Zoothérapie tous azimuts

Pour Jacinthe St-Pierre, la Fermette Rosie et cie... (Janick Marois, La Voix de l'Est)

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Pour Jacinthe St-Pierre, la Fermette Rosie et cie est un havre de paix pour les visiteurs, mais aussi pour elle-même et ses animaux.

Janick Marois, La Voix de l'Est

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Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Lawrenceville) Deux chèvres, deux chevaux miniatures, quatre lapins, quatre poules, trois chats et deux chiens: non, ce n'est pas une comptine, mais un rêve devenu réalité pour Jacinthe St-Pierre, qui ouvrait officiellement jeudi les portes de son centre de zoothérapie dans sa fermette de Lawrenceville.

Il y avait plusieurs années que l'éducatrice canin, diplômée en 2005 de l'École internationale de zoothérapie de Montréal, rêvait d'ouvrir son propre centre en milieu rural. Un projet dont elle a posé la première pierre en 2011, avec l'achat de la fermette et de la terre de seize hectares situées à cheval entre Lawrenceville et Sainte-Anne-de-la-Rochelle.

Cinq ans plus tard, la Fermette Rosie et cie voit le jour. Elle tient son nom d'un petit caniche cher au coeur de la thérapeute et qui mordait toute main qui s'approchait de lui. «J'ai travaillé avec elle pendant huit ans. C'est un chien qui me touche, qui m'a fait avancer et qui symbolise ma relation avec tous mes animaux», allègue Jacinthe St-Pierre, qui prend grand soin aujourd'hui des dix-sept animaux en difficulté qu'elle a adoptés et elle-même entraînés.

«Les animaux de ferme amènent une autre dimension. Leur sensibilité change, selon qu'il est une proie ou un prédateur. Le fait d'avoir toutes sortes d'animaux permet de m'adapter à toutes sortes de personnes», note la spécialiste.

Sans limites

Aînés, adultes, enfants; souffrant de handicap physique, de déficience intellectuelle ou de maladie mentale: les champs d'intervention sont infinis. Une infinité de problématiques peuvent être approchées via la zoothérapie. «Oui, avoir une relation avec un animal apporte du bien-être, mais ce n'est pas une thérapie si cette relation n'est pas accompagnée d'objectifs, nuance Mme St-Pierre. On peut travailler sur la détresse, la fin de vie, la peur de la mort... On reçoit aussi des confidences de gens, sur des choses qu'ils n'oseraient pas dire à leurs proches.»

«La zoothérapie peut être tellement de choses. On met sa créativité au service des enfants pour qu'ils se réalisent pleinement», poursuit l'éducatrice.

Mme St-Pierre donne l'exemple d'un préadolescent diagnostiqué d'un trouble de déficit de l'attention avec hyperactivité (TDAH) avec qui elle a travaillé une heure chaque deux semaines, pendant deux ans. «Au début, il disait toujours: "Je ne suis pas capable"», se rappelle-t-elle.

Au terme de sa thérapie, le jeune homme a réussi à réaliser un court métrage de trois minutes mettant en vedette quelques chiens et un lapin. Un projet par lequel il s'est épanoui, juste à temps pour la rentrée au secondaire. «Il a tout fait lui même! raconte la zoothérapeute, avant de montrer le produit final du garçon qui est aujourd'hui devenu photographe. J'aime croire que c'est une période déterminante pour lui qui lui a permis de se trouver.»

Ateliers

Cet été, la Fermette Rosie et cie sera ouverte au public dans le cadre d'ateliers d'une heure, sur rendez-vous (voir encadré). La spécialiste est aussi ouverte à développer des partenariats auprès des écoles de la région. Actuellement, en compagnie de son assistante Julia Stirling, Mme St-Pierre participe à un projet avec la Ville de Brossard, où des élèves du primaire viennent faire la lecture à un chien à la bibliothèque municipale.

Pour joindre l'utile à l'agréable, Mme St-Pierre invite ses visiteurs à pique-niquer sur place pour profiter du site enchanteur doté d'un étang, d'un accès à la rivière et de pâturages.

Un havre de paix pour les visiteurs, mais aussi pour elle-même et ses animaux, pour qui sa passion est plus que contagieuse. «Depuis que j'ai commencé à rêver de mon centre, je voulais qu'il soit un lieu à la mesure des enfants, explique-t-elle, mais aussi de mes animaux. Je veux que mes animaux soient libres. Quand je les ai adoptés, ils avaient chacun leurs difficultés, mais avec beaucoup de travail et de temps, c'est possible de leur redonner confiance en l'humain.»

Comprendre et apprivoiser

Alors que plusieurs municipalités mûrissent l'idée de bannir certaines espèces de chien sur leur territoire, comme les pitbulls, particulièrement depuis que l'un d'entre eux a mordu à mort une Montréalaise mercredi, Jacinthe St-Pierre estime qu'un manque de connaissances sur la psychologie canine est à l'origine de ce genre d'incident.

«On oublie que le chien est une espèce différente de l'humain, qui ne pense et ne réagit pas comme nous, indique-t-elle. On veut que notre chien tolère tout, mais il n'aurait pas son mot à dire.»

Mme St-Pierre croit que, comme il est obligatoire en Suisse, les nouveaux propriétaires de chiens devraient suivre une formation pour apprendre à apprivoiser, mais surtout à comprendre leur compagnon à quatre pattes. «Je travaille les relations de confiance et de collaboration. Je ne crois pas à la dominance: au contraire, je crois que ça rend les chiens agressifs», dit l'éducatrice.

Elle offrira dès la fin du mois des ateliers de «zooanimation» axés sur la sécurité des enfants et des chiens. «Je veux apprendre aux enfants comment se comporter en présence d'un chien. On ne peut pas faire n'importe quoi avec. Et il ne faut pas oublier que même si notre chien réagit d'une certaine manière à notre approche, ça ne veut pas dire que le chien de quelqu'un d'autre réagira de la même manière», note la zoothérapeute, qui rappelle que la majorité des morsures de chien le sont par des bêtes de notre entourage.

Un autre atelier sur la sensibilisation aux petits animaux de ferme sera lui aussi offert sur rendez-vous.

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