Saint-Paul-d'Abbotsford: les citoyens demandent des comptes

Candidat défait à la mairie, Roger Paquette s'est... (Christophe Boisseau-Dion, La Voix de l'Est)

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Candidat défait à la mairie, Roger Paquette s'est interrogé à savoir si le conflit entre le directeur général et l'ex-maire était lié aux affaires de ce dernier.

Christophe Boisseau-Dion, La Voix de l'Est

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Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Saint-Paul-d'Abbotsford) À nouveau, les Abbotsfordiens se sont réunis en très grand nombre pour s'interroger sur la démission du maire Jacques Viens et des conseillers Sylvie Ménard et Robert Porlier. Cette fois, ils ont demandé des comptes aux élus qui demeurent.

Contrairement à la table des élus, tous les sièges de la salle du conseil étaient occupés; plus d'une trentaine de citoyens se tenaient debout au fond, faute de place.

D'entrée de jeu, le maire suppléant Mario Larochelle a témoigné, au nom du conseil, de son «appui total» au directeur général, Daniel-Éric St-Onge. « (C') est un gestionnaire de haut calibre; il a toujours accompli un travail exemplaire avec une rigueur et un professionnalisme marqués», a souligné le premier magistrat, notant au passage «l'excellente gestion financière» de la municipalité.

Questionnés sur le sujet, M. Larochelle et les conseillers Robert Marshall, Réjean Guillet et Pierre Pelletier ont ensuite tenté d'expliquer que le conflit entre l'ex-maire et le directeur général était soudain et inattendu, mais n'ont pas fourni les raisons exactes qui ont motivé les départs.

Pendant que des citoyens souhaitaient sa démission, M. St-Onge restait concentré sur son plan de travail, visiblement mal à l'aise. Plusieurs ont réclamé qu'il relate sa version des faits, ce à quoi s'est opposé le conseil. Gisèle Roy a pour sa part exigé que le directeur général regarde l'assemblée par respect pour les citoyens, déclenchant des applaudissements.

Une pétition a circulé en ville au cours des derniers jours pour obtenir le départ de M. St-Onge. Selon nos informations, le document aurait recueilli plus de 150 noms au cours des deux derniers jours, mais n'a pas été déposé lors de la séance.

Un conflit personnel?

Bien que le maire Viens ait justifié son départ par des divergences administratives avec le directeur général, les élus ont pour leur part soutenu que le conflit était plutôt d'ordre personnel et que jamais ils n'avaient eu vent de ce motif.

Candidat défait à la mairie, Roger Paquette s'est interrogé à savoir si le conflit entre le directeur général et l'ex-maire était lié aux affaires de ce dernier. «Serait-ce possible que le problème se soit passé en haut (chez Can-Bec, l'entreprise de M. Viens)?», a-t-il demandé, faisant grimacer le maire suppléant.

Les conseillers Guillet et Marshall se sont ensuite attiré les foudres de la foule en alléguant qu'il ne s'agissait que d'un conflit entre deux personnalités.

Le conseil s'est toutefois montré unanime sur le fait que, contrairement aux prétentions du maire démissionnaire, il n'a jamais été divisé et que le climat n'a jamais été tendu à l'hôtel de ville.

Appuis et appel à la tempérance

En plus du conseil municipal, des citoyens se sont portés à la défense du directeur général. Aimée Gaudette a pour sa part salué le travail des employés de la municipalité.

Porte-parole du mouvement Vigile Saint-Paul-d'Abbotsford, Robert Vyncke a aussi rappelé que l'objectif du regroupement n'était pas de faire le procès de M. St-Onge. Il a prêché pour une approche de médiation pour la gestion des conflits futurs.

L'ancien conseiller Claude Fournier a rappelé que Daniel-Éric St-Onge avait été embauché à la suite d'un processus rigoureux. «Ce qui nous importe, c'est qu'il fasse son travail. Et il le fait bien jusqu'à preuve du contraire», a-t-il affirmé.

M. Fournier a été l'un des premiers à lancer un appel à la tempérance, dénonçant les «insinuations et railleries». Il a été suivi quelques instants plus tard de l'ancien maire Dean Thomson.

Deux employés municipaux se sont aussi exprimés pour louanger la «belle ambiance de travail comme ça, où il y a beaucoup de camaraderie et d'entraide».

Daniel-Éric St-Onge brise le silence

En marge de la séance, le directeur général Daniel-Éric St-Onge a brisé le silence. Le fonctionnaire souhaite garder le cap sur les projets positifs qui ont cours dans la municipalité.

«Il y a cinq choses qui m'animent dans la vie, a-t-il confié à La Voix de l'Est. D'abord, ma famille, puis mon travail de directeur général. N'importe qui me connaissant ou travaillant avec moi voit à quel point je suis passionné par mon travail.»

«J'aime aussi profondément ma municipalité, ajoute celui qui n'y demeure toutefois pas. Il s'agit d'une fierté d'appartenance pour tout ce qu'on a accompli et pour là vers où on s'en va. Je suis aussi très fier du travail que j'accomplis chaque jour.»

«J'estime avoir des fondements et valeurs solides tels la loyauté, la fierté et l'honneur», conclut celui qui se décrit comme un joueur d'équipe, prêt à collaborer autant avec les membres du conseil municipal actuel qu'avec ceux qui seront élus d'ici quelques semaines.

M. St-Onge, en poste depuis huit ans, a aussi profité de l'occasion pour remercier le maire suppléant et tous les conseillers pour leur appui au cours de cette période trouble. Marie-Ève Martel

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