Sutton: le terrain inondé trois fois, assure un voisin

«Ç'a été comme un flash-flud. Il mouillait vraiment... (Janick Marois, La Voix de l'Est)

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«Ç'a été comme un flash-flud. Il mouillait vraiment fort. L'eau a monté tellement vite. Elle est passée par-dessus le chemin (route 139) à quelques places», se rappelle Maurice Bédard d'un violent orage en 1997.

Janick Marois, La Voix de l'Est

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Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Sutton) Le terrain où un promoteur à Sutton veut construire 14 maisons unifamiliales et jumelées ainsi que deux édifices à logements près de la rivière Sutton se trouve en zone inondable, soutient Maurice Bédard. Le citoyen a signé et remis au conseil municipal une déclaration sous serment à l'effet que trois inondations importantes se sont produites à cet endroit depuis 1967.

En 1987, M. Bédard et son épouse ont construit un plain-pied logé entre la route 139 et le terrain en question. Depuis qu'ils habitent la maison, le couple a vu la rivière Sutton quitter son lit deux fois: en 1997 et en 2011. La même chose s'est produite en 1967, assure le sexagénaire.

En 1997, se rappelle M. Bédard, une violente averse a provoqué une montée rapide du niveau de l'eau dans la rivière. Le volume d'eau ainsi que son torrent ont eu comme impact d'arracher le pont du Domaine Gagné. «Ç'a été comme un flash-flud. Il mouillait vraiment fort. L'eau a monté tellement vite. Elle est passée par-dessus le chemin (route 139) à quelques places.»

L'eau s'est rendue jusqu'à son terrain, explique-t-il. La maison aurait été inondée s'ils n'avaient pas haussé le terrain au moment de sa construction, dit-il. «Tout ça était inondé», a-t-il dit montrant du doigt le terrain où des habitations sont prévues.

En août 2011, lors de la tempête tropicale Irene, l'inondation a recouvert près de la moitié du terrain du promoteur Louis Beauregard.

L'idée de coucher sur papier ces informations et de signer une déclaration sous serment lui est venue après la rencontre spéciale organisée à la fin du mois de mai par la Ville sur le projet de M. Beauregard. «Je leur ai dit tout ça, que j'ai vu de mes yeux trois inondations sur ce terrain. Mais ça n'a pas eu l'air de rentrer bien fort dans leur tête. J'ai décidé de leur donner ça par écrit», a-t-il indiqué vendredi en entrevue.

Le maire Louis Dandenault et le conseiller Kenneth Hill étaient présents à la rencontre spéciale, a dit M. Bédard.

Pour M. Bédard, il est impensable de construire des habitations sur ce terrain. «Le gars qui bâtit là, il va se donner du trouble. Et ça va mettre la Ville aussi dans le trouble parce qu'elle dit que c'est ok de bâtir là. Qu'est-ce qui nous dit qu'on aura pas d'autres flash-fluds? On ne peut pas en être certain», dit-il. «Quelle compagnie d'assurance va accepter d'assurer ces maisons?»

En 2011, la tempête tropicale Irene a provoqué... (fournie par Maurice Bédard) - image 2.0

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En 2011, la tempête tropicale Irene a provoqué l'inondation de la rivière Sutton. Sur la photo, on aperçoit la rivière près du chemin Jordan.

fournie par Maurice Bédard

Une photo prise dans un angle similaire vendredi... (Janick Marois, La Voix de l'Est) - image 2.1

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Une photo prise dans un angle similaire vendredi montre la rivière dans son état normal.

Janick Marois, La Voix de l'Est

Informations analysées

Le maire Dandenault n'a pas pris connaissance de la déclaration sous serment de M. Bédard déposée au conseil lundi lors de l'assemblée régulière. Le document a été remis au directeur du service de l'urbanisme, Réal Girard, a-t-il dit.

Joint vendredi, M. Dandenault a dit connaître M. Bédard. «Je ne remets pas en question ses informations. On va analyser tout ça, le CCU (comité consultatif d'urbanisme) va regarder tout ça, va regarder les informations que la Ville possède pour pouvoir comparer», a-t-il dit.

M. Dandenault reconnaît que des débordements sont déjà survenus dans la rivière Sutton. Cependant, les inondations n'ont pas le même impact partout, a-t-il ajouté. «Il faut voir jusqu'où l'eau s'est rendue», a-t-il dit.

Une étude de la firme Tetratech, commandée par le promoteur, conclut que le terrain ne se trouve pas en zone inondable. L'étude n'a pas été rendue publique. Notons que la firme d'ingénieur n'a pas réalisé l'étude qui conclut qu'aucun milieu humide n'est présent sur le terrain.

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