Un demi-milliard investi en aérospatiale: des attentes à Granby

En développant un projet d'envergure, Jacques Ouellet de... (Janick Marois, La Voix de l'Est)

Agrandir

En développant un projet d'envergure, Jacques Ouellet de NSE Automatech à Granby espère obtenir sa part de l'enveloppe d'un demi milliard de dollars investi par Québec dans l'aérospatiale.

Janick Marois, La Voix de l'Est

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Marie-Élise Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) «J'espère que ça va s'en venir ici!» lance Jacques Ouellet. Le directeur général de NSE Automatech réagissait lundi à l'annonce de Québec, qui investira un demi-milliard$ sur 5 ans dans l'aérospatiale. Une nouvelle très bien reçue par l'industrie aéronautique de Granby et les environs. Les joueurs régionaux parlent déjà de mettre sur pied des projets d'envergure pour aller chercher leur part du gâteau.

Dévoilée lundi par la ministre de l'Économie, Dominique Anglade, la stratégie de l'aérospatiale du gouvernement prévoit d'investir de bons montants dans les PME par le biais du programme PERFORME, qui sera bonifié. Avec les autres décideurs membres d'Aéro Montréal, le DG de NSE Automatech de Granby travaille depuis deux ans pour que cette aide soit débloquée. «C'est ce qu'on crie depuis longtemps sur les CA d'Aéro Montréal et de sous-traitance industrielle du Québec», indique-t-il. Leurs appels ont été entendus.

L'expertise du Québec dans le secteur de l'aérospatiale est déjà reconnue, mais les PME sont confrontées à une concurrence de plus en plus vive. Le gouvernement les encourage à se regrouper pour être plus compétitives. Une proposition qu'approuve Jacques Ouellet. «Je suis entièrement d'accord. Même que je peux vous dire que l'aérospatiale au Québec est une petite famille. On se connaît tous, on se côtoie partout, on joue au golf ensemble. Ce n'est plus ici, la compétition.»

Projet en cours chez NSE

Conquérir le marché international fait partie des plans du DG de NSE Automatech, qui oeuvre dans l'usinage de précision et le câblage filaire pour les secteurs de haute technologie. Les démarches sont enclenchées en vue de l'obtention d'un projet d'envergure. «C'est encore trop embryonnaire pour en parler», avance M. Ouellet, prudent. Il espère pouvoir dévoiler de plus amples détails d'ici la fin de l'année. L'entreprise de Granby, en voie de soumission, pourrait se voir confier un projet porteur en sous-traitance. «Ça s'est toujours fait à l'intérieur des murs des gros donneurs d'ordres. Donner en sous-traitance, je pense que ce n'est jamais arrivé», mentionne l'homme d'affaires, n'en disant pas plus. Il est confiant que son offre de services pourrait lui valoir le contrat. «Ce que les donneurs d'ordres aiment actuellement chez nous, c'est qu'on livre un produit clé en main complet. On fait l'usinage, l'assemblage, les traitements de surface et la peinture», ajoute-t-il.

Le projet est assez important pour que Jacques Ouellet et son équipe aient raison d'espérer obtenir une part de l'enveloppe d'un demi-milliard$. Une subvention permettrait à NSE Automatech de financer ce projet, mais aussi d'investir dans l'innovation. «Des équipements plus performants, des systèmes de gestion numérique pour être vraiment plus près de nos opérations et garder nos emplois ici», précise M. Ouellet.

Québec réserve 13 millions$ pour les PME qui désireraient automatiser leurs chaînes de montage.

Rayonnement à Granby

L'annonce a suscité le même enthousiasme chez Granby industriel, qui s'était fixé il y a deux ans des objectifs de visées internationales. «On commence déjà à avoir certaines retombées», dévoile Éric Tessier, commissaire industriel. «On est aujourd'hui en mesure d'attirer des clients pour nos entreprises, qui réalisent qu'une visite à Granby peut être payante.»

M. Tessier était présent à l'École nationale d'aérotechnique de Longueuil, lundi matin, pour le lancement de la Stratégie québécoise de l'aérospatiale. Il affirme que les quatre axes de la stratégie rejoignent directement le créneau de Granby.

La prochaine rencontre de la table de concertation, le 2 juin, sera l'occasion de discuter avec les acteurs de l'industrie de la stratégie à adopter pour la suite.

Parmi les fleurons de l'aéronautique qui auraient le potentiel d'être subventionnées par Québec, il nomme entre autres A7 Intégration, Avior, Atlas Aéronautik et NSE Automatech. «Il faut maintenant s'assurer qu'elles (les entreprises) puissent consolider leur position sur le marché et développer des nouveaux partenariats», mentionne Éric Tessier.

Il ajoute que des terrains sont disponibles pour mettre en oeuvre de nouveaux projets. Si les entreprises travaillent ensemble, dit-il, des sous-ensembles précis pourront être livrés à des fournisseurs de «rang 1», ceux que le gouvernement souhaite attirer.

Relève

Avec l'appel au partenariat lancé par le gouvernement, plusieurs ententes d'affaires, de fusions et d'acquisitions sont à prévoir. À cet égard, le DG de NSE Automatech relève une problématique. «Il y a beaucoup de PME avec des chefs d'orchestre rendus à un certain âge, il va falloir qu'il y ait de la relève», dit-il. Ce ne sont pas les futurs ingénieurs qui manquent dans la région, les écoles d'aéronautique en sont remplies. «Je ne veux pas être méchant en disant ça, mais il y a des vieux de la vieille qui ne décrochent pas. Ça, des fois, ça fait mal un peu à l'industrie», laisse entendre Jacques Ouellet.

L'industrie aérospatiale québécoise représente 40 000 emplois, 190 entreprises et des ventes annuelles de 15,5 milliards$. L'injection de 250 millions$ sur cinq ans, espère Québec, générera 2,8 milliards d'investissements dans ce secteur.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer