Projet immobilier controversé près de la rivière Sutton

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Le promoteur Louis Beauregard veut construire un triplex, deux multilogements, trois maisons unifamiliales et huit maisons jumelées sur un terrain de 2 hectares près de la rivière Sutton.

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Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Sutton) La construction envisagée de 14 maisons et d'édifices à logements près de la rivière Sutton suscite l'opposition de plusieurs citoyens de la municipalité. Une partie du terrain ciblé, disent-ils, est en zone inondable et des milieux humides s'y trouvent. Le conseil appuie le projet et s'apprête à accorder deux dérogations mineures pour qu'il se réalise.

L'homme d'affaires Louis Beauregard veut utiliser un terrain de deux hectares enclavé entre une rangée de maisons le long de la route 139 au sud du village et la rivière Sutton. Son projet immobilier inclut un triplex, deux multilogements, trois maisons unifamiliales et huit maisons jumelées.

«La nécessité à Sutton, ce sont des habitations abordables. Nous n'en avons pas», affirme le promoteur.

M. Beauregard propose d'aménager une rue avec accès à la route 139 pour desservir les terrains. Il demande à la Ville une dérogation mineure pour qu'elle ait une largeur minimale de 9 mètres au lieu des 15 mètres exigés dans la réglementation municipale. La largeur carrossable sera la même que sur une rue normale, soutient-il. Il veut également obtenir une dérogation mineure pour que la profondeur moyenne minimale de cinq lots soit inférieure aux 45 mètres normalement exigés. Une nouvelle réglementation de la MRC Brome-Missisquoi sur la gestion des eaux de ruissellement oblige maintenant les promoteurs à garder une distance minimale entre leur terrain et un cours d'eau.

La proximité de la rivière Sutton n'inquiète pas M. Beauregard. Un rapport de la firme Tetratech conclut que le terrain n'est pas en zone inondable. «Ce n'est même pas inondable sur une période de 100 ans», soutient-il. Et aucune trace de milieu humide n'a été recensée, assure-t-il. Il en veut pour preuve la présence de renouées japonaises, une plante envahissante. «Cette plante ne peut pas survivre dans un milieu humide», dit-il.

En août 2011, les fortes averses provoquées par... (Janick Marois, La Voix de l'Est) - image 2.0

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En août 2011, les fortes averses provoquées par la tempête tropicale Irene ont fait sortir la rivière Sutton de son lit, se rappelle Diane Dyer. «C'était terrible. L'eau a monté tellement rapidement, partout. C'est la pire inondation que j'ai vue.»

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Quatre inondations

Il ne fait aucun doute pour Diane Dyer qu'une grande partie des terrains qui bordent la rivière Sutton au sud du village se trouve en zone inondable. La résidante de la rue Principale dit avoir vu la rivière Sutton sortir de son lit à quatre reprises lors des 25 dernières années. En 2011, l'eau s'est rendue à quelques mètres de sa maison ancestrale en août lors du passage de la tempête tropicale Irene. «C'était terrible. L'eau a monté tellement rapidement, partout. C'est la pire inondation que j'ai vue», raconte-t-elle en montrant l'endroit où le flot s'est arrêté à l'orée de son jardin.

Mme Dyer, une citoyenne très critique du conseil en place, s'explique mal que la municipalité accepte un tel projet. Elle craint que la municipalité ne doive assumer une part de responsabilité en cas d'inondation. «En disant oui à ce développement, la Ville devra-t-elle dédommager les propriétaires de ces maisons si elles sont inondées?», demande-t-elle.

C'est également la crainte exprimée par Louise Gratton. La botaniste pense que la municipalité devrait demander une contre-expertise pour déterminer où se trouve la zone inondable. La Ville pourrait être en partie responsable de dédommager des gens en cas d'inondation, dit-elle. «La Ville va se mettre délibérément dans le trouble. Et le ministère de la Sécurité publique ne l'aidera pas parce qu'elle savait que cette zone était inondable», prédit-elle.

Mme Gratton conteste par ailleurs l'analyse de Tetratech à l'effet qu'il n'y a aucun milieu humide dans ce secteur de la rivière. Elle prévoyait parcourir les lieux vendredi après-midi avec le directeur de l'urbanisme de la Ville, Réal Girard, pour le convaincre du contraire.

Aucune donnée

La MRC ne pourra trancher la question de la zone inondable. L'organisme paramunicipal ne possède aucune donnée pour ce segment de la rivière, explique Francis Dorion, directeur de l'aménagement du territoire. L'étude de Tetratech sera analysée par la MRC dès que la Ville déposera une demande pour obtenir un certificat de conformité pour le projet immobilier, a-t-il ajouté.

Les cartes de Canards illimités, dont se servent entre autres choses les MRC et les municipalités pour identifier des milieux humides, identifient des milieux humides dans ce secteur, souligne M. Dorion. La question n'est pas anodine, reconnaît-il puisque la bande de protection exigée pourrait être de 15 mètres au lieu de dix. «S'il y a des milieux humides, la Ville doit appliquer la règle du 15 mètres», dit-il.

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