Saint-Paul-d'Abbotsford: le maire démissionne

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Les styles de gestion aux antipodes du directeur général Daniel-Éric St-Onge (à gauche) et du maire Jacques Viens auraient contribué à envenimer leur relation de travail, et ce, même si les deux hommes étaient devenus de bons amis au fil du temps.

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Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Saint-Paul-d'Abbotsford) Les citoyens de Saint-Paul-d'Abbotsford devront bientôt se rendre aux urnes: le maire Jacques Viens a annoncé cette semaine qu'il ne terminerait pas son mandat. Des divergences administratives avec le directeur général justifient cette décision inattendue.

L'élu a fait part de sa démission à ses collègues par écrit mercredi. Toujours sous le coup de l'émotion, il a confié à La Voix de l'Est avoir mûri sa décision au cours du dernier mois.

«C'est une décision très déchirante. Est-ce que j'aimais ça? Oui, affirme M. Viens. C'est un deuil à faire. J'avais beaucoup d'ambition pour Saint-Paul. Je me voyais même me représenter à la mairie en 2017.»

Élu conseiller par acclamation en 2009, l'homme d'affaires avait brigué la mairie en novembre 2013, après que le maire sortant, Dean Thomson, ait annoncé qu'il ne solliciterait pas de nouveau mandat. Il avait emporté l'élection haut la main, avec 76,5 % des suffrages contre Roger Paquette.

Climat tendu

Or, les styles de gestion aux antipodes du maire Viens et du directeur général Daniel-Éric St-Onge auraient contribué à envenimer leur relation de travail, et ce, même si les deux hommes étaient devenus de bons amis au fil du temps. «Je l'apprécie, mentionne M. Viens, qui reconnaît les compétences professionnelles de son collègue. Mais comme on ne gérait pas de la même façon, on se déchirait beaucoup. Je n'étais plus bien.»

Un climat tendu qui, selon M. Viens, était palpable au sein du conseil municipal. «C'était devenu une atmosphère qui n'était pas facile, reconnaît-il. Les conseillers n'étaient pas tous à l'aise dans la situation, et on était divisés.»

«J'ai laissé couler des choses, parce que je suis assez conciliant, mais un moment donné j'ai eu mon voyage. Certains dossiers n'avançaient pas à mon goût, des décisions ont été prises sans que je sois mis au courant: on ne peut pas avoir deux coqs dans la même basse-cour», ajoute-t-il.

Par son départ, M. Viens se dit désolé de décevoir les citoyens qui lui témoignent leur confiance depuis plusieurs années, et il les en remercie profondément.

«Mais à couteaux tirés comme ça, je n'aurais pas pu rester un an et demi de plus [en poste]. Ça ne fait pas partie de ma nature. J'étais vraiment en train de me rendre malade», indique-t-il.

Son départ est aussi la solution la moins dispendieuse, allègue le maire, qui ne touchera pas de prime de transition à la suite de sa démission.

Contacté vendredi après-midi, M. St-Onge n'a pas voulu commenter la situation, préférant se concentrer sur les projets à venir pour la municipalité.

«C'est très dommage, a pour sa part constaté le conseiller Réjean Guillet. Nous avions une équipe formidable. On aurait aimé qu'il y ait réconciliation.»

D'autres échevins rejoints par La Voix de l'Est ont préféré ne pas se prononcer.

La MRC de Rouville sous le choc

Depuis près d'un an, M. Viens était également préfet suppléant de la MRC de Rouville.

Ses collègues à la table des maires ont été choqués d'apprendre sa démission au cours des derniers jours. Certains auraient tenté de le faire changer d'idée, a appris La Voix de l'Est.

«Ça m'a scié les jambes, a affirmé le préfet Jacques Ladouceur, également maire de la municipalité de Richelieu. C'est dommage, car on s'entendait bien. Son départ est une grosse perte pour Saint-Paul.»

Le préfet n'a pas manqué l'occasion de souligner le caractère rassembleur de M. Viens. «Il était très impliqué et disponible. Des maires comme Jacques, il n'y en a pas beaucoup comme ça.»

Plusieurs maires de la MRC ont eu de bons mots pour leur homologue. «Je suis vraiment très peiné. Jacques faisait une maudite belle job, il a fait avancer plusieurs dossiers», a entre autres relevé le maire de Rougemont, Alain Brière.

«J'ai été très surpris, a renchéri Yvan Pinsonneault, maire d'Ange-Gardien. Je trouvais qu'il faisait un bon travail.»

Jacques Viens demeurera néanmoins occupé. Propriétaire de l'entreprise Laminage Can-Bec et de Can-Bec Immobilier, l'homme d'affaires sera aussi grand-papa d'ici les prochains mois. Il poursuivra également la construction d'un immeuble à logements sur le terrain de l'ancienne Résidence du Verger, qu'il avait acquise avec son partenaire Jean-Roch L'Heureux l'automne dernier.

D'ici l'élection, dont la date demeure à déterminer, le conseiller Mario Larochelle assurera la mairie par intérim. Le préfet adjoint sera pour sa part élu lors du prochain conseil de la MRC, le 15 juin prochain.

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