Procès de Laurent St-Martin: la première présumée victime témoigne

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Laurent St-Martin, qui portait mardi une barbe fournie, subit un premier procès pour incitation à des contacts sexuels et contacts sexuels sur une mineure.

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) «Il fallait que je dénonce, parce que c'est pas correct ce qu'il a fait. J'en ai pris conscience.»

La première de trois présumées victimes de Laurent St-Martin, accusé d'incitation à des contacts sexuels et de contacts sexuels sur une mineure, a donné sa version à la cour, mardi.

Par télétémoignage, l'adolescente de 14 ans a décrit quatre événements où, soutient-elle, le plombier de 60 ans lui a fait ou a tenté de lui faire des attouchements.

La première fois, selon son témoignage, elle avait six ou sept ans. Elle se faisait alors fréquemment garder chez l'accusé, à Granby, qu'elle considérait comme un membre de sa famille. M. St-Martin serait venu la rejoindre dans son lit en disant «vas-y, déshabille-toi».

«J'étais jeune, je l'ai écouté, dit-elle. C'était un adulte, l'autorité. Il a commencé à me toucher tout partout, par-dessous mes vêtements. Les seins, le vagin. Je ne peux pas dire combien de temps ça a duré.» Par la suite, elle a vomi.

Récidives

L'accusé l'aurait aussi invitée dans son garage, en une autre occasion, pour qu'elle le voie se masturber. «Il m'a dit: regarde, veux-tu essayer? Veux-tu m'exciter? J'ai dit non, vraiment pas. Et je suis retournée jouer aux Barbies.»

M. St-Martin l'aurait aussi touchée alors qu'elle sortait de la piscine, et essayé de lui faire un cunnilingus alors qu'elle dormait de nouveau chez lui. Cette fois-là, elle lui aurait donné un coup et il serait parti «fâché».

«Il a toujours persisté, même quand je lui disais d'arrêter, a-t-elle indiqué en répondant aux questions de Me Valérie Simard-Croteau, de la Couronne. Il me disait de ne rien dire, que c'était une sorte de secret entre lui et moi. Dans ma tête, c'était normal. J'avais peur qu'il fasse quelque chose à mon frère, ma mère.»

Elle n'a pu chiffrer le nombre de fois où elle aurait été victime de gestes illégaux. Sa mère a aussi témoigné, rappelant que M. St-Martin et sa conjointe étaient «comme des parents» pour elle et considéraient ses enfants comme leurs petits-enfants.

Contre-interrogatoire

En contre-interrogatoire, la plaignante a été plus hésitante et plus floue, en plus d'ajouter de nouvelles informations. À la défense, Me Pascale Gauthier a aussi démontré que ses réponses différaient de celles qu'elle avait données lors de l'enquête préliminaire, en décembre, ou de son interrogatoire policier.

«Ça se peut que j'aie été confondue, a dit l'adolescente. Il s'est passé tellement d'affaires, ça fait tellement longtemps, je ne peux pas m'en souvenir.»

Témoignant pour la défense, la conjointe de l'accusé a relaté que l'adolescente a toujours été turbulente. «Si elle voulait quelque chose, elle ne passait pas par quatre chemins, a dit Danièle St-Martin. Souvent, elle nous a menti.»

Mme St-Martin s'est ensuite contredite à quelques reprises, affirmant par exemple que son mari n'était «jamais» resté seul avec la présumée victime, avant de se raviser. Le propriétaire des Pompes Caron, Michel Caron, a aussi témoigné en faveur de son employé.

En début de journée, Laurent St-Martin a demandé à La Voix de l'Est de ne rien publier avant que «la vérité sorte». Il a ensuite soupiré bruyamment tout au long de l'audience. Il n'a pas d'antécédent judiciaire.

Ce procès reprend mercredi devant le juge Paul Dunnigan, de la Cour du Québec. L'accusé doit subir un deuxième procès, en août, concernant deux autres plaignants, et ce pour des accusations du même ordre.

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