Lac Champlain : de la pression sur Ottawa

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La Commission mixte internationale, l'organisme canado-américain qui coordonne les actions dans le lac Champlain, veut utiliser les 7,5 millions de dollars du plan d'action fédéral pour faire en sorte de réduire les risques d'inondation dans la rivière Richelieu au lieu d'attaquer le problème des cyanobactéries dans le lac Champlain.

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Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Ottawa) La qualité de l'eau du lac Champlain n'apparaît pas au haut de la liste des priorités du plan d'intervention du gouvernement Trudeau pour le plan d'eau et la rivière Richelieu. Les efforts porteront plutôt sur des mesures pour empêcher que des inondations comme celles de 2011 se répètent.

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Ils ont une orientation très différente de la nôtre sur ce qui doit être fait et elle ne répond pas à nos besoins», déplore le maire de Bedford, Yves Lévesque. 

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«On n'avait pas de problèmes avec la qualité de l'eau du lac avant. On en a maintenant. Il faut que la Commission mixte internationale ajuste son mandat pour s'en occuper aussi, qu'elle aille une coche plus loin», soutient le député fédéral de Brome-Missisquoi, Denis Paradis.

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En mars dernier, en déposant son premier budget, le ministre des Finances Bill Morneau a annoncé un plan de 7,5 millions de dollars pour le lac Champlain et la rivière Richelieu. Plusieurs intervenants des municipalités riveraines du lac y ont vu un engagement pour lutter contre les problèmes de qualité d'eau du lac, surtout les cyanobactéries.

Ce n'est toutefois pas l'orientation prise par les représentants canadiens de la Commission mixte internationale (CMI), l'organisme canado-américain qui coordonne les actions dans le lac Champlain. La priorité, explique-t-on, est d'utiliser l'argent pour faire en sorte de réduire les risques d'inondation.

Cette orientation, qui découle du plan, a surpris le maire de Bedford, Yves Lévesque. Ce dernier participait à la mi-mai en compagnie du député de Brome-Missisquoi, Denis Paradis, à une rencontre avec le président canadien de la CMI, Gordon Walker. Les deux politiciens régionaux ont appris la nouvelle avec stupéfaction.

«Ils sont très au courant de nos problèmes de cyanobactéries. Mais ce n'est pas ça qui les intéresse. Ils veulent éviter d'autres inondations dans le (rivière) Richelieu. Ils ont une orientation très différente de la nôtre sur ce qui doit être fait et elle ne répond pas à nos besoins», déplore M. Lévesque.

Travail de persuasion

Un travail de persuasion s'avère nécessaire pour convaincre la CMI de reconsidérer son orientation en faveur de l'amélioration de la qualité de l'eau du lac Champlain, croit M. Lévesque. Les maires des municipalités riveraines doivent s'y employer pour que l'argent du plan soit dirigé vers ce problème, dit-il. «Il faut qu'on oriente ce budget vers nos besoins, vers nos objectifs», soutient le maire dont la ville tire son eau potable du lac.

Prudent de ne pas critiquer sa formation politique, le député Paradis s'est montré plus nuancé. Bien qu'il reconnaisse que l'orientation de la CMI l'étonne, il a rappelé que le plan fédéral comprenait aussi la rivière Richelieu. «On a dit qu'on allait travailler pour le lac et la rivière. On peut faire les deux», a-t-il assuré lundi en entrevue au cours d'une réception sur la colline parlementaire où il recevait des élus municipaux et des représentants d'associations de sa circonscription.

Être de son temps

La CMI doit être de son temps, a toutefois indiqué M. Paradis. Créée en 1909 lors d'un traité entre le Canada et les États-Unis pour discuter des enjeux liés aux lacs que se partagent les deux pays, la CMI a surtout travaillé sur des problèmes de sécurité, notamment les risques d'inondations.

Les temps ont changé, fait remarquer le vétéran député. «On n'avait pas de problèmes avec la qualité de l'eau du lac avant. On en a maintenant. Il faut que la Commission mixte internationale ajuste son mandat pour s'en occuper aussi, qu'elle aille une coche plus loin.»

Les membres américains du CMI, dit M. Paradis, sont sensibles à la problématique des cyanobactéries dans le lac Champlain et des impacts environnementaux et économiques qu'ils causent. Ils seront d'accord pour agir sur cet enjeu, croit-il. «Le Vermont et l'État de New York en font déjà beaucoup. On doit tous le protéger.

Solutions recherchées

Quatre à cinq procédés pour éliminer les cyanobactéries du lac Champlain seront analysés au début du mois de juillet par un comité de maires dont les municipalités bordent le plan d'eau.

Action lac Champlain, le nom que le groupe ad hoc s'est donné ce week-end, entend profiter en septembre de la prochaine rencontre de tous les membres de la Commission mixte internationale pour leur présenter les meilleures solutions.

Les entreprises proposant les procédés ont déjà été identifiées, a dit le maire de Bedford, Yves Lévesque. «On veut qu'elles nous montrent que leur solution fonctionne.» Les entreprises retenues sont québécoises, a indiqué M. Lévesque.

Il se montre ouvert à considérer toutes les possibilités. «S'il y a une technique quelque part dans le monde qui fonctionne, on est prêts à l'essayer ici. On veut que ça bouge.» 

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