Manque de ressources pour les Chatinérants

Le refuge les Chatinérants à Granby lutte pour... (Janick Marois, La Voix de l'Est)

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Le refuge les Chatinérants à Granby lutte pour sa survie. Sur la photo, la vétérinaire Anne-Marie Chassé, Lucie Dubreuil et Lucie Jodoin.

Janick Marois, La Voix de l'Est

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Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est

(Granby) À bout de ressources financières et humaines, le refuge les Chatinérants lutte pour sa survie. Pendant ce temps, la Ville de Granby travaille de son côté sur un projet pilote qui permettrait la capture, la stérilisation et la relâche des chats errants, sans toutefois favoriser l'adoption de certains des félins, comme le fait actuellement le refuge.

Une situation qui attriste la vétérinaire Anne-Marie Chassé et la Granbyenne Lucie Jodoin, à l'origine des Chatinérants. «La Ville ne consulte pas les professionnels de la santé animale pour son projet», a déploré Lucie Jodoin.

Anne-Marie Chassé estime que le projet sur lequel la Ville travaille, et auquel elle a été invitée - comme d'autres vétérinaires - à participer dans le cadre d'une offre de services, comporte plusieurs failles. Elle croit entre autres que, par souci d'une bonne utilisation des deniers publics, certains tests et vaccins demandés par la Ville sur les chats sont inutiles dans certains cas.

La capture de chats errants serait aussi permise de la fin mars à la fin juin et du mois de septembre à la fin octobre. Mais qu'en sera-t-il de la période des déménagements, en juillet? Plusieurs chats sont abandonnés lors de cette période, soulignent les responsables du refuge. Et pourquoi interdire la capture en hiver, une période difficile pour les chats errants?

Ressources

Les Chatinérants a vu le jour en février dernier. L'objectif des fondatrices: stériliser les chats sans propriétaire pour mieux contrôler leur population. Ce faisant, elles souhaitent faciliter les démarches pour favoriser l'adoption de ceux qui peuvent être adoptés et relâcher en nature ceux qui sont peu ou pas habitués aux contacts humains.

Le refuge les Chatinérants s'est installé dans un local de la rue Laval Sud. Au cours des derniers mois, quelque 65 chats ont été attrapés, dit Anne-Marie Chassé. Une quarantaine d'entre eux ont été adoptés. Les coûts d'adoption servent notamment à défrayer les coûts du local, de la nourriture, de la stérilisation et des différents soins apportés aux animaux, explique Lucie Dubreuil, une citoyenne qui s'est jointe à la cause des Chatinérants.

«Les besoins sont tellement grands. On a des pelletées de messages de gens qui sont tannés de voir des chats errants, mais qui ne veulent pas les faire euthanasier», dit pour sa part Lucie Jodoin.

Le nombre de bénévoles n'est cependant pas proportionnel à l'ampleur de la tâche. Cette semaine, 16 chats étaient en attente d'une adoption au refuge, mais les soins apportés aux animaux et l'ouverture du local à la population reposent en bonne partie sur les épaules d'une seule bénévole.

Lucie Jodoin affirme que la formule des Chatinérants fonctionne. L'expérience des derniers mois l'a prouvé, dit-elle. Mais un coup de pouce est nécessaire. Une collaboration avec la SPA des Cantons, active à Granby, pourrait-elle être envisagée? Le directeur du service de police local, Marco Beauregard, responsable du contrôle animalier, écarte toutefois cette idée. «Ils n'ont pas les mêmes missions et les mêmes préoccupations», juge M. Beauregard.

Un projet inspiré des autres villes

Le projet pilote que la Ville de Granby souhaite mettre en place a été initié à la suite de discussions entre le maire Pascal Bonin et la vétérinaire Anne-Marie Chassé. Mais la Ville s'est basée sur ce qui se fait dans les autres villes pour dresser les grandes lignes de son projet, a précisé le directeur du service de police, Marco Beauregard, alors que le contrôle animalier est sous sa responsabilité.

Le but recherché, dit M. Beauregard, est de contrôler la quantité de chats errants à Granby. Un programme de capture, de stérilisation et de relâche a ainsi été élaboré. Et une offre de services a été acheminée aux cinq cliniques vétérinaires de Granby en toute «impartialité» et légalité. Trois d'entre elles, incluant la clinique vétérinaire Anne-Marie Chassé, y auraient répondu, à ce jour. 

Marco Beauregard affirme que le projet pilote, s'il est approuvé par les élus, permettra d'analyser la problématique des chats errants. «On va pouvoir s'adapter au fur et à mesure. C'est embryonnaire et précurseur ce qu'on veut faire. Il n'y a pas beaucoup de villes qui s'occupent de ça», dit-il. 

Les périodes où les captures sont permises ont été établies pour éviter que les animaux demeurent de longues heures dans les cages lors des périodes de grands froids et de canicule, précise en outre le directeur du service de police.

Si le programme de la Ville vise la stérilisation et le remise des chats errants en nature, rien n'empêche les Chatinérants de prendre sous son aile les chats dont les propriétaires ne peuvent plus s'occuper pour différentes raisons et poursuivre ses activités d'adoption, croit le directeur du service de police.

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