Aide à mourir: un vote moral, selon nos députés

Le député de Brome-Missisquoi, Denis Paradis, a salué... (Julie Catudal, archives La Voix de l'Est)

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Le député de Brome-Missisquoi, Denis Paradis, a salué le fait que le vote sur l'aide médicale à mourir ait été libre, qu'il n'ait pas été soumis à la ligne de parti.

Julie Catudal, archives La Voix de l'Est

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Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

Le projet de loi sur l'aide médicale à mourir a été adopté mardi soir, au plus grand soulagement des députés libéraux Denis Paradis et Pierre Breton. Comme le vote faisait abstraction de la ligne de parti, tout un chacun a pu s'exprimer en accord avec sa conscience, soulignent-ils.

«C'est un pas important pour notre société, se réjouit le député de Shefford. On a eu de belles discussions, une ouverture extraordinaire des ministres de la Santé et de la Justice, pour permettre à tous, des gens de tous les partis, de s'exprimer. (...) Je considère que c'est la meilleure approche pour permettre une mort paisible à ceux qui souffrent, tout en protégeant les plus vulnérables.»

Pour Denis Paradis, le vote sur le projet de loi sur l'aide médicale à mourir a été l'un des plus difficiles de sa carrière. «Un moment donné, je ne savais plus de quel côté pencher», raconte-t-il.

«Pour certains, l'aide médicale à mourir, c'est quelque chose de troublant. Pour d'autres, ça ne va pas encore assez loin. Il s'agit d'une question difficile, extrêmement personnelle, qui est intimement liée à nos points de vue», constate aussi M. Breton, pour qui la mise en place de critères clairs permet de bien appliquer ce changement au Code criminel.

Des représentations de citoyens, qu'ils soient en faveur ou opposés au projet, ont brouillé les cartes. «Il y a du pour, il y a du contre. Il y en a qui disent que l'aide médicale à mourir existe déjà quand on injecte de la morphine à une personne mourante. Il y en a d'autres qui expriment des raisons religieuses», énumère l'élu de Brome-Missisquoi.

C'est finalement une rencontre déterminante, survenue il y a une dizaine d'années à Magog, qui a cimenté sa décision. «Il y avait une dame qui voulait me rencontrer, mais qui ne pouvait pas se déplacer à mon bureau de comté parce qu'elle était à l'hôpital», se souvient celui qui a auparavant été député de 1995 à 2006.

«Cette dame était vraiment souffrante, poursuit-il. Elle m'a dit: "ne laissez pas le monde souffrir. Je vous en prie, si un jour vous avez à voter sur l'aide médicale à mourir, votez en faveur". La dame est décédée quelques semaines plus tard. Quand est venu le temps de voter, c'est remonté en surface.»

Tous deux sont heureux du dénouement de la situation, particulièrement parce que chaque élu pouvait s'exprimer en accord avec sa conscience.

«Autant il y a quelques conservateurs qui ont voté en faveur du projet de loi, autant il y a quelques libéraux qui se sont prononcés contre, de dire M. Paradis. C'est pour ça qu'on avait besoin de votes libres en chambre.»

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