Phosphore dans les cours d'eau: une soixantaine de fermes visées

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Une soixantaine de terres agricoles dans l'ouest de la MRC Brome-Missisquoi sont aux prises avec de graves problèmes d'érosion. Un projet spécial leur permettra de trouver des solutions.

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Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Bedford) Les agriculteurs dont les terres sont les plus touchées par des problèmes d'érosion dans la MRC Brome-Missisquoi obtiendront l'aide d'un agronome. Une soixantaine d'entre eux recevront la visite du professionnel lors des trois prochaines années pour les aider à corriger la situation.

Ce projet spécial est l'initiative de l'Organisme de bassin versant de la baie Missisquoi. L'organisme a reçu la confirmation mardi de l'obtention d'une subvention annuelle de 45 000 $ pour 2016, 2017 et 2018 de la part du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec. La MRC Brome-Missisquoi y investira 15 000 $ par année.

Une analyse de l'Institut de recherche et de développement en agroalimentaire (IRDA) des cours d'eau de la MRC conclut que 54 % du phosphore et des matières en suspension d'origine agricole qui se retrouvent dans le lac Champlain proviennent de 10 % de terres agricoles, explique Simon Lajeunesse, coordonnateur de la gestion de l'eau à la MRC. «Plusieurs fermes ont des problèmes d'érosion. Mais on constate que certains secteurs sont plus vulnérables que d'autres. C'est là qu'on veut intervenir.»

Les fermes identifiées se trouvent dans les municipalités de Farnham, Notre-Dame-de-Stanbridge, Pike-River et Sainte-Sabine, toutes situées dans la partie ouest de la MRC, là où les grandes cultures sont omniprésentes. «On veut aller dans les endroits les plus sensibles pour avoir le plus grand impact possible», explique M. Lajeunesse.

L'agronome embauché par l'OBV baie Missisquoi rencontrera d'abord les agriculteurs pressentis. Il analysera la situation et fera rapport à un comité d'experts pour préparer un plan d'intervention ainsi que des demandes de subventions pour financer les travaux destinés à corriger les problèmes de ruissellement et d'érosion.

La participation des producteurs agricoles est volontaire, signale Johanne Bérubé, directrice générale de l'OBV baie Missisquoi. Elle croit que la très grande majorité sautera sur l'occasion. «L'accompagnement des agriculteurs pour trouver des solutions est essentiel. Si on leur présente un plan d'intervention réaliste, qui corrige les problèmes sans affecter la rentabilité de leurs activités, ils vont embarquer.»

L'ampleur de l'érosion sur certaines terres agricoles provoquera des discussions difficiles, reconnaît Mme Bérubé. «Il y a des terres cultivées qui sont en zone inondable. On le sait. Il faudra arrêter d'en faire de la grande culture, compenser les agriculteurs et les utiliser comme pâturage. Il va falloir que l'argent soit au rendez-vous pour les aider», soutient-elle. «C'est un projet très ambitieux.»

Le comité d'expert regroupera des représentants du MAPAQ, du ministère de l'Environnement, de la MRC, de la section régionale et locale de l'Union des producteurs agricoles, de l'IRDA, des clubs agroenvironnementaux et des OBV baie Missisquoi et de la Yamaska.

Avoine, moutarde et seigle

Les plans d'intervention tiendront compte des particularités des différents types de sols, des cultures et des équipements utilisés, a souligné M. Lajeunesse. Parmi les solutions d'emblée étudiées, la culture d'autres végétaux au terme des récoltes sera privilégiée, a-t-il dit, énumérant des plantations d'avoine, de moutarde et de seigle. «On ne veut plus laisser de sol à nu après les récoltes. Ça provoque de gros problèmes de ruissellement des eaux à la fonte des neiges», dit-il.

Le CLD Brome-Missisquoi pourrait être appelé à prêter son expertise dans le cadre de ce projet, estime Mme Bérubé. Dans l'éventualité où les agriculteurs cultivent d'autres végétaux à l'automne, dit-elle, des débouchés devront être trouvés pour les vendre.

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