Chevalier reste derrière les barreaux

Le Granbyen Marco Chevalier restera à l'ombre.... (Archives La Voix de l'Est)

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Le Granbyen Marco Chevalier restera à l'ombre.

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Karine Blanchard
La Voix de l'Est

(Granby) Marco Chevalier ne sera pas libéré de sitôt. La Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) a refusé d'accorder une liberté complète, et même une semi-liberté, à l'individu reconnu coupable d'agressions sexuelles sur quatre femmes en raison d'un risque de récidive jugé trop élevé.

«La commission croit qu'un élargissement à ce stade-ci de la sentence est prématuré et représente un risque indu pour la société. Elle ne perd pas de vue l'importante gravité et les conséquences des délits, qui témoignent d'une sévère aggravation de votre criminalité qui comporte maintenant un niveau de violence et des dommages graves», écrivent les commissaires chargés d'étudier sa demande.

M. Chevalier purge une sentence de huit ans et deux mois depuis juillet 2013. Il a agressé sexuellement trois prostituées et une adolescente de 16 ans en 2008. Le Granbyen, qui a plaidé coupable à la plupart des chefs d'accusation, a fait usage de faux prétextes pour faire monter la plupart d'entre elles à bord de son véhicule et usé d'intimidation en prétendant être membre d'une organisation criminelle. Il a été violent avec deux d'entre elles. Après les agressions, il les abandonnait en bordure de routes isolées, a rappelé la CLCC.

«Vos intervenants qualifient votre criminalité de persistante et polymorphe, lit-on dans la décision rendue récemment. Les délits à l'origine de la présente peine représentent une sévère aggravation de votre dynamique délictuelle.»

Sa vie personnelle et affective, son attitude et sa toxicomanie sont des facteurs qui contribuent à sa criminalité. Son équipe de gestion de cas est d'avis que ses délits s'inscrivent dans un contexte où Marco Chevalier vivait un sentiment d'échec et d'incompréhension face à des relations conjugales impersonnelles. «Vos difficultés au niveau de la sexualité ont aussi contribué à des tensions au sein de vos relations de couple, s'enracinant graduellement dans un état de frustration à l'égard des femmes en général», peut-on lire dans le document de six pages.

Le Granbyen, dont le dossier criminel remonte à 1989, a affirmé avoir eu une consommation effrénée d'amphétamines en décembre 2007, ce qui a entraîné un effet amaigrissant et positif sur son image. Sa consommation d'ecstasy aurait aussi engendré une désinhibition et une augmentation de sa libido. Son mode de vie était alors axé sur les raves et les personnes aux moeurs douteuses. C'est à ce moment qu'il a commencé à fréquenter des prostituées qu'il jugeait vulnérables et moins sujettes à le rejeter.

Colère et manipulation

Le psychiatre chargé d'une expertise réalisée en 2011 a souligné que ses fréquentations avec des prostituées lui permettaient d'évacuer une forte colère possiblement en lien avec ses échecs relationnels et sexuels du passé. Il a aussi souligné la présence d'une paraphilie et d'un abus d'amphétamines en rémission complète récente ainsi que de traits de personnalité antisociale et dépendante.

Selon son équipe de gestion de cas, Marco Chevalier, 46 ans, tend à se montrer sous un jour favorable dans ses contacts avec les autres et à manipuler l'information à son avantage.

Ses niveaux de motivation et de responsabilisation sont considérés comme modérés, tout comme son potentiel de réinsertion sociale.

L'homme a réussi le programme de traitement en délinquance sexuelle d'intensité élevée. Il a complété un premier cycle de maintien des acquis en juillet 2015, puis un second en avril 2016. Selon son équipe de gestion de cas, il doit poursuivre ses réflexions et efforts, notamment au plan de la gestion des émotions, de sa transparence et de son besoin de valorisation.

«Malgré vos progrès, il n'en demeure pas moins que certains éléments de votre cycle délictuel et vos facteurs de risque sont encore présents et se doivent d'être travaillés, écrivent les commissaires. Entre autres, votre besoin de bien paraître est encore en évidence, vous présentez toujours des difficultés à contrôler vos émotions et vous avez une tendance à avoir une attitude calculée. Ce sont des éléments qui sont considérés comme étant au coeur de votre cycle délictuel.»

Selon les commissaires, Marco Chevalier présente une analyse incomplète et distortionnée de certains faits entourant le passage à l'acte. Il ne comprend toujours pas les raisons qui ont amené certaines des victimes à lui refuser des relations sexuelles alors qu'elles étaient des travailleuses du sexe.

Son équipe de gestion de cas croit également que son plan de sortie n'est pas réaliste et remet en doute le niveau d'encadrement qu'il obtiendrait de ses proches.

Plutôt que d'étudier une nouvelle demande de semi-liberté dans six mois, la commission tiendra une nouvelle audience lorsque son équipe de gestion de cas constatera qu'il a atteint les objectifs prévus à son plan correctionnel.

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