«J'ai mis ma vie entre parenthèses»

Josée Auclaire est exaspérée. L'opération qu'elle devait subir... (Catherine Trudeau, La Voix de l'Est)

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Josée Auclaire est exaspérée. L'opération qu'elle devait subir lundi à l'hôpital de Granby a été à nouveau reportée. Après cinq rendez-vous annulés, elle espère que la prochaine fois sera la bonne.

Catherine Trudeau, La Voix de l'Est

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Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Valcourt) Josée Auclaire est exaspérée. L'opération qu'elle devait subir lundi à l'hôpital de Granby a été à nouveau reportée. Après cinq rendez-vous annulés, elle espère que la prochaine fois sera la bonne.

La dame résidant à Valcourt souffre depuis deux ans d'arthrose au pied droit. La situation s'est détériorée au point où, en janvier, son médecin ne lui laisse d'autre option que de passer sous le bistouri. Une procédure qui nécessitera quatre mois de convalescence.

Une première date d'opération est alors planifiée pour le 3 février au Centre hospitalier de Granby. La veille, la chirurgie est reportée au 21 mars en raison d'une urgence. Puis, c'est au tour de Mme Auclaire d'annuler son rendez-vous pour des raisons de santé. L'opération est ensuite prévue pour le 4 avril.

Bloquée au bloc

Ce jour-là, Mme Auclaire se présente à l'hôpital de Granby avec un peu d'avance. On la prépare pour l'opération. Or, une fois arrivée au bloc opératoire, le chirurgien annonce à sa patiente qu'il faudra reporter une fois de plus la procédure parce qu'il ne dispose pas de la plaque de métal qu'il doit lui implanter.

Les jours passent alors sans que Mme Auclaire n'ait de nouvelles. Elle contacte l'hôpital pour tenter d'avoir un rendez-vous. «On m'a dit que je n'étais pas un cas prioritaire et qu'ils me rappelleraient», se souvient la femme.

Elle finit cependant par obtenir, quelques semaines plus tard, un rendez-vous avec le chirurgien qui l'opérera afin de lui expliquer sa situation.

Mme Auclaire doit cesser de prendre sa médication une semaine avant l'opération, ce qu'elle fait chaque fois qu'elle est sur le point d'être opérée. Cependant, elle n'a pu retourner au travail en avril malgré le report de la procédure.

«Je travaille debout pendant sept heures et demie à l'usine, et je marche beaucoup. Mais comme j'arrête et je recommence les anti-inflammatoires chaque fois, ils ne faisaient plus d'effet, et il est déconseillé de travailler avec la nouvelle médication», explique celle qui peine de plus en plus à marcher.

Le téléphone finit enfin par sonner. Une nouvelle date: le 13 juin. Josée Auclaire soupire de soulagement et se prépare en vue de l'opération. Trois jours avant d'être opérée, l'hôpital annule à nouveau la chirurgie en raison d'une urgence.

«La dame de l'hôpital qui m'appelle est toujours désolée, mais pas autant que moi. Je suis furieuse, triste et à la merci d'un système de santé de merde», dit alors la patiente, impuissante.

Prise en otage

Le 13 juin, l'hôpital contacte à nouveau Mme Auclaire pour la convoquer le 20 juin. Le lendemain, on reporte encore son rendez-vous, par urgence. La dame fulmine. Mme Auclaire se sent prise en otage par le système.

«Je ne travaille plus. J'attends, j'attends, j'attends. J'ai mis ma vie entre parenthèses. Je ne peux plus rien planifier. (...) Je suis rendue à ma sixième date. Si au moins je pouvais retourner travailler, ça ne me dérangerait pas d'attendre plus longtemps», affirme-t-elle.

Son opération est maintenant prévue le 4 juillet. Josée Auclaire ne se fait toutefois pas d'espoirs.

«Je ne crois pas vraiment que ça va arriver, laisse tomber la patiente, qui est en proie à de l'anxiété en raison de la situation. Je me réveille la nuit, ça commence à me stresser.»

«Il doit bien avoir d'autres personnes comme moi qui attendent. Pourquoi c'est toujours moi qu'on déplace?, poursuit-elle. Un gros accident, je peux comprendre. Des urgences, ça arrive. Mais quand on m'annule six jours à l'avance, ou même plus, je me demande où est l'urgence.»

«Une situation exceptionnelle», assure une porte-parole du CIUSSS

Mis au parfum du cas de Mme Auclaire, le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l'Estrie - Centre Hospitalier de l'Université de Sherbrooke (CIUSSS de l'Estrie-CHUS) qualifie la situation «d'exceptionnelle».

«À Granby, lorsqu'on annule une chirurgie, c'est inscrit dans un registre et bien indiqué d'éviter de reporter encore. Il se peut qu'une chirurgie soit reportée une ou deux fois, mais cinq fois, c'est peu probable», fait savoir Sylvie Vallières, conseillère-cadre aux communications du CIUSSS.

Elle précise que la chirurgie de Mme Auclaire a été reportée trois fois seulement, puisque la patiente a elle-même annulé de son gré à une reprise et que la date du 4 juillet tient toujours.

On indique également qu'une opération peut être reportée pour plusieurs raisons, notamment parce que des chirurgies plus urgentes sont traitées en priorité ou parce que le nombre de chirurgies prévues dans une journée est réduit en raison d'un manque imprévu de personnel.

Un patient qui n'a pas suivi les consignes préopératoires (être à jeun, cesser sa médication, etc.), qui refuse la date proposée, qu'il annule à la dernière minute ou qui quitte la salle d'attente avant d'entrer au bloc opératoire provoque aussi un report des procédures.

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