CALACS: des messages qui voyagent sur les autobus

Sophie Labrie et Chantal Brassard du CALACS dévoilaient... (Janick Marois, La Voix de l'Est)

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Sophie Labrie et Chantal Brassard du CALACS dévoilaient mardi le projet de sensibilisation «Aider par la puissance de nos voix», incluant une campagne d'affichage sur les autobus et les abribus de Granby.

Janick Marois, La Voix de l'Est

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Marie-Élise Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) Prenant la forme d'une liste d'affirmations positives colorées sur fond uni, le nouveau message de sensibilisation du Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel de Granby (CALACS) se déploie dans toute la ville. Jusqu'à la fin juin, le message voyagera avec cinq autobus et sera affiché dans sept abribus de la ville de Granby près des endroits grandement fréquentés. Les étudiants de l'école J.-H.-Leclerc participent également à la campagne.

Le projet de sensibilisation «Aider par la puissance de nos voix» est lancé à l'occasion de la Semaine des victimes et survivants d'actes criminels (qui se poursuit jusqu'au 4 juin) et de la période des bals de finissants.

«C'est un contexte propice aux agressions», prévient Sophie Labrie, responsable des communications au CALACS. «Le bal est bien encadré. L'après-bal, un peu moins. On le sait, avec l'alcool, des fois, y'a des dérapes.»

Les jeunes seront ainsi invités à signer un pacte d'amitié les engageant à garder un oeil sur un ou une amie en cette fin d'année scolaire, de même que lors des partys d'été. Un autre pacte sera proposé aux parents, les encourageant à aller chercher leur enfant qui a consommé de l'alcool, peu importe l'heure.

Attitudes aidantes

Les jeunes sont au fait que les agressions sexuelles se perpètrent généralement dans des milieux isolés et que dans 85% des cas, l'agresseur est connu. Ce qui est moins clair, c'est comment réagir lorsqu'une personne dévoile l'agression sexuelle dont elle a été victime. D'où l'importance de mettre en exergue ce qu'on appelle des «attitudes aidantes».

Parmi celles-ci: «écouter sans porter de jugement, souligner ses forces et son courage d'en parler, lui dire que c'est normal qu'elle vive de la honte, de la peine et de la colère». En plus d'être visibles sur les autobus, les phrases ont été imprimées sur une centaine de t-shirts qui seront distribués cette semaine à l'école secondaire J.-H.-Leclerc. Un comité étudiant y tiendra également un kiosque éducatif.

Selon la psychoéducatrice de l'école, Danielle Giroux, un ou deux étudiants par année viennent la rencontrer pour des cas d'agressions sexuelles. Elle explique qu'en premier lieu, l'infraction doit être signalée à la DPJ. Ensuite, il importe de «mettre un filet de sécurité» autour de ces jeunes, surtout s'ils sont toujours en contact avec leur agresseur. L'étape suivante, informer les parents, est toujours très difficile.

«Quand on parle d'agressions sexuelles, on parle de deux tabous: la sexualité et la violence», résume Chantal Brassard, coordonnatrice des bénévoles au CALACS.

Elle relève l'importance du rôle de l'entourage qui reçoit un tel aveu. «Si une personne qui se confie est mal reçue, elle risque de se taire», poursuit Sophie Labrie.

L'agente de prévention a elle-même été victime d'une agression sexuelle, et c'est à 26 ans qu'elle a trouvé le courage de se tourner vers le CALACS.

Sensibiliser

La campagne de sensibilisation vise à ce que les «survivantes» d'agressions sexuelles ne soient plus «ignorées, ridiculisées ou blâmées», comme l'énumère Chantal Brassard.

Comme l'affichage avait eu une belle portée l'an dernier, la même approche a été renouvelée. Le thème «Aider par la puissance de nos voix» est une suite logique au slogan de l'an dernier («En parler, c'est se libérer»), qui visait à encourager les survivantes d'agressions sexuelles à briser le silence.

Le CALACS est un organisme féministe à but non lucratif qui lutte contre les agressions sexuelles et toute autre forme de violence sexuelle. Il vient en aide aux femmes et adolescentes de plus de 14 ans en offrant trois volets de services: la défense des droits des femmes victimes d'agressions sexuelles, l'intervention directe auprès de ces dernières et de leur entourage, ainsi que la prévention en milieu scolaire et dans la population.

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