Lait diafiltré: le fédéral pointé du doigt

«On a besoin que notre gouvernement mette ses... (Justin Tang, La Presse Canadienne)

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«On a besoin que notre gouvernement mette ses culottes, contrôle les frontières et travaille pour nous», a plaidé Chris Ryan, un fermier de St-Isidore en Ontario, qui avait amené sa vache baptisée Ninja à la manifestation.

Justin Tang, La Presse Canadienne

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La Presse Canadienne
Ottawa

Les producteurs de lait canadiens estiment que l'importation de lait diafiltré leur a fait perdre 220 millions $ l'an dernier.

Ce lait est considéré comme un ingrédient lorsqu'il traverse la frontière, ce qui lui permet d'échapper aux droits de douane et de contourner le système de gestion de l'offre qui prévaut au Canada pour le lait, les oeufs et la volaille.

Plusieurs agriculteurs accusent les troupes libérales de rester les bras croisés devant ce qu'ils considèrent comme une concurrence injuste.

«On a besoin que notre gouvernement mette ses culottes, contrôle les frontières et travaille pour nous», a plaidé Chris Ryan, un fermier de St-Isidore en Ontario, qui avait amené sa vache baptisée Ninja à la manifestation.

«On nous a dit en avril passé (qu'un geste) était imminent. Malheureusement, il n'y a pas de grande volonté politique de la part du gouvernement, à l'heure actuelle», a déploré Serge Lapointe, un producteur de Lambton en Estrie, qui dit perdre 25 000 $ par an en raison de l'importation du lait diafiltré au pays.

Réaction politique

Le 3 mai, le ministre fédéral de l'Agriculture, Lawrence MacAuley, avait promis des consultations avec les producteurs de lait dans les 30 jours, pour tenter de trouver des solutions au problème.

Les jours ont passé et les agriculteurs piaffent. En point de presse, jeudi, le premier ministre Justin Trudeau a assuré que ses troupes travaillaient d'arrache-pied sur le dossier. «Nous continuons de travailler sur des enjeux comme celui-ci, qui sont des préoccupations, parce qu'on croit que nos agriculteurs, nos fermes, doivent avoir la capacité de réussir et doivent pouvoir passer à la prochaine génération», a-t-il insisté.

Comme le ministre était à l'étranger, c'est son secrétaire parlementaire Jean-Claude Poissant que les représentants de l'industrie ont rencontré à Ottawa, jeudi.

En Chambre, M. Poissant s'est fait demander par la néo-démocrate Marjolaine Boutin-Sweet s'il entendait agir rapidement dans le dossier, l'accusant de traiter avec «mépris» les agriculteurs.

Le ministre québécois de l'Agriculture, Pierre Paradis, présent à la manifestation de jeudi, a dit croire pour sa part qu'Ottawa ferait une annonce sur le dossier dès le lendemain, soit ce qu'il considère être le 30e jour de la promesse du ministre MacAulay. «À partir du moment où le délai a été fixé, (...) si ça veut dire quelque chose, il devrait y avoir quelque chose demain», a-t-il présumé.

Le président de l'Union des producteurs agricoles (UPA), Marcel Groleau, ne comprend pas ce qui peut prendre tant de temps. «Tout est là pour que ce soit simple. Mais le gouvernement fédéral refuse de bouger. Et vraiment, on ne comprend pas», a-t-il indiqué.

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