Québec (PLQ) parle d'inclusion tout en pratiquant l'exclusion des minorités sexuelles.

«Concours de circonstances »

S'il n'y a aucun élu libéral issu de ces minorités, c'est simplement en raison «d'un concours de circonstances», selon la ministre, qui poursuivra sa consultation jusqu'en septembre avant de déposer son plan d'action 2017-2022 l'hiver prochain.

«Je ne pense pas qu'il faut voir des problèmes là où il n'y en a pas», tranche celle qui affirme avoir «toujours été une alliée» de la communauté LGBT, et qui assure continuer de l'être.

«Le Parti libéral a toujours répondu présent aussi comme allié», affirme la ministre, qui vient de faire adopter la loi 103 donnant aux enfants et adolescents le droit de changer d'identité sexuelle, sans intervention chirurgicale.

Tout en estimant que l'absence de diversité ne pose pas de problème, elle reconnaît que tous les «coming out» de personnalités publiques ou de politiciens «constituent des modèles positifs pour les jeunes et tous ceux et celles qui ont des craintes».

Elle insiste pour dire que les gais et autres membres de la communauté LGBT sont bienvenus et bien présents dans l'équipe libérale, tant dans les instances du parti que dans les cabinets ministériels.

Notamment, de nombreux militants de la commission jeunesse du PLQ «sont issus de cette diversité», et «c'est beau de les voir», selon elle.

Pour faire passer son message d'ouverture, la ministre dit compter des gais au sein de son cabinet, parmi ses amis et les membres de sa famille, incluant des gens qui «ont été ostracisés, qui ont vécu de la discrimination» en raison de leur orientation sexuelle.

C'est pourquoi «ce dossier-là, je l'embrasse avec beaucoup de passion et d'ouverture», dit-elle, comme pour dissiper tout doute sur la détermination du gouvernement.

Selon elle, la députée de Québec solidaire, Manon Massé, une lesbienne reconnue, n'a pas été élue pour son orientation, mais pour son engagement personnel et son militantisme. Mme Massé est députée de Sainte-Marie-Saint-Jacques, où se trouve le quartier gai de Montréal.

Elle note aussi que, contrairement à Mme Massé, «pour toutes sortes de considérations personnelles, il y a des gens qui font le choix de ne pas affirmer ou de ne pas déclarer publiquement leur orientation sexuelle», et qu'il faut respecter ce choix.

Objectif 2018

Le prochain scrutin général aura lieu en 2018 et la ministre Vallée souhaite que les dirigeants du PLQ corrigent le tir et qu'il «y aura des élus (libéraux) qui feront partie de cette diversité-là».

L'égalité juridique, acquise au fil des ans, doit devenir une égalité de faits pour toutes les minorités sexuelles, plaide Mme Vallée, persuadée qu'il reste beaucoup de travail à faire sur le plan de l'«éducation populaire», un thème qui deviendra le leitmotiv de son futur plan d'action.

On doit informer, expliquer, démystifier, sensibiliser, combattre les préjugés, commente Mme Vallée, en rappelant qu'en 2016, des Québécois font encore l'objet de congédiements en raison de leur orientation sexuelle ou de leur changement d'identité sexuelle.

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